‹ Où en est l'histoire des religions?Chapitre 61 sur 306 · XI. LA RELIGION D'iSRAEL · texte numérisé non relu

XI. LA RELIGION D'iSRAEL

surtout remarquer par la facilité avec laquelle ils adoptaient les usages étrangers (1) ; d'autre part, ne reconnaissant que la Loi, ils rejetaient les traditions (2); ils se montraient pareillement hostiles à la croyance aux esprits (Act.. xxm, 8) et à la doctrine de la résurrection (3). C'étaient vraiment les pharisiens qui travaillaient pour l'avenir du judaïsme.

129. Toutefois ni le judaïsme ni le pharisaïsme ne sont tout entiers dans le zèle et le scrupule de la Loi. Il ne faut pas oublier en effet que le Psautier fut le livre de prière du second Temple. Gela ne veut pas dire que beaucoup des cantiques qu'il renferme n'ont jamais retenti dans l'ancien édifice salomonien (4). Parmi les

probable, en tout cas, que celle de saint Jérôme, InMatth., ni, 23 [P. L., t. xxvi, col. 163), d'après laquelle le nom viendrait de. saddiq, juste.

(1) Témoin la conduite des grands-prêtres Jason(II Mach., iv, 8-22), Ménélas (II Mach., iv, 23-v, 10), Alcime (II Mach., xiv, 3-14).

(2) Josèphe, Antiq., lib. XIII, cap. x, 6; lib. XVIII, cap. i, 4.

(3) Josèphe, Antiq., lib. XVIII, cap. i,4; Guerres, lib. II, cap. vin, 14. Sur les Sadducéens, cf. Schùrer, Geschichte..., t. n, § 26, il

(4) Voici les principales conclusions du décret que la Commission biblique a formulé, le 1er mai 1910, relativement aux auteurs et au temps de la composition des Psaumes: On n'est pas obligé d'admettre que l'unique auteur de tout le Psautier soit David. — Les titres, à raison de l'accord du texte massorétique avec le grec alexandrin et les anciennes versions, sont plus anciens que la traduction des Septante; ils attestent au moins une antique tradition juive, s'ils ne proviennent pas directement des auteurs des Psaumes. — On ne doit pas les révoquer en doute, quand il n'y a aucune objection grave contre leur génuinité. — ■ Les témoignages scripturaires et traditionnels sont tels qu'on ne peut manquer prudemment de reconnaître David comme le principal auteur du Psautier, ni affirmer, au contraire, qu'un petit nombre de poèmes seulement lui doivent être attribués. — On ne peut nier, en particulier, l'origine davidique des psaumes qui, soit dans l'Ancien Testament, soit dans le Nouveau, sont expressément cités sous le nom de David (notamment les Ps. n, xv, xvii, xxxi, lxviii, cix). — On peut admettre la séparation en plusieurs fractions d'un psaume primitivement unique, l'union de psaumes primitivement distincts, certaines modifications faites au texte primitif en vue de l'adaptation liturgique, pourvu que l'on retiennp l'inspiration de tout le texte sacré. — On

titres qui attribuent des psaumes à David, il en est qui ne sont pas dignes de foi. Mais il ne faut pas oublier les données les plus sûres de l'histoire et il faut recueillir les conclusions qui en découlent : David était poète (cf. II Sam., i, 19-27 ; xxn; xxm, 1-7) et musicien ( I Sam., xvi, 16-18); fervent yahwiste, il a été le premier organisateur du culte public rendu au Dieu d'Israël (II Sam., vi). Or on ne concevait pas, à cette date, une liturgie dépourvue de chants, et le psaume était, depuis longtemps déjà en Assyrie, la forme normale des hymnes composés pour les temples. On ne saurait donc rejeter la vraisemblance de la tradition qui attribue à David une part importante du psautier. Dans les temps qui suivirent son époque et jusqu'à l'exil, beaucoup d'unités nouvelles s'ajoutèrent au recueil ; parmi ces psaumes, que nous n'osons pas désigner individuellement (1), les uns exprimèrent les sentiments de joie et d'espérance que fit naître au cœur des fidèles la protection dont le culte de Yahweh était favorisé aux temps d'un Ézéchias ou d'un Josias ; d'autres traduisirent l'angoisse, la foi persévérante et la résignation des justes persécutés par un Manassé. Le temps de l'exil et la période qui le suivit, l'époque machabéenne ellemême, contribuèrent encore à enrichir le livre de la prière antique.

La destination primitive de ces hymnes fut diverse. On reconnaît aisément que certains psaumes ont été composés en vue de l'usage liturgique : leurs refrains (Ps. xxiv, 7-10; xlii, xliii, cvn, 1-32 ; cxv, cxxxv, cxxxvi), la correspondance de leurs parties avec les divers mouvements d'une procession (Ps. cxviii) le disent assez. Mais il en est d'autres qui ont d'abord exprimé les senti-

1)2 peut soutenir avec probabilité qu'il y ait beaucoup de psaumes postérieurs aux temps d'Esdras ou de Néhémie, ou même contemporains des Machabées. — Il faut admettre l'existence de plusieurs osaumes prophétiques et messianiques, annonçant la venue, le règne, le sacerdoce, la passion et la résurrection du Libérateur à venir.

(1) Les Psaumes sont des compositions trop brèves pour que l'on puisse, avec assez de certitude, attribuer un auteur ou même une date fixe à la plupart d'entre eux.

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