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XII. LES ORIGINES CHRÉTIENNES

ne suffirait pas, pour qui se place au seul point de vue de l'histoire, à leur assurer une valeur documentaire absolue: avant de les utiliser, l'historien catholique doit donc, lui aussi, examiner les garanties de valeur humaine qu'offre leur témoignage.

12. La partie du Nouveau Testament qui nous renseigne sur les croyances, le culte et l'organisation des premières communautés chrétiennes comprend les Actes des Apôtres, les quatorze épîtres attribuées à saint Paul, les épîtres catholiques (deux attribuées à saint Pierre, une à saint Jacques, une à saint Jude, trois à saint Jean) et l'Apocalypse. L'authenticité de plusieurs de ces écrits a été et est encore contestée par beaucoup de critiques. Il n'est pas toujours nécessaire d'ailleurs de l'avoir établie pour pouvoir utiliser les données contenues dans ces livres. Que l'Apocalypse soit ou non du même auteur que le quatrième évangile, que cet auteur soit ou non l'apôtre saint Jean, cela certes n'est pas indifférent : cependant, puisqu'il est reconnu que ce livre a été écrit avant la fin du Ier siècle, on est fondé à y chercher des renseignements sur l'état d'esprit des chrétiens de cette époque. On en peut dire autant des épîtres catholiques. L'authenticité des épîtres attribuées à saint Paul a des conséquences plus importantes, car, si elles émanent vraiment de l'apôtre, elles sont les monuments les plus anciens de la littérature chrétienne. Heureusement la plupart de ces épîtres, et précisément les plus considérables, présentent un tel caractère que leur authenticité est incontestable, et, pour ainsi dire, incontestée, car il n'y a pas lieu de tenir compte des fantaisies ultraradicales d'un petit nombre de critiques sans autorité. Depuis Baur qui ne reconnaissait comme pauliniennes que les quatre grandes épîtres (aux Romains, aux Galates, deux aux Corinthiens), les critiques sont même devenus plus favorables à cette partie du Nouveau Testament. Aujourd'hui ils tiennent pour très probable l'authenticité de la première épître aux Thessaloniciens, des épîtres aux Colossiens, aux Philippiens et à Philémon. Quant à l'épître aux Ëphésiens et à la deuxième épître aux Thessaloniciens, ceux qui en contestent l'authenticité reconnaissent pourtant qu'on ne peut alléguer contre elles de raisons décisives.

Restent d'une part les épîtres pastorales (une à Tite, deux à Timothée) dont les critiques libéraux placent généralement la rédaction au début du 11e siècle, encore que plusieurs croient y retrouver au moins quelques fragments authentiques de saint Paul, et d'autre part l'épître aux Hébreux, dont l'attribution traditionnelle est beaucoup moins ferme, et dans laquelle on tend de plus en plus à voir l'œuvre d'un disciple de l'Apôtre, tout imprégné d'ailleurs de son enseignement.

Suivant la chronologie la plus universellement adoptée, les épîtres aux Thessaloniciens sont les plus anciennes (51-52). Les grandes épîtres ont été écrites entre 55 et 59. Puis viennent les épîtres de la captivité (Golossiens, Éphésiens, Philippiens, Philémon) qui datent des années 62-63. Enfin les Pastorales, si on les tient pour authentiques, doivent avoir été écrites tout à fait à la fin de la vie de saint Paul, vers 66. Par l'époque de leur composition comme par la richesse de leur contenu, les épîtres pauliniennes constituent donc pour l'étude du christianisme primitif des documents de premier ordre. On ne doit pas s'attendre cependant à y rencontrer des allusions à tous les événements marquants de la période apostolique, non plus qu'un exposé complet et systématique de la doctrine de saint Paul. Ce ne sont point en effet,, à l'exception de l'épitre aux Hébreux qui est un peu à part, des traités dogmatiques sous forme d'épîtres. Ce sont en somme - - même l'épître aux Romains, quoiqu'elle soit presque tout entière consacrée au développement d'une thèse doctrinale — de véritables lettres, adressées à des groupes chrétiens déterminés, inspirées par les circonstances, et où l'apôtre insiste de préférence sur certains aspects de son enseignement spécialement adaptés aux besoins des Églises auxquelles il écrivait. Elles nous renseignent donc sur ce qu'il y avait de plus personnel dans la doctrine et clans la méthode d'évangélisation de saint Paul, plutôt que sur les données fondamentales qui constituaient le fonds commun de la prédication chrétienne primitive.

13. La tradition ecclésiastique attribue les Actes des Apôtres, ainsi que le troisième évangile, au médecin Luc, .disciple et compagnon de saint Paul. La critique contempo-

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