MONSIEUR
«Je vous écrit un mot & la hüte, «vous informant que, en remontant «de Berthier, chez moi, le diman-
«che où vous avez adressé la parole
«à Berthier, je suis arrêté à St. Fran- “ çois, chez un ami, et M. Landrys y «est trouvé; là il me pria de vouloir « le supporter dans son élection, je « lui ai répondu que sa politique ne me «plaisait pas et qu'a part cela, il n'a- « vait fait beaucoup de tort personnel- «lement, d'abord, lors des premiers «enrôlements volontaires, ayant for- «mé une compagnie, elle ne fut pas «acceptée, quoique étant qualifié «comme il l'était lui même pour « commander une compagnie ; ensui- « te l'engagement de notre Sécretaire «Trésorier. W. Guay, un des agents «à Landry à qui la perte de l’élec- «tion est due. Ge même Guay qui «cessayait à cabaler pour Landry le «jour du poll. A Landry me dit:
«C'est vrai, je peux vous avoir fait « quelques torts, je peux el veux les ré- «parer si vous n'en donnez l’occasion.
« Vous ne n'avez jamais rien de- « mandé, si vous voulez étre pour moi «je m'engage à vous faire obtenir une « situation sous le gouvernement, telle «que vous pouvez la désirez, et je ne «vous tromperai pas. Si ces quel- «ques remarques peuvent servir «dans la contestation, je serai bien «aise, j'avais eu l'occasion d’en dire un mot à l’Hon. M. Taschereau, lors «qu'il est venu à St. Pierre. Si vous
CREER st
«avez un instant, vous voudrez bien «m'écrire un mot.
« Je demeure votre très humble «serviteur et ami.
(JEAN CHARLES BLais,
« Question. La lettre en question «ayant été écrite par vous, immédia- “tement à la suite de l'élection en « cette cause et des conversations que «vous avez eues avec le défendeur, «contient-elle un récit fidèle de ce «qui s’est passé entre vous et lui, et «rapporte-t-elle les paroles mêmes « dont s’est servi le défendeur ? (Ob- «jectée et objection réservée.)
« Réponse. Oui, certainement, s’il «y a variante entre ma présente dé: «position et les mots de ma lettre, Qiln'y en a pas dans mon impres- «sion, la lettre et la déposition sont «la même chose pour moi; si je ne «me suis pas servi des mêmes ex- «pressions, je voulais dire la même « chose. »
Avant d'examiner cette seconde partie du témoignage de Maitre Jean et de la comparer avec la première disons qu'il en est ane troisième, celle des transquestions.
En voici les passages les plus saillants :
«C'est quelques jours avant la ses- «sion que j'ai vu le défendeur chez «lui, où j'étais allé pour quelqu'au- Ctre affaire, et je lui ai demandé alors «s'il voulait travailler pour moi.
«J'ai vu là M. Gabriel Cloutier, de «St. Pierre, qui est resté quelque «temps et est parti ensuite... M Lan- «dry savait probablement que j'avais «voté contre lui, mais je ne lui ai ja- «mais dit pour qui j'avais voté ;je ne «peur pas dire si M. Landry croyait que « j'élais contre lui. Quand j'ai deman- «dé à M. Landry son appti pour avoir une place, je ne me rappelle pas si «je lui ai dit que je lui demandais « cela parce qu’il avait déclaré qu'il «était Le député pour tout le Comté.
« Avant que j'eusse été chez M. Landry, «il avait déclaré à la porte de l’é- «glise qu'il était l2 député pour tout «lu comté et voulait oublier toutes «les animosités, et qu’il voulait ren- «dre service également à tout le
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«monde etil ajouta que si gues «qu'un avait quelques demandes à « faire il pouvait les lui faire sans «distinction de parti. C'était sur le « perron de l'église SL Pierre, un di.
« manche précédent, que le défendeur « avait fait cette déclaration.
«Je croisavoir vu M. Landry deux « fois pour lui demander son appui «après l'élection. Je ne puis pas dire «si dans ces deux occasions il n’a pas «été fait allusion, entre M. Landry «et moi, à la déclaration qu'il avait «ainsi faite à la porte de l'église. Je «ne puis pas dire du tout si nous en «avons parlé, je ne m'en rappelle «pas: Jepense bien lui avoir dit: M.
«Landry est maintenant le député « de tout le monde, on peut bien ve- «niv Lui demander son appui. C'était «bien dans l’ordre des choses possi- «bles, mais je ne n’en rappelle pas.
« J'ai raconté dans mon examen en «chef la conversation que j'avais ei «avec le défendeur à la porte de la «maison de M, Bonenfant. CERTAINE- « MENT que la conversation TELLE QUE &JE L’AI RAPPORTÉE e6s{ celle que j'ai «eue avec le défendeur. Ge sont ses «propres paroles ou quelque autre « chose de semblable, IL peut m’a- «voir promis autre chose, mais si ce «ne sont pas les mêmes paroles ça «voulait toujours dire la méme chose uque ce que jai rapporté DANS MON (EXAMEN EN CHEF. Je ne pense pas « avoir parlé à personne de cette con- «versation à part de ce qu'il y a sur «la lettre. J'y ai pensé plusieurs fois, «je suis à méme de pouvoir le rappor- «ter comme à faut. Je n'ai pas tra- «vaillé dans la dernière élection. Jde «n’en suis occupé bien peu, mais ce «que j'ai fait, je l’ai fait ouverte- «ment et publiquement et j'ai tra- «vaillé ainsi dans l'intérêt de M.
« Langelier. Je parle là de la dernière «élection. Je m'occupe toujours « d'élection, d’une élection à «Pautre. Je n'ai jamais parlé «à M. Taschereau, avant d'avoir «écrit ma lettre, de la conversa- « tion que j'avais eue avec le défen- « deur, mais depuis il m'a montré la « lettre que j'avais écrite. C'est lui «qui Pavait en sa possession et qui
«me l’a montrée. dJ'ai écrit cette « lettre chez moi.»
L'importance du sujet fera volontiers pardonner la longueur de cette citation.
Entrons maintenant dans le mérite du témoignage de Maitre Jean.
2e témoignage se divise en trois parties bien distinctes.
10. L'/Examen en chef du témoin, parte que l’on peut à juste titre appeler la déposition de Jean Charles Blais :