INTRODUCTION
Les problèmes relatifs à la thérapeutique antinéoplasique ont bien souvent étérelégués au second plan de lamédecine et les tentatives faites par de nombreux chercheurs, considérées comme de vaines utopies. Pourtant la question du traitement médical du cancer a suscité bien des efforts dont les résultats ont été jusqu'ici très inégaux, et l’on peut dire que chaque thérapeutique proposée a soulevé de nombreuses objections ; les critiques étaient fondées puisqu’aucune méthode n’a pu encore résoudre ce problème difficile, mais il en est résulté une méfiance systématique vis-à-vis de toute nouvelle médication anticancéreuse, et ce scepticisme est parfois poussé à un tel point qu’il tend à faire sombrer dans le ridicule toute nouvelle tentative.
Cependant il semble que la thérapeutique devrait au contraire tenir une place prédominante, si l’on admet que la science médicale doive s’efforcer de soulager les malades. A cet égard, il est certain que, par rapport à la syphilis et à la tuberculose, à côté des médications chimiothérapiques anti-infectieuses modernes, la cancérologie a un retard considérable.
L'’avènement des rayons X et du radium, l’emploi devenu courant maintenant de la neige carbonique et d’autres agents physiques, ont certainement été pour une grande part dans l’infériorité actuelle où se trouve le traitement médical du cancer, car tous ces moyens ont, par leur apparition, transformé du tout au tout le pronostic d'un certain nombre de tumeurs malignes ; mais aucune de ces méthodes ne peut prétendre avoir une action spécifique sur l’évolution cancéreuse ni constituer un traitement tel que l'apparition d’un cancer chez un malade puisse être considérée comme une affection bénigne, le néo— plasme conservant néanmoins sa renommée d’incurabilité.
Or, après la découverte d'agents cancérigènes multiples, qui ont eu pour point de départ le benzopyrène extrait du goudron