‹ Ouvrages de Méry Une nuit du midiChapitre 22 sur 29 · I.E VOLONTAIRE · texte numérisé non relu

I.E VOLONTAIRE

Encore un ! Bessière a descendu la garde, il fait écluse dans le ruisseau du cours. Vive le roi!

LE SERGENT

C’était un gros républicain, je crois, celui-là?

LE VOLONTAIRE

Républicain et bonapartiste; oa lui a donné deux coups de sabre sur la tôle, et trois dans le ventre. Ah! la mauvaise mine qu’il avait, ce coquin!

ANGLES, Las, si Antoine.

Ne leur parlez pas, contenez-vous, au nom de Dieu, contenez-vous!

ANTOINE, bas.'

Soyez tranquille.

* LE SERGENT, au volontaire.

Y étiez-vous, aux frères Verse ?

- LE VOLONTAIRE

Si j’y étais ! tenez, regardez ce sang sur mon pantalon : c’est le cadet qui m’a froissé en tombant. Ah ! on ne les a pas manqués, ceux-là. Oh ! je suis sûr qu’il ont reçu plus de mille coups de bâton sur la tôle; ils avaient la vie dure comme des chats : on lésa assommés comme des bœufs; il ya des petits polissons qui ont ramassé plus de quarante sous, rien qu’en montrant les bâtons rouges qui ontas sommé ces deux buveurs de sang.

LE SERGENT

C’étaient des brigands finis, ces frères Verse !

LE VOLONTAIRE

Oh! ça fait trembler, ce qu’ils ont fait... Ils ont fait les cent coups dans la Révolution, tout le monde le dit; ils ne feront plus rien à présent, ces rompus.

(Entre un deuxième volontaire.)

DEUXIÈME VOLONTAIRE, d’un air de triomphe, montrant son fusil.

Voilà une baïonnette qui en a tué dix-sept !

ANTOINE, se lèvent.

Tu en as menti.

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