‹ Où est la disgrace? [microforme]Chapitre 12 sur 36 · EUGÈNE LÉPINE · texte numérisé non relu

EUGÈNE LÉPINE

Passons à un autre fait qui a du frapper l'esprit du lecteur. Blais, dans son témoignage, affirme nonseulement que jamais je ne lui ai donné l'explication de ces mystérieuses paroles que nous nous serions échangées, que jamais je ne suis revenu sur ces paroles dites lors de notre première rencontre, mais il aïoute, et ceci est très-significatif : «Après l'élection j'ai requis les services du défendeur comme député!»

Ce n’est donc pas en vertu d'une prétendue promesse que le témoin s'adresse à moi, non; il n'est pas mème question de cette promesse qui n'a d’ailleurs jamais existée. Ce que veut Blais c'est une siluation sous le gouvernement ; valet servile de tous les pouvoirs il rampe volontiers devant ceux qui peuvent en obtenir quelque faveur; il quémande, il mendie, il s'adresse à celui qu’il déteste Le plus au monde, parceque celui là est aujourd’hui couronné par le suffrage populaire. Loin d'invoquer comme circonstance atté nuante, ne fut-ce que pour diminuer quelque peu la bassesse d’une démarche, faite après tout parceque la cupidité du témoin Blais est plus grande que sa haine, loin d’invoquer, dis-je, l'accomplissement d'une promesse, Blais ne vient chez moi, il le déclare lui-même, que parceque je snis devenu le représentant du comté de Montmagny.

«J'ai requis les services du défendeur, dit-il, comme député, pour obtenir un emploi du gouvernement el il m'a promis ses services ? »

Voilà toute l’histoire.

Ce piètre personnage, après avoir travaillé contre moi, pendant toute la durée de lélection, me voyant enfin l’élu du peuple, vient me trouver pour obtenir un emploi du gouvernement. Qu'ai-je fait alors ? j'ai ouhlié mes animosités persocnetles ; je

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