CHAPITRE XIV
Le lendemain, l'aube éclaira Thomas Yernède assis devant son bureau, dans ce cabinet où s'étaient écoulés les trois quarts de sa vie.
11 y avait passé la nuit entière à écrire
De longues feuilles couvertes de chiffres et plusieurs lettres qu'il venait de cacheter attestaient que ses heures avaient été laborieusement remplies.
Après avoir dit adieu à Thérèse la veille dans l'aprèsmidi, il n'avait pas eu le courage de la revoir et, prétex« tant une entrevue indispensable avec un de 3es correspondants, il était sorti après la fermeture de ses bureaux.
11 avait erré dans Paris jusqu'à une heure très-avancée de la soirée et, en rentrant, il s'était dit que'sa fille devait être couchée, puisqu'il ne voyait plus de lumière à la fenêtre de sa chambre.
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Alors il s'était enfermé pour lui écrire, pour écrire à Mâchefer, à Lucien Bellefond, à tous ceux qu'il aimait.
C'est que la résolution de Thomas Vernède était prise.
Il voulait mourir.
La vie, qui lui semblait encore possible quand il ne s'agissait que de subir la misère, il ne se sentait plus la force de la supporter, maintenant qu'à la misère s'ajoutait le déshonneur.
Son âme répugnait aux lâches compromis. Il ne concevait pas qu'on pùts'accommoderd'unehonorabilitéeffleurée même par un simple soupçon, ni qu'on "se résignât à une humiliation.
Et, nourri des principes philosophiques du siècle qui venait de finir, le banquier, ruiné et déconsidé;é à ses propres yeux, n'imaginait contre des catastrophes imminentes d'autre refuge que le suicide.
Privé delà foi qui console et qui sauve, il raisonnait comme un Romain du temps des Césars.
11 ne se disait pas que la mort volontaire expie peutêtre les fautes, mais qu'elle ne les répare point, et qu'il y a plus de courage à vivre pour se réhabiliter par la souffrance qu'a se tuer pour se soustraire à une douleur ou aune honte.
L'idée de laisser Thérèse seule et sans appui l'avait fait hésiter d'abord ; mais il croyait fermement avoir assuré son avenir en léguant à son ami Mâchefer le soin, de la protéger et en rappelant à Lucien que la malheureuse enfant n'avait plus d'autre espoir que celui d'unir son sort à celui du lieutenant ptuvre et proscrit.
OU EST ZÈNOBIE ? 3Î3
Il voulait mourir avant que le marquis de Baffey se présentât pouf réclamer le dépôt qu'il lui avait conlïé.
La caisse s'ouvrait à neuf heures. Thomas Vernède s'était accordé jusqu'à huit heures et demie et la demie venait de sonner.
Il acheva d'écrire d'une main fermeles instructions qu'il laissait à son caissier, et il se leva pour prendre ses pistolets accrochés à la muraille au-dessus d'un sabre qu'il avait portépendant la Révolution, au temps où il fréquentait te club des Jacobins.
Les pistolets, il les avait remis là l'avant-veille, au retour de sa futaie expédition de Montmartre.
En les examinant, il s'aperçut quela poudre était mouillée et que la pluie avait rouillé les ressorts uu point que les batteries ne jouaient plus.
Il n'avait pas le loisir de les nettoyer, car le moment approchait où l'impitoyable créancier pouvait venir.
Ses yeux tombèrent sur un tiroir où il avait placé les pistolets en levés à Virginie Lasbaysses dans la petite maison de la chaussée de Clignancourt.
Lucien Bellefond les avait vus dans ce tiroir, sans les reconnaître, le jour où il était venu demander la main de- Thérèse et où le banquier lui avait appris qu'il était ruiné.
ils y étaient encore.
— Ceux-là sont en bon état, dit amèrement Vernède en les examinant. J'ai tué celle qui les portait; ils vont me tuer. Dieu est juste.
lien prit un, s'assura avec la baguette .^u'il était charge.
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jeta l'amorce et remplit le bassinet avec de la poudie sèche.
Il tenait à ne pas se manquer.
Pourtant, avant d'en finir avec la vie, il voulut donner une dernière pensée à sa fille chérie, et il posa son arme sur le bureau.
Quelques minutes s'écoulèrent ainsi. Il pleurait, lui, l'homme inflexible, le stoïque chef des Frères du Plâtre.
Hais bientôt il essuya les larmes qui roulaient sur son visage contracté et il se releva en disant:
— Il est temps.
Et il ajouta en armant le pistolet :
— H va venir ce marquis... il me semble que je vois sa figure hautaine... que j'entends les phrases insolemment polies queses lèvresdédaigneuseslaisEeronttomber quand il me présentera ce reçu qui me tue.
Il ne trouvera que mon cadavre, murmura Thomas Yernède en appliquant le canon du pistolet contre sa tempe.
Et il pressa la détente.
L'amcrce prit feu, mais le coup ne partit pas.
— 11 était écrit qu'aucune angoisse ne me serait épargnée, dit froidement Thomas Yernède en abaissant son arme.
Si brave et si impassible que soit un homme, il ne voit pas la mort de si près sans éprouver quelque émotion.
Le père de Thérèse pâlit et mit la main sur sa poitrine pour comprimer les battements de son cœur.
— Lui ai-je donc épargné les horreurs du plus abominable des supplices, a cette courageuse enfant qui bravait
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la mort pour apporter une fortune à Lucien ? murmurat-il.
Et il saisît l'autre pistolet, mais il s'aperçut qu'il était ■vide.
II se mit en devoir dele charger, et, après y avoir versé et bourré la poudre, il voulut y introduire une balle.
Celles qu'il avait préparées étaient trop grosses pour le canon.
Il semblait que tout conspirât pour l'empêcher de mourir.
Plus d'un, à sa place, aurait vu un avertissement du ciel dans cette espèce de révolte des Objets matériels contre sa volonté.
Mais Thomas Vernède était de bronze.
Trois pistolets sur quatre qu'il avait à sa portée étaient hors d'état de servir à son Irrévocable dessein.
II prit le quatrième, celui qui venait de rater, et il se mit a l'examiner en disant avec amertume.
— Au pis aller, il me restera toujours mon sabre pour me tuer.
Il vériGa d'abord le bassinet. La poudre avait brûlé et il vit avec surprise que la lumière n'était pas bouchée, comme il le croyait.
Il pensa alors que la charge avait été atteinte par l'humidité.
Il ne lui restait d'autre ressource que de débourrer l'arme pour y remettre ensuite de la poudre sèche, puis la balle que devait contenir le canon et qui devait être du calibre voulu, puisqu'elle y était entrée.
Il prit un tire-bourre et procéda à l'opération, il 19
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3ïG OCJ EST ZÉNOBIE ?
Les dents d'acier de l'instrument mordirent sur un papier dont l'épaisseur leur opposa quelque résistance.
Vernède se disait que la pauvre Virginie n'entendait rien aux armes à feu et il se demandait avec quoi elle avait bien pu charger celle qu'il tenait, lorsqu'à sa profonde stupéfaction il s'aperçut qu'au lieu d'une bourre les crochets de son outil amenaient un parchemin roulé.
Un indicible saisissement s'empara de lui.
Il jeta le pistolet sur son bureau et il essaya de dérouler ce parchemin, mais ses mains tremblaient si fort, qu'il ne put y parvenir.
Qu'était-ce donc que ce papier si singulièrement caché par la nièce de Zénobie Capitaine ?
Il ne le savait pas, et pourtant une lueur d'espérance commençait à poindre dans son esprit comme le l'anal lointain d'un navire apparaît au malheureux perd u dans l'immensité de l'Océan.
Enfin, il put déplier le rouleau, et il vit que le parchemin enveloppait un papier jauni par le temps.
Il ouvrit ce papier, et un cri s'échappa de sa poitrine :
— Le testament du colonel 1
Alors, il lut lentement ceslignes tracées par le glorieux vaincu de la Bérésina :
« A l'hôpital militaire de Smolensk,
ce S décembre 1812.
« Blessé mortellement et prêt à paraître devant Dieu,
mais sain d'esprit et dans la plénitude de ma libre
volonté, j'institue, mon légataire universel, mou neveu
par alliance, Lucien Bellefond, fils d'une sœur de ma femme, sous-Heutenant au 9° léger, division Mermel, armée de Portugal, à charge par lui de constituer une rente viagère de cinq mille francs au profit de la veuve Capitaine, cantiiiîère au 19 a régiment d'artillerie que je commande, en reconnaissance du dévouemcntqu'eile n'a cessé de me témoigner.
« Pierre Lacaussade,
— Dieu a fait un miracle, murmura Thomas Vernede.
Lucien était riche.
Sa fiancée, qui allait bientôt devenir sa femme, n'avait plus à redouter les horreurs de la misère.
Thomas Vernede pouvait mourir en paix.
Sou crime involontaire était a demi réparé, puisque les dernières volontés du colonel allaient être exécutées ; mais il voulait achever de l'expier, et il étendait la main pour saisir son sabre, la seule arme qui lui restât, quand il entendit frapper à la porte de son cabinet.
A ce bruit, qui annonçait un visiteur, Thomas Vernede tressaillit comme un homme réveillé en sursaut.
H regarda la pendule et il vit qu'il avait laissé panser le temps qui lui restait pour mourir.
Elle marquait neuf heures et quelques minutes.
Les bureaux venaient de s'ouvrir, et c'était peut-être le marquis de Baiïey qui frappait.
Il aurait pu ne pas lui ouvrir, continuer ses lugubres préparatifs et se tuer pendant que son ennemi cherchait à entrer.
Mais il se pouvait aussi que cefût son caissier, ou même Thérèse ; il lui répugnait de penser que la pauvre enfant se heurterait au cadavre sanglant de son père, et il voulut lui épargner cet affreux spectacle.
11 se décida donc à retarder un peu le moment fatal, et il tira vivement le verrou en criant :
— Entrez !
La porte tourna sur ses gonds, et il vit un homme qu'il hésita un instant à reconnaître, tant la souffrance avait altéré ses traits.
Défiguré par sa blessure, pâli par la maladie qui s'en était suivie, mais droit et fier comme toujours, Henri de BafTey se découvrit courtoisement devant le banquier et franchit le seuil d'un pas ferme.
— Vous Yoilà, monsieur ! s'écria Vernède, blême décolère ; je vous attendais. Je savais bien que vous ne différeriez pas d'uno minute le triomphe que vous savourez d'avance depuis deux mois.
— Que voulez-vous dire, monsieur? demanda le marquis.
— Vous le savez bien. Nous gommes au 1 1 septembre. II est neuf heures, lia caisse devrait être ouverte. Vous venez me réclamer le dépôt que vous m'avez confié.
Eb bien ! soyez satisfait. Je ne suis pas en mesure de vous le rendre. J'ai détourné une partie de votre argent et il me faudra du temps pour compléter la somme, si tant est que je puisse jamais vous la payer.
Vous avez le droit de me dire que j'ai manqué à l'honneur. Usez-en. Ne me ménagez pas. Traitez-moi comme yos ancêtres traitaient les miens.
Et, voyant que M. de Baffey restait immobile et silencieux :
— Qu'attendezvous? reprit-il, exaspéré parce sangfroid, qu'attendez vous pour me jeter mon ignominie à la face? Voub n'avez pas à craindre que je voua demande réparation de vos insultes. Un créancier ne se bat pas avec son débiteur, et je vous dois trois cent mille francs. Un noble ne se bat qu'avec son égal, et non-seulement je ne suis pas noble, mais je ne suis plus même un honnête homme.
Le marquis tira de sa poche un élégant portefeuille, y prit le reçu du banquier, le déchira et jeta dédaigneusement sur le parquet les fragments de ce papier qui valait cent mille écus.
— Ah I je comprends, s'écria Thomas Vernède. C'est bon pour un roturier d'injurier un -ennemi. Il faut a un gentilhomme une vengeance plus raffinée. Vous pourriez me reprocher un abus de confiance, vous aimez mieux m'écraser de votre générosité méprisante.
Et, en môme temps que vous me flétrissez par cette humiliation, vous me proposez un marché, n'est-ce pas ? Ma fille contre ce reçu. En vérité, c'est trop d'honneur que vous me faites, et je devrais me jeter à vos p'eds pour vous remercier de vos bonlés.
— Monsieur, dit froidement le marquis, la douleur vous égare.
Si j'avais conçu l'odieux projet que vous me prêtez, je n'anéantirais pas le titre sur lequel j'aurais fondé l'espoir de le faire réussir.
— Et pourquoi non ? Ne savez vous pas que mes livres
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témoigneront contre moi si vous me réclamez, même sans titre écrit, la somme que je vous dois? Croyez-vous donc que je sois la dupe de votre prétendu désintéressement?
M. de Baffey tressaillit, mais il parvint à se contenir, et pas un mot ne sortit de ses lèvros contractées.
— Eli bien, reprit Vernèdo, qui ne se possédait plus, vous m'avez jeté le gant, je le ramasse.
Une partie de cet argent est encore dans ma caisse. Il va vous être rendu à l'instant même. Il vous a plu de détruire votre titre. Vous me signerez un reçu. Si vous vous y refusiez, je vous y contraindrais parles voies légales. Le reste vous sera remis d'ici à très-peu de temps, et le jour, qui ne lardera guère, où je ne vous devrai plus rien, ce jour-la, monsieur, vous ne me dénierez plus le droit de me couper la gorge avec vous, car j'espère que votre noblesse ne vous servira pas de prétexte pour reculer devant un duel avec un homme sorti du peuple.
— Ma noblesse ne recule que devant les actions basses, dit le marquis en relevant la tête.
— Ainsi, vous vous battrez avec moi ? C'est bien ; je vous remercie. Quelle que soit l'issue denotre rencontre, je n'aurai plus à supporter vos insultantes propositions. Lorsqu'on a croisé le fer avec un homme, on ne se permet plus de rechercher en mariage la fille de cet homme, ■et je...
— Rassurez- vous, monsieur, interrompit l'officier aux mousquetaires, je n'aspire plus à la main deM lle Vernède, depuis que je sais que M"* Vernède est fiancée à M. Bellefond, qui l'aime et qu'elle aime.
— Bel le fond ! s'écria le banquier; vous osez parler de Bellefond ! Eh bien, puisque vous avez prononcé le nom de l'homme que ma fille a choisi, sachez qu'il l'épousera, dussent les vils agents du gouvernement que vous servez le condamnera unedétention perpétuelle, dut ce mariage s'accomplir la veille du jour où il ira à l'échafaud, s'ils font assez infâmes pour l'y envoyer.
Le vaillant soldat à qui Thérèse a donné sa foi n'est pas noble, lui, mais pendant que vous viviez en Allemagne ou en Angleterre à la cour de votre roi, il se battait pour la France, et depuis qu'en récompense de ses glorieux services, tes Bourbons l'ont privé de son grade, il vous a sauvé la vie, monsieur. Vous auriez pu vous en souvenir.
— Je ne crois pas l'avoir oublié, dit M. de Baffey.
— Vraiment ! dit Thomas Vernède que le calme imperturbable du marquis irritait de plus en plus.
Vous ignorez sans doute qu'nprès vous avoir ramassé sur le pavé où vous seriez mort sans secours, M. Bellefond a été Buivi par un espion et arrêté sous l'absurde prétexte qu'il s'est battu avec un officier prussien...'
— Je sais cela, monsieur.
— Vous le savez I J'aurais dû m'en douter. Vous le savez, et vous vous dites que votre ministre de la police vous a très- heureusement débarrassé d'un adversaire et d'un rival.
Un autre, un roturier comme moi, par exemple, serait allé solliciter la mise en liberté de son ennemi, ne fût-ce que pour ne pas être en reste avec lui.
Vous, vous avez calculé que l'incarcération de celui
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qui était déjà m«n associé et qui allait bientôt être mon gendre, me laissait sans ressources et laissait ma fille sans protecteur.
Un éclair brilla dans les yeux de l'officier des mousquetaires, mais il ne bougea pas.
— Vous tous êtes trompé, monsieur, reprit le banquier; je suis là pour la défendre, et H. Bellefond, mon associé, est dès à présent en mesure de tenir l'engagement que notre maison a eu le malheur de contracter, car it est riche, aussi riche que vous, monsieur le marquis de Baffey.
— J'en suis fort aise, monsieur, dit le gentilhomme avec hauteur.
— Et ne comptez pas que l'injuste emprisonnement qu'il subit l'empêchera de me venir en aide et d'épouser ma fille.
Les émigrés qui nous gouvernent n'ont pas, que je sache, le pouvoir de priver un citoyen français do droit d'hériter, et voici le testament d'un brave colonel mort en combattant les Russes, vos alliés, le testament où il institue Lucien Bellefond, son neveu par alliance, légataire universel d'une fortune de plus de deux millions.
Elle est à lui, cette fortune, et il sera bientôt à même d'entrer en possession de son héritage, car, si acharnés que soient ses ennemis politiques, ils ne le retiendront pas toujours en prison pour un duel...
— Surtout quand ce duel a été loyal, comme l'ont attesté les deux officiers anglais qui ont servi de témoins à l'adversaire de M. Bellefond.
— Ah ! tous en convenez donc ! vous ne niez pas qu'il sera libre un jour et que ce jour-là...
— Libre, il l'est déjà.
— Que voulez-vous dire ? qu'en savez-vous?
— Je veux dire que j'ai supplié le roi de faire justice à un officier accusé d'un crime imaginaire, que le roi s'est fait rendre compte par son ministre de l'affaire du lieutenant JJellefond, et que l'ordre d'élargissement a été signé hier.
— C'est impossible ! s'écria le banquier, Lucien serait déjà ici.
— Je crois qu'il ne tardera guère, dit en souriant le marquis.
En même temps il prétait l'oreille au bruit d'un pas précipité qui résonnait dans le corridor.
La porte s'ouvrit avec violence et Lucien se précipita dans les bras du père de Thérèse.
M. Vernède le pressa énergiquement sur son cœur, et presque aussitôt, s'arrachant à cette étreinte, il lui montra M. de Baffe? d'un geste interrogateur.
Le banquier doutait encore ; son orgueil plébéien se révoltait contre l'évidence.
Après avoir dû à un miracle de la Providence la vie et la découverte du testament du colonel, il lui en coûta'.t de devoir à un gentilhomme la liberté de Lucien.
Hais Lucien, lui, n'hésita pas.
— Monsieur le marquis, dit-il d'une voix émue, c'eat vous qui m'avez fait sortir de prison. Je ne sais pas si vous êtes encore mon ennemi, mais je ne suis plus le vôtre, et je voudrais vous serrer la main.
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L'officier des mousquetaires tendit une des siennes au lieutenant Bellefond , et offrant l'antre au banquier :
— Et vous, monsieur, me garderez-vous rancune de ma visite ? dit il avec tant de franchise et de bonne grâce, que Thomas Vernède n'y sut pas résister.
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