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MÉTHODES DE RAMASSAGE, DE TRANSPORT ET D'ENTREPOSAGE

Pour transporter les fourrages de l'andain à la grange, on a recours à bien des méthodes différentes, lesquelles d'ailleurs donnent lieu à de nombreuses variantes selon les conditions qui existent sur chaque ferme. La valeur de l'outillage employé peut varier de $100 à $6,000 selon la méthode employée et les quantités de foin récoltées. Là où le travail se fait surtout à la main, il faudra peutêtre quatre heures-homme par tonne pour récolter le foin, tandis que si l'on se sert d'outillage mécanisé, il ne faudra peut-être que 1 heure-homme.

Méthode de chargement à la main

La méthode de chargement du foin à la main est employée sur bien des fermes où la quantité de foin à rentrer est relativement faible. Avec cette méthode le travail est compliqué et long, tandis que le coût de l'outillage est faible. Dans les cas où il n'y a que quelques tonnes de foin à récolter, où les champs sont petits, irréguliers, pierreux ou accidentés, la méthode manuelle peut être le moyen le meilleur et le plus économique de rentrer la récolte.

Lorsque le foin est mis en veillottes ou en meulons, chargé à la main et engrangé au moyen d'une fourche ou d'une élingue, l'outillage peut ne consister qu'en une charrette, une ridelle et un chariot sur voie dans la grange. Le coût total de cet outillage et d'une paire de chevaux ne devrait pas dépasser $500.

Main-d'œuvre et coût

On estime qu'il faut en moyenne 3.5 heures-homme par tonne pour transporter le foin du champ à la grange par cette méthode. En d'autres termes, il faut 35 heures d'ouvrage manuel pour rentrer dix tonnes de foin. Des ouvriers plus expérimentés et énergiques peuvent cependant, s'ils sont bien dirigés, rentrer deux fois autant de foin pendant le même temps dans des conditions favorables. S'il faut 3.5 heures-homme pour charger et engranger du foin à la main, le coût de la main-d'œuvre s'élève à $1.57 la tonne, à 45c. l'heure. Les frais de l'outillage et des chevaux se montent à environ 83c. lorsqu'on récolte de trente à soixante tonnes de foin par année. En ajoutant $1.40 pour le fauchage et le râtelage, les frais globaux de la fenaison s'élèvent à environ $3.80 la tonne. Ce coût peut être grandement réduit par l'utilisation plus efficace de la main-d'œuvre, en maintenant l'outillage en bon état de fonctionnement, en transportant de plus grosses charges sur des charrettes basses et en cultivant des variétés plus productives.

Méthode du chargeur à foin

La méthode du chargeur à foin comporte une modeste mise de fonds en outillage, une faible somme de travail et c'est l'une des méthodes les plus communément employées pour la fenaison. Lorsqu'on emploie le chargeur, le temps exigé pour charger une charrette équivaut aux trois quarts du temps nécessaire au chargement avec une fourche à main. Bien que la méthode du chargeur à foin soit flexible et s'adapte à une foule de conditions, elle exige beaucoup de travail ardu pour charger et entreposer le foin.

Les chargeurs à foin se divisent en deux types généraux: le type à lattes qui convient pour le foin sec et le type à barres de poussée; ce dernier modèle est une machine très résistante qui sert pour le foin sec et le fourrage vert destiné à l'ensilage. Lorsqu'on emploie le chargeur, les andains rectilignes facilitent le travail. En tournant les coins, il faut maintenir l'andain au centre du chargeur pour éviter le blocage et des dégâts au rouleau ramasseur.

Transport du foin

La vitesse moyenne de déplacement du champ à la grange et vice versa pour les chevaux et la charrette est de 2.5 milles à l'heure; pour le tracteur et la charrette, 5 milles à l'heure; pour le camion, 5 à 15 milles à l'heure. Pour une distance d'un quart de mille du champ à la grange, le trajet aller et retour exige à peu près le temps suivant: chevaux et charrette, 10 à 15 minutes, tracteur et charrette, 6 à 10 minutes. Les charges transportées sur charrettes varient considérablement mais les charges normales s'établissent comme suit; foin long chargé à la main, 1,600 à 2,000 livres; foin long au chargeur, 1,800 à 2,500 livres; ballots de foin sur charrettes élevées, 2,200 à 3,300 livres; ballots de foin sur camions,

2,800 à 3,800 livres; ballots de foin sur charrettes basses montées sur pneus, 3,000 à 3 700 livres; foin haché court, 1,200 à 1,600 livres; foin haché long, 1,000 à 1,500 livres. Lorsque la distance à parcourir est grande, il est préférable de prendre de grosses charges. La grosseur de la charge transportée est généralement supérieure lorsqu'on se sert de charrettes basses montées sur pneus.

Les chargeurs sont très employés pour le moissonnage du foin. Le type avec barres de poussée élève le foin vert pour

ensilage ou le foin sec.

Main-d'œuvre et frais

Avec la méthode du chargeur à foin il faut de douze à trente heures de travail pour transporter dix tonnes de foin de l'andain à la tasserie, la moyenne étant d'à peu près vingt-cinq heures. Si deux hommes ramassent et engrangent une tonne de foin en soixante-quinze minutes, ou si trois hommes font ce travail en cinquante minutes, le taux est de 2.5 heures-homme par tonne. Certains exploitants peuvent, cependant, avec l'outillage approprié, ramasser et entreposer deux tonnes dans le même laps de temps. Pour obtenir un rendement moyen encore supérieur avec la méthode du chargeur à foin, certains exploitants ont amélioré la méthode de déchargement et d'engrangé ment plutôt que le chargement proprement dit. Avec un chargeur, des charrettes basses xnunies de pneus et d'une large plate-forme, un tracteur, une grande fourche, un monte-charge avec câble de rappel, un plan incliné pour envoyer le foin vers les côtés de la grange lorsqu'il tombe de la fourche, de bons chemins, des champs unis, une distance d'un quart de mille et avec de bonnes méthodes de travail, deux ouvriers peuvent engranger une tonne de foin en trente-six minutes, soit une moyenne de 1.2 heure-homme par tonne. Des appareils auxiliaires comme des monte-charge, des accessoires tels de larges plate-formes bien construites, un dispositif d'attelage approprié pour le chargeur, un outillage bien entretenu et une main-d'œuvre efficace jouent un rôle important dans l'amélioration des méthodes de chargement du foin. Une étude détaillée doit être faite de chaque opération pour déterminer l'économie de temps qu'on peut réaliser en modifiant la méthode ou en se servant d'un autre outillage afin de réduire les frais d'engrangé ment. Le lecteur est prié de se référer aux chapitres qui traitent de l'outillage auxiliaire pour obtenir plus de détails sur les plates-formes, les monte-charge et les élingues

En supposant que deux hommes avec un chargeur, des chevaux, une charrette et une grande fourche, transportent 0.8 tonne de foin de l'andain à la grange en une heure (2.5 heures-homme par tonne) le coût par tonne pour une quantité annuelle de 60 tonnes est approximativement de $2.46. Ce coût se décompose comme suit: chargeur, 57c; charrette, 2c; ridelle, le; fourche à foin, lie; chevaux, 63c, et main-d'œuvre, $1.12. Si les deux hommes engrangent une tonne à l'heure, le coût est réduit à $2.01.

La méthode du râteau chargeur

Cette méthode de ramassage du foin est souvent employée lorsque la distance de charroyage ne dépasse pas 34 ou J^ mille, que la quantité de foin récolté est de 60 tonnes ou moins et que les champs sont raisonnablement unis et compacts. Les râteaux peuvent être montés sur tracteur ou encore sur le châssis d'une automobile ou d'un camion. Les râteaux à tracteur sont employés d'habitude pour des distances de charroyage plus courtes que dans le cas des râteaux montés sur automobile, à cause de leur vitesse plus lente. Si les champs renferment des sols très sableux, de la tourbe, des rigoles ou autres obstacles, les dents du râteau se brisent souvent en pénétrant dans le sol ou en heurtant les obstacles. Bien qu'il faille monter le râteau sur tracteur ou sur le châssis d'une automobile pour ramasser le foin par cette méthode, la mise de fonds en outillage est relativement minime, car les charrettes ou chargeurs ne sont pas nécessaires. De plus, la quantité de travail manuel est relativement faible, variant de 1.2 à 2.5 heureshomme par tonne, avec une moyenne de 1.8 heure-homme pour ramasser et entreposer le fourrage. Là où ce râteau peut être utilisé, il constitue souvent une méthode économique et efficace.

Les râteaux chargeurs commerciaux et ceux qui sont fabriqués à domicile sont employés pour le moissonnage du foin. Lorsqu'il est pratique d'utiliser le râteau-chargeur, on élimine beaucoup du travail manuel pénible.

1 Les râteaux fabriqués par des manufacturiers et ceux qui sont fabriqués à la maison donnent satisfaction. Lorsque les râteaux sont montés sur tracteurs, 'on les met plus souvent à l'avant qu'à l'arrière du tracteur, car une vitesse de 6 à 10 milles à l'heure est nécessaire pour charger le râteau. Dans certains cas,

on se sert de deux roues supplémentaires pour supporter le râteau et éviter ainsi de surcharger les coussinets des roues avant du tracteur, mais le montage direct du râteau est satisfaisant dans la plupart des cas lorsque la quantité de foin manipulé est faible et que les charges sont légères. Lorsqu'on monte le râteau sur l'arrière du châssis d'une automobile ou d'un camion, diverses méthodes peuvent être employées pour fixer le râteau et fournir la force motrice nécessaire à l'élévation des dents du râteau. On reconstruit parfois une grande partie du châssis de l'automobile. On renverse l'essieu arrière pour obtenir trois vitesses arrière; le siège et le volant sont tournés vers l'arrière pour conduire la machine facilement à reculons. On installe alors une prise de force à même la courroie de l'éventail, la transmission ou une pompe hydraulique pour élever le râteau lorsqu'on transporte le foin à la grange. Si l'on se sert d'une vieille auto, il est préférable de choisir une voiture lourde ou un camion afin d'avoir suffisamment de puissance et de force pour actionner le râteau. Avec les râteaux chargeurs montés sur auto, il est souvent nécessaire d'employer un réservoir à eau supplémentaire en plus du système de refroidissement ordinaire pour empêcher le surchaufïage du moteur.

Il est de la plus haute importance que le râteau chargeur soit solidement construit pour éviter les pertes de temps pendant la fenaison. Voici quelquesuns des points à considérer lorsqu'on construit un râteau: les dents doivent avoir une longueur de 12 pieds, être espacées de 11 pouces, centre en centre, mesurer 3" x 3" au gros bout, 2" x 2" à la pointe, être construites en sapin ou bois franc à fil droit. Les dents peuvent aussi être en métal, pourvu qu'elles soient aussi fortes. Les pointes des dents devraient être biseautées vers le haut et vers le bas et non pas seulement vers le bas, et s'emboîter dans des pointes métalliques. Au travail, le gros bout des dents ne doit pas être à plus de 6 pouces du sol. Deux morceaux de 4" x 4" de 113^ pieds de longueur fixés parallèlement et écartés de 18" peuvent servir à supporter les dents avec une traverse de bois franc de 2" x 4" placée sous la pièce d'avant de 4" x 4" et en dessous des dents; on peut aussi se servir d'un bâti métallique. Le dossier ou section verticale doit avoir quatre pieds de hauteur et être tien fixé à la charpente, car les dents sont levées au moyen d'un câble attaché au sommet du dossier. Un treuil devrait lever le bout des dents à quatre pieds du sol. La fabrication d'un râteau chargeur exige beaucoup de travail et, par conséquent, peut-être ferait-on mieux d'acheter un râteau chargeur construit par des fabricants. La plupart des râteaux commerciaux sont munis d'un dispositif de levage sûr et c'est là une partie importante du râteau chargeur.

Comment se servir du râteau

On peut ramasser le foin de l'andain fauché ou de l'andain râtelé, mais la plupart des exploitants préfèrent l'andain râtelé, car le râtelage facilite le séchage du foin et permet de placer une plus grosse charge sur le râteau. En mettant une demi-charge sur le râteau puis en la déchargeant on peut en ramasser une deuxième charge et la déposer par-dessus la première, ce qui permet de prendre une double charge pour la transporter à la grange ou à la meule. Les charges varient de 500 à 1,000 livres, selon le type de râteau, la méthode de chargement et la sorte de foin. Il faut une vitesse de 6 à 10 milles à l'heure pour charger le râteau. A la grange, on peut élever le foin au moyen d'un souffleur, d'un hache-foin avec souffleur ou d'une élingue. Près de la meule ou de la grange, on étend deux fourchées de foin sur le sol, l'élingue est étalée sur le foin et la charge est ensuite déposée dessus. Le foin qui se trouve sous l'élingue facilite le déchargement du râteau. Sur les fermes où l'on se sert de râteaux chargeurs à tracteur, la quantité de foin récolté est en moyenne de 30 à 50 tonnes. Si le foin est court, on ajoute plus de câble à l'élingue. On se sert parfois de puissants râteaux chargeurs bien construits pour ramasser les gerbes lors du battage. Pour cette opération, le râteau peut d'ordinaire ramasser la moitié de la charge et l'autre moitié est chargée

à la main. On passe quelquefois un câble autour de la charge pour faciliter le déchargement et la batteuse est munie d'un alimentateur extensible. Nous renvoyons le lecteur au chapitre qui traite des emmeulonneuses et souffleurs à foin combinés.

Main-d'œuvre et frais d'opération

Avec la méthode du râteau chargeur, une équipe de 2 à 3 hommes est généralement employée, et le tonnage par heure pour l'équipe est de 1 à 2 tonnes, chaque tonne pouvant exiger de 1.2 à 2.5 heures-homme ou une moyenne de 1.8 heure-homme de travail. Par cette méthode, on élimine le dur travail du chargement ou du déchargement. Le coût du râteau est d'environ $200 et peut aller jusqu'à $350, lorsque les leviers mécaniques sont plus compliqués. Le coût calculé du ramassage et de l'entreposage d'une tonne de foin avec un râteau chargeur, un tracteur à deux charrues et trois hommes à 45c. à l'heure, à raison de 1.4 tonne à l'heure sur une distance de Y\ de mille s'élève à $1.60 la tonne. Pour plus de précision à l'égard d'une ferme donnée, ces frais doivent être ramenés, selon la vitesse des opérations, sur la base des salaires courants et autres facteurs. Les tableaux du coût des machines et des frais d'exploitation peuvent servir de guide ou de méthode pour compiler les données relatives au coût (Voir tableaux 3, 4 et 14).

TABLEAU 3— RAMASSAGE ET ENTREPOSAGE DU FOIN Vitesse des opérations et nombre d'heures-homme par tonne de l'andain à la grange

Méthode

Équipe

Nombre de tonnes par heure par équipe

Nombre d'heures-homme par tonne

Ecart

Moyenne

Ecart

Moyenne

Chargement à la main

Râteau chargeur, A

Râteau chargeur, B

Chargeur à foin, A

Reçoit euse

Séchage dans la grange

Selon les méthodes communément employées pour faire sécher le foin, les fourrages sont d'abord séchés sur le champ jusqu'à ce que leur teneur en humidité soit réduite à 25 p. 100 ou moins, puis ils sont engrangés ou emmeulormés. Lorsqu'on emploie la méthode du séchage en grange, on fait préalablement sécher le foin dans le champ pour en réduire la teneur en humidité à environ 35 p. 100; on l'entre ensuite dans une tasserie munie d'une installation de séchage qui enlève tout excès d'humidité à mesure qu'il se fane dans la grange. En engrangeant du foin d'une aussi haute teneur en humidité, on perd moins de feuilles et le fourrage est exposé moins longtemps aux intempéries, mais les charges sont plus lourdes à cause de l'excès d'humidité.

L'équipement servant au séchage du foin en grange comprend un plancher ajouré ou une série de conduits d'air sur le plancher de la grange, un éventail qui souffle l'air dans les conduits ou sous le plancher ajouré et enfin un moteur pour actionner l'éventail. Dans la plupart des cas, de l'air froid est fourni par l'éventail sous le foin, mais on se sert parfois d'une fournaise ou d'une chaufferette pour réchauffer l'air. On utilise parfois la chaleur du moteur à essence pour réchauffer partiellement l'air lorsqu'on emploie ce genre de force motrice pour actionner l'éventail. On emploie également cette méthode pour sécher le foin ^n meules aussi bien que le foin en grange.

Lorsqu'on se sert d'un plancher ajouré, celui-ci consiste en une série de madriers de 2" x 6" placés sur le can à deux pieds d'écartement et couverts de traverses de 4" espacées de 1J^" pour permettre à l'air de circuler dans la masse de foin. Ce plancher ajouré couvre la superficie de la tasserie jusqu'à cinq pieds des murs de la grange. Un tuyau principal généralement placé au centre de la tasserie conduit l'air de l'éventail jusqu'au dispositif de distribution sous le plancher. La dimension de ce tuyau varie selon l'installation. Elle devrait être d'environ 2' x 4' lorsqu'on emploie un moteur de 5 chevaux-vapeur. Lorsqu'on sèche du foin en ballots, on peut empiler les ballots sur le plancher ajouré; dans le cas d'installations temporaires, les ballots peuvent être empilés de façon à former des conduits ou canaux pour la distribution de l'air. On peut employer des éventails de types divers depuis les unités à hélice jusqu'aux éventails du type à cage. Il est préférable que l'éventail déplace un minimum de 20 pieds cubes d'air froid à la minute par pied carré de surface de foin à une pression statique d'au moins un pouce. Les fabricants d'éventails et de moteurs électriques peuvent fournir des détails sur la capacité des divers types d'éventails pour les diverses grandeurs d'installations ainsi que sur la puissance des moteurs nécessaire pour un volume d'air donné. Lorsqu'on se sert de l'air froid, l'éventail et le moteur sont généralement placés dans un compartiment sur le plancher, près du mur extérieur de la tasserie. On se sert normalement de moteurs électriques pour actionner l'éventail; ils se prêtent facilement à un travail continu car cette opération doit se poursuivre jour et nuit. Toutefois on peut employer des moteurs à essence lorsqu'il n'y a pas d'électricité sur la ferme et ceux-ci fourniront également une certaine quantité de chaleur. Il faut un moteur électrique de 5 chevaux-vapeur pour fournir 15 pieds cubes d'air par minute à une tasserie de 800 pieds carrés. Dans la plupart des régions les moteurs les plus gros qu'on puisse raccorder aux lignes rurales d'énergie électrique sont ceux de 3 à 5 chevauxvapeur. Le coût d'un moteur, d'un éventail, des matériaux pour la construction des tuyaux et de la main-d'œuvre pour une tasserie de 32 x 32 pieds s'élèverait à environ $600 ou $700 sans compter le coût de la canalisation de l'énergie électrique. Avec un moteur de 5 chevaux-vapeur qui sèche 30 tonnes de foin par année le coût de fonctionnement y compris la dépréciation varie de $3 à $3.75 la tonne si l'électricité coûte 2c. le k.w.h.

Lorsqu'on se sert de chaleur pour sécher le foin elle abrège le temps du travail, mais nécessite un outillage supplémentaire et l'achat de combustible, et il y a danger d'incendie si l'installation n'est pas bien faite. Des appareils de séchage consistant en un moteur, un brûleur à l'huile et un éventail, viennent d'être mis sur le marché au prix de $700 à $1,800 chacun, selon la capacité. Ces séchoirs peuvent être employés pour sécher d'autres produits comme le maïs de semence, etc., aussi bien que le foin, mais on ne possède encore que peu de détails sur leur utilité générale.

Facteurs qui influencent le séchage du foin en grange

Les expériences effectuées par le Service des fermes expérimentales fédérales ont démontré que la méthode de séchage en grange comporte des limites déterminées. L'appareil de séchage en grange qui emploie de l'air froid a été introduit dans le but d'obtenir un foin de meilleure qualité et d'éliminer les dégâts causés par les intempéries dans le cas du foin séché dans le champ. Bien que ces séchoirs soient utiles dans certaines régions, on ne peut les considérer comme une usine régulière de déshydratation pouvant sécher de grandes quantités de foin vert ou partiellement fané indépendamment des conditions climatiques.

En employant cette méthode, la teneur en humidité du foin ne devrait pas dépasser de 30 à 38 p. 100. Le foin devrait être étendu uniformément dans la tasserie, le débit d'air froid devrait être d'au moins 20 pieds cubes à la minute par pied carré, à une pression d'au moins 1 pouce, et l'éventail devrait fonctionner presque continuellement pendant toute la durée du séchage, même s'il pleut ou si le temps est humide. Lorsqu'on met dans la tasserie du foin ayant une teneur

en humidité de 35 p. 100 il ne faut pas dépasser une épaisseur de 7 à 8 pieds dans des conditions climatiques favorables, et .lorsqu'on y entasse plus d'une charge, la hauteur ne doit pas dépasser 13 pieds. Même en suivant ces directions, on ne saurait conclure à la possibilité de faner complètement le foin dans toutes les conditions, sans qu'il se forme de la moisissure à certains endroits de la tasserie. Le temps exigé pour sécher chaque couche de foin varie de 8 à 20 jours selon les conditions particulières. Si l'on emploie de l'air chaud et si le coût additionnel du combustible peut être justifié, on peut réduire considérablement la durée de ce travail.

La mise en ballots

Les presses mettent le foin en ballots; de cette façon, il se transporte plus facilement que le foin en vrac. La mise en ballots sera donc très avantageuse dans les conditions qui suivent: a) lorsqu'on expédie le foin sur une grande distance par camion ou chemin de fer; b) lorsque l'espace d'entreposage est limité; c) lorsque pour fins d'alimentation le foin est transporté d'un bâtiment à un autre ou dans un enclos d'alimentation, et d) lorsqu'on peut facilement diviser temporairement les opérations de la fenaison en engageant un exploitant à forfait pour faciliter les travaux par la mise en ballots, ou pour presser rapidement le foin afin qu'il puisse plus facilement supporter la pluie, ce qui permettra plus de temps pour le transport et l'entreposage. L'introduction de la méthode de la mise en

Il existe des presses automatiques qui attachent les ballots avec des fils de fer. Avant de presser le foin, il convient de

bien le faire sécher.

ballots comporte cependant une opération mécanique additionnelle, et nécessite l'achat de la ficelle ou du fil de fer servant à attacher les ballots. Bien que le foin en ballots transpire et sèche lorsque le temps est favorable, la mise en ballots ne supprime pas tous les ennuis causés par les intempéries, car il faut que le fourrage soit bien fané avant d'être pressé. A moins que le foin ne soit aussi sec ou même un peu plus sec que le foin long ordinaire prêt à être engrangé, le centre des ballots moisira. Bien que les ballots soient plus commodes à manipuler que le foin en vrac, il faudra, pour transporter les ballots du champ à la grange un temps aussi long que pour transporter le foin en vrac par la méthode du chargeur.

Il se fabrique des presses à foin fixes et des presses ramasseuses. A l'heure actuelle, le type de presse fixe sert à presser le foin ou la paille après l'entreposage dans la grange ou en meules. Une nombreuse équipe d'ouvriers est nécessaire lorsqu'on emploie une presse fixe dans le champ, car il faut des charrettes et des chargeurs pour ramasser la récolte. Il y a deux types de presses ramasseuses: la presse à nouage manuel et la presse à nouage mécanique. On se sert de fil de fer pour ficeler les ballots à la main, tandis que les presses à nouage mécanique utilisent le fil de fer ou la ficelle d'engerbage. La ficelle employée par certaines marques de presse est une ficelle spéciale très résistante, tandis que d'autres presses emploient de la ficelle d'engerbage ordinaire. Les presses qui confectionnent des ballots rectangulaires sont munies d'un mécanisme qui travaille à la manière d'une botteleuse et noue la ficelle tandis que sur les presses qui confectionnent un ballot arrondi, la ficelle passe autour du ballot sans former de nœuds. Les ballots ficelés avec du fil de fer sont peut-être préférables si le foin doit être expédié sur une longue distance, mais dans les conditions normales, on peut employer soit la ficelle, soit le fil de fer.

Les presses à foin peuvent être actionnées à même l'arbre de prise de force du tracteur ou par un moteur monté sur la presse. Les machines munies de moteurs auxiliaires coûtent plus cher que celles qui empruntent leur force motrice au tracteur, mais les presses munies de moteurs sont plus flexibles lorsque les andains sont irréguliers, et elles peuvent être tirées par un tracteur plus petit. En général, les presses actionnées par moteur sont préférées par les entrepreneurs à forfait qui désirent presser une grande quantité de foin par jour à même des andains qui peuvent être trop gros ou trop irréguliers pour des presses actionnées par tracteur. Avec les presses qui confectionnent des ballots ronds, le mouvement avant de la presse arrête pendant que le ballot est enveloppé et déchargé. Pour ce type de presse un tracteur muni d'une prise de force à mouvement continu est nettement préférable, car il suffit de débrayer le tracteur lorsque le ballot passe dans la presse. Avec le tracteur ordinaire il est nécessaire d'actionner l'embrayage deux fois pendant la confection d'un ballot.

Los presses à grande bouche qui façonnent les ballots ronds peuvent ramasser le foin des gros andains. Comme il faut

immobiliser la presse pour libérer chaque ballot, on utilise généralement d;m^ ce cas un

tracteur avec prise de force continue.

On peut se servir de presse avec noueur automatique, utilisant de la ficelle pour presser la paille, le foin et autres substances semblables. On préfère souvent les presses avec moteur auxiliaire pour les travaux à forfait.

Détails des opérations

Il est très important que les andains aient la dimension qui convient à la presse afin de prévenir l'obstruction de la machine. Les presses à large bouche, comme celles qui confectionnent des ballots ronds, peuvent absorber un gros andain double tandis que les presses à bouche étroite n'absorbent qu'un andain de cinq pieds. Les deux types de presses peuvent cependant absorber la même quantité de foin par jour. Il importe que les andains soient droits car un tas de foin mal séché peut se gâter une fois mis en ballots.

Dans les conditions les plus favorables et sans perte de temps, il est possible de presser de cinq à sept tonnes de foin à l'heure avec une presse mécanique, mais la capacité quotidienne moyenne est d'environ quatre tonnes à l'heure et la moyenne par saison est de 23^ à 3J^ tonnes par heure. Sur un champ raisonnablement uni, un tracteur à deux charrues tirera une presse à moteur. Pour une presse actionnée par le tracteur, il faut un tracteur à deux ou trois charrues et l'on emploie généralement un tracteur à trois-quatre charrues si le terrain est accidenté ou si la charrette chargée est tirée à l'arrière de la presse. Comme les presses à foin et les récolteuses de fourrage ont de multiples pièces mobiles, il est extrêmement important d'avoir une connaissance parfaite de ces machines pour pouvoir les conduire avec un maximum de rendement et d'efficacité. Ce n'est qu'en maintenant ces machines en bon état de fonctionnement qu'on peut s'en servir avec succès et profit. Pour détails sur le chargeur à ballots, le lecteur est prié de se reporter au chapitre qui traite de l'outillage auxiliaire.

Main-d'œuvre nécessaire et frais

Lorsqu'il ne s'agit que de presser le foin et que les ballots sont rejetés en arrière de la presse automatique, un seul homme peut faire tout le travail. Si l'on peut presser trois tonnes de foin à l'heure, le travail exige un tiers d'heure-homme ou vingt minutes par tonne. Dans une opération distincte, trois hommes peuvent charger et transporter au fenil environ 1.5 tonne de foin à l'heure, soit deux heures-homme par tonne. Dans ces conditions, il faut 2.3 heures-homme pour exécuter les deux opérations ou presque autant de temps que par la méthode du chargeur à foin. Dans des conditions favorables et grâce à une bonne organisation, la main-d'œuvre totale peut être réduite à 1.6 heure-homme par tonne.

Lorsque le pressage, le charroyage, et l'entreposage du foin se font simultanément, il faut une équipe plus nombreuse, plus d'outillage de charroyage et une meilleure coordination du travail. Si Ton transporte les ballots dans une charrette qui suit la presse, on peut, cependant, économiser de la main-d'œuvre en chargeant directement les ballots sur la charrette. Si la capacité de la presse, la distance à parcourir et les opérations d'entreposage permettent à cinq hommes de presser et d'engranger 2.5 tonnes à l'heure, il faudra deux heures de travail ou deux heures-homme par tonne pour rentrer la récolte par cette méthode. Selon les conditions de travail et d'exploitation, la durée peut varier de 1.4 à 3.0 heures par tonne. Vu les nombreuses variations auxquelles se prête une telle opération combinée, il n'est pas possible de donner des chiffres plus précis sans une explication détaillée des divers facteurs en jeu, sous différentes conditions d'opération. Il est à noter cependant que si le pressage du foin n'exige que peu de travail, la mise des ballots dans le fenil en exige beaucoup. Lorsque les ballots sont chargés à la main, déchargés et mis en place au moyen d'élingues, puis engrangés à la main, cette opération entraîne une grande somme de travail manuel. Il faut normalement de deux à trois fois autant de travail pour faire fonctionner une presse à main qu'une presse mécanique dans le champ. Bien que la mise en ballots ne réduise pas considérablement le nombre d'heures de travail par tonne, elle façonne des ballots qui se manipulent plus facilement que le foin en vrac; il est possible aussi d'engager un entrepreneur pour aider à rentrer la récolte et cela permet au propriétaire d'une presse à foin de travailler à forfait lorsqu'il n'est pas obligé de passer tout son temps sur sa propre ferme.

Le coût du pressage d'une tonne de foin varie considérablement et dépend surtout de la quantité pressée par heure et par année, car ce travail entraîne une mise de fonds assez élevée pour l'outillage. En plus de la dépréciation, de l'intérêt, du combustible et des frais de main-d'œuvre, il y a le coût de la ficelle ou du fil de fer qui s'élève à 70c. ou 80c. la tonne. Avec la presse actionnée par un

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