ARE. | VI
voulais être utile à mon comté et à tous ceux dont j'étais le représentent, Par un hasard singulier, le premier qui vient me demander mes services est mon ennemi personnel ; ilest là devant moi, et, au moment méme où il requiert mes services, 1l pense sans doute à tout le mal qu'il
a tenté de me faire, il pense à cette |
lettre mensongère qu'il à écrite dans le but d'assouvir sa soif de vengeance en brisant mon avenir politique.
Je lui dis que des imformations que avais lieu de supposer bien fondées, nr'autorisaient à croire qu'on le citerit comme témoin contre moi, dans la coutestation de mon élection,
qu'on prétendait même qu'il existait |
une lettre que M. Langelier avait en sit possession, Blais nia et m'assura que rien de’ tel n'existait qu'il ne comprenait même pas comment on pouvait le prendre pour témoin.
Mais qu'importe ces détails? N’ai je pas agi honorablement et m'ai-je
point prouvé que je savais mettre ce |
que je considérais les devoirs de l'homme public au-dessus et bien au-dessus des rancunes du particulier ? Blais lui-même ne peut s'empêcher de me rendre ce témoignage.
«J'ai requis les services du: défendeur, dit-il, comme député, pour obtenir un emploi du gouvernement et il nv a promis ses services. »
Blais aurait-il parlé ainsi s’il eut existé une promesse antérieure ?
Certainement non. Ilaurait eu alors soin de me la rappeler, sous une forme ou sous une autre ; son sileuce en cette occasion et la manière dont il a rendu témoignage de cette entrevue après l'élection, prouvent, au-delà de tout doute, que c’est alors seulement qu'il a été question, et pour la première fois, entre nous, de cette situation qu'il désirait tant avoir et qu'il n'aura probablement jamais.
En resumé, donc, ie témoignage de Blais est contradictoire, inadmissible comme preuve. C'est d’ailleurs le témoignage d’un ennemi personnel; il donne du fait principal deux versions différentes, présente dans les faits secondaires une foule de contradictions très visibles pour ceux
qui n'ont pas sur les yeux un: cer-
ain bandeau qui n'est pas celui de la justice. Ge témoignage n’est point du tout corroboré et, comme le faisait si bien remarquer Son Honneur le Juge Routhier, ne peut, eu aucune maniere produire dans l'esprit la moindre certitude.
Le fait d'avoir accepté la lettre de Blais est après tout qu'une ah surdité légale. qu'on ne peut expliquer qu'en supposant chez cerlains hommes un grand désir de me [ra pper quand mème. Le stylet du lâche tue tout aussi bien que la bonne et loyale épée du soldat,