‹ Outamaro; le peintre des maisons vertesChapitre 6 sur 36 · La maison de thé est uniquement un restaurant, un café · texte numérisé non relu

La maison de thé est uniquement un restaurant, un café

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thé, lej)Cirfum. (Le jeu des parfums ressemble au jeu du thé : on compose des parfums qu'on brûle, et il faut deviner à l'odeur ces parfums.) Elles sont tout à fait comme des princesses, élevées au fond des palais... Alors pourquoi regarder à une dépense de mille rios'! (\ln rio de Koban vaut une livre sterling.

Et ici un détail très particulier. Ces femmes venues des différentes provinces de l'Empire du <( Lever du Soleil » avec leurs patois, l'ont désappris ce patois, et parlent une langue archaïque spéciale au Yoshiwara : la langue noble, la langue poétique, la langue de la cour du septième au neuvième siècle, un peu modernisée.

Or, entre ces daimios, ces seigneurs lettrés et ces femmes ayant reçu une éducation de grandes courtisanes « le contact des deux épidermes » n'avait pas lieu immédiatement, car ces prostituées en maison avaient dans le choix, un peu de la liberté de la prostitution libre chez nous. En effet, les planches de cette suite d'Outamaro, vous montrent les formalités des relations, l'espèce de cérémonial qui y préside, et les trois visites presque indispensables, pour arriver à l'intimité : la première visite, qui n'est qu'une introduction galante auprès de la femme, la seconde, qui est le redoublement de

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la première visite, avec l'octroi de quelques privautés, enfin la troisième visite, appelée la visite de la connaissance mûre.

Maintenant il ne serait peut-être pas sans intérêt de donner un plan de ces habitations de plaisir, les plus grandes maisons de Yédo, de ces habitations contenant dix à vingt courtisanes de première classe, contenant cinquante à soixante courtisanes de seconde classe, ayant chacune un petit appartement.

Elles sont ces maisons, presque toutes, en retraite sur le trottoir, et ce petit recul est planté d'arbustes mettant de la verdure et des fleurs sur la façade de la maison.

L'entrée est en général sur la droite. C'est derrière une porte à coulisse, en treillage artistiquement ouvragé, une antichambre au sol en terre battue, au tond de laquelle il y a une. marche en pierre, sur laquelle on dépose ses chaussures, les gueta et les zori, les guet a en paille fine, les zori en bois. De là, on entre dans le grand salon, une espèce de hall, au plancher comme toutes les autres pièces, recouvert de tatami, de fines nattes blanches, doublées d'une d'une paille de riz très serrée, d'une épaisseur de sept centimètres, sur lequel le marcher est tout moelleux

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Au milieu s'élève l'escalier montant aux étages supérieurs, aux chambres : cet escalier représenté toujours dans les images des Maisons Vertes, avec en haut, des courtisanes penchées sur la rampe, pour leurs tendres adieux aux clients.

Le grand salon communique avec deux ou trois petits salons, qui sont des endroits où l'on fait attendre les clients, quand il y a trop de monde dans le grand salon.

A gauche est le bureau avec la caisse, et à droite et en retour sur le jardin, la salle où se tiennent les employés, la salle à manger, les bains, la cuisine.

Sauf quelques chambres, données aux privilégiées delà maison, qui veulent être de plain-pied avec le jardin, tous les appartements des femmes sont au premier et au second étage.

Derrière la maison s'étendent au-delà des galeries à jour, ces grands jardins, représentés dans les impressions, fleuris tout roses, encadrant les architectures légères, remplies de lumière et de soleil entrant par les immenses baies, par les murs-fenêtres.

Voici les dix impressions formant l'illustration du premier volume :

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