‹ Ouvrages de Méry Une nuit du midiChapitre 26 sur 29 · MÊME JOUR · texte numérisé non relu

MÊME JOUR

Le salon de campagne de M. Dumeurier, comme à la première scène ; plus, un buste de Louis XVHI sur la cheminée, entre deux trophées de drapeaux blancs. Trois lampes sur un guéridon.

M. DUMEURIER, MADAME DUMEURIER, MADE- MOISELLE AUZET, M. COBARD, M. CANTOL, M. G O D E AU. (Tous assis, excepté M. Cobard.)

M. COBARD i

Nous ne nous couchons pas cette nuit... M. Gantol nous dira la messe de l'aube, et, après, nous irons déjeuner sous les pins’avec du jambon et des poires de Saint- Jean;

M. CANTOL.

C’est dit... Mais jedevrais profiter, moi, que minuit n’a pas sonné pour manger un morceau.

MADEMOISELLE AUZET.

Mais, si vous voulez dire la messe de l’aube.;.

Eh bien, je suis en règle avec les canons... Il ne faut avoir ni bu ni mangé depuis minuit , dit le concile; il est minuit moins un quart.

M. GODEAU

Ma femme dira que je suis un libertin, moi...

MADAME DUMEURIBR.

Ab ! un jour comme aujourd’hui 1

M. COBARD.

Alors, nous allons chanter encore...

M. DUMEURIBR.

Oh! vous avez assez chanté; vous m’avez mis la tête comme ça...

M. CANTOL.

Alors, nous devrions faire un petit boston...

M. DUMEURIER.

Faites ce que vous voudrez... Je vais me coucher,

moi... (ils* 1ère el prend une lampe. On frappe li la porte de la terrasse.) Qui diantre peut frapper à cette heure?

M. GODEAU

C’est ma femme qui vient me chercher!

MADAME DUMEURIER.

Mon Dieu ! elle a peur que nous ne vous enlevions.

(Entre Claire.)

CLAIRE

• C’est le... le... avec sa vieille.

MADEMOISELLE AUZET.

Qui? qui?

CLAIRE

Chose... le coquin... Il veut vous parler, à vous autres.

MADAME DUMEURIER.

Anglès?

CLAIRE

Non, l’autre.

MADEMOISELLE AUZET et MADAME DUMEURIER.

L’Égyptien?

CLAIRE

Oui, le païen !

MADEMOISELLE AUZET.

C’est le malin esprit... c’est le malin esprit!

MADAME DUMEURIER.

A cette heure, c’est Je démon avec un masque ! Monsieur Cantol, allez faire le sorcime *.

M. CANTOL.

Au moment où j’allais manger... Monsieur Du meurier, allez voir, vous.

M. DUMEURIER.

Eh 1 il faut le faire entrer...

MADEMOISELLE AÜZET.

Préparons des signes de croix.

MADAME DUMEURIER, le doigt au Iront.

Moi, j’ai déjà la main là.

M. GODEAU, effrajé.

J’avais idée de partir à onze heures.

(Minait sonne.)

MADAME DUMEURIER.

Juste minuit 1 c’est l’heure de Satan.

(Rentre M. Dumeurier, arec Pbüippt et Taine t te.)

‘ Exorcisme.

M. CANTOL.

Vade rétro , Salarias!... Il reste?... Gen’est pas Satan, c’est le païen.

MADAME DUMEURIER.

Quelle mauvaise mine !

MADEMOISELLE AUZBT.

Maisque vient-ilfaireici?... Oh ! regardez sa vieille, elle fait peur...

M. DUMEURIER, i b société.

Ces pauvres gens sont en peine; M. Anglès n’est pas revenu de la ville, et ils n’ont pas de nouvelles de lui... Asseyez-vous, asseyez-vous, voisin.

M. CANTOL, aux dames.

Qu’est-ce que ça nous fait, à nous, tout ça ?

M. COBARD.

Savez-vous ce que c’est? Ils viennent nous espionner ici.

PHILIPPE

Je vous demande mille pardons de vous avoir dérangés, mais entre voisins on doit se rendre service dans les moments de peine; c’est un acte de charité que je vous demande; vous ôtes des personnes de religion, vous ne me le refuserez pas.

M. DUMEURIER.

Oui, oui, mon ami.

MADAME DUMEURIER.

Il parle bien, ce monsieur.

PHILIPPE

Vous savez que nous vivons depuis longtemps comme deux frères avec Angles; nous sommes deux vieillards qui attendons ensemble que Dieu nous appelle à lui.

M. COBARD, h part.

Ah ! le scélérat î

* PHILIPPE

Il y eu du bruit à la ville, aujourd’hui, des malheurs peut-être...

M. CtODEAU, l'interrompant.

Il n’y a point eu de malheurs, monsieur.

11 y a eu des bonheurs, voilà tout, monsieur.

M. DUMEURIER.

Laissez donc parler.

PHILIPPE

Excusez-moi, messieurs, si je me suis servi d’un mot qui vous a blessés...

MADEMOISELLE AUZET, h part.

Ah! il est bien poli !

PHILIPPE

Je -suis un vieux soldat d’Égypte qui ne connaît pas les usages du monde, et croyez bien que je n’aurais jamais pris sur moi de vous rendre une visite, si je n’y avais été forcé. Mettez-vous à ma place, messieurs : je suis au moment d’apprendre une bien mauvaise nouvelle; je suis seul dans une campagne avec cette pauvre femme; j’avais besoin de compagnie et de secours, j’en ai cherché chez mes voisins. Ai-je mal fait?

(Il p le are.)

MADAME DUMEURIER. attendrie.

Non, non, monsieur.

• MADEMOISELLE AUZET.

Oh ! mon Dieu ! il pleure ! Pauvre homme !

(Le* deux dame* te rapprochent de lai.)

UNS NUIT DU MIDI

MADAME DUMEURIER, émue.

Avez-vous besoin de quelque chose... d’une goutte de vin ? d’un bouillon?

MADEMOISELLE AUZET.

Ah I oui, justement il nous reste du bouillon; ça vous fera du bien... Je vais vous le chercher.

M. CANTOL, k M. Codeiu.

Elles sont folles, ces femmes !

M. GODEAU

Ah ! si ma femme était à leur place, comme elle ferait courir ce bonapartiste! Qu’il vienne chez moi!

PHILIPPE, retenant mademoiselle Auzet.

Non, non, merci, madame, je n’ai besoin de rien, de rien. Seulement, si vous savez quelque chose sur M. Anglès, que ce soit bon ou mauvais, je vous en conjure, dites-le-moi.

M. DUMEURIER.

Nous ne savons absolument rien, rien.

PHILIPPE

Bien sûr, au moins?

MADAME DUMEURIER.

Oh ! rien... Demain, nous saurons quelque chose . 1

PHILIPPE

Demain!.,, Nous y sommes, à demain.

M. DUMEURIER, bas, à mademoiselle Au«t.

Allez ôter ce buste du roi, ça lui fait de la peine peut-être...

MADEMOISELLE AUZET, naïvement, an vieillard.

Ça vous fait de la peine, de voir le buste du roi là?

M. DUMEURIER, la poussant du coude.

Imbécile!

PHILIPPE, souriant.

Non, laissez tout, ne dérangez rien pour moi, madame, je vous en prie.

M. CANTOL, à Cobard « k Godeau.

Ah ! qu’elles viennent me demander l’absolution, samedi, je les attends... ces filles de Loth!

PHILIPPE

Je ne veux pas vous gêner plus longtemps, puisque vous ne savez rien de la ville...

M. DUMEURIER.

Nous savons bien quelque chose... mais surM. Ànglès nous ne savons rien... Dès qu’il fera jour, je vous

promets d envoyer Antoine... Tenez, j’entends sa voix... Oui, c’est lui : il revient de la ville en chantant.

MADEMOISELLE AUZET, ouvrant la croisée du salon.

Antoine, est-ce vous ?

ANTOINE, au dehors.

Oui, oui, c’est moi.

MADAME DUMÉURIER.

Bon ! nous allons avoir des nouvelles.

M. DUMEURIER, bas, «t safemme.

S’il en a de mauvaises pour Anglès, marche-lui sur le pied.

MADAME DUMEURIER.

Ah ! oui.

(Entre Antoine.)

ANTOINE

M. Godeau est-il ici?

M. GODEAU, effrayé.

Oui, que ine veut-on?

ANTOINE

Moi, rien; c’est votre femme qui vous veut; elle vous croit à la bataille avecM. Cobard, savez-vousl...

Madame Godeau m’a fait perdre une grosse demiheure à parler sur les affaires de la ville ; sans cela, j’aurais été plus lût ici... Et puis j’avais une commission pour les amis du voisin; mais j’ai frappé à la porte vingt fois, il n’y a personne...

PHILIPPE, se levant. i

Vous venez de chez nous?...

ANTOINE, étonné.

Ah ! vous voilà ici !...

MADAME DUMEURIEK.

Oui, oui. Pauvres gens, iis sont bien inquiets...

ANTOINE

Eh bien, ne vous inquiétez plus, mon vieux camarade : M. Anglès est plein de vie; il se porte aussi bien que moi, je viens de le quitter...

PHILIPPE, pleurau l.

Dieu soit loué ! • ! ‘

(Toinette se jette it genoux en pleurant, et baise les mains

de madame Dumeurier et de mademoiselle Auxet.)

MADEMOISELLE AUZET, attendrie.

Helevez-vous, relevez-vous, ma bonne.

ANTOINE

Pour ne pas vous mentir, je vous dirai que M. Anglès l’a échappé belle ; mais j’étais là, moi, je ne l’ai pas quitté d’une semelle...

M. COUARD

Ah! c’est toi qui lui as sauvé la vie.*..

ANTOINE

Oui, oui, c’est moi, monsieur; qu’avez-vous à dire? Voyons.

M. COBARD.

Rien.

ANTOINE

Eh bien, taisez-vous... Pour vous finir l’histoire... je l’aurais bien amené avec moi ici, mais il y avait du danger; je l’ai laissé avec une quarantaine de braves gens comme moi qui l’ont conduit au fort.

PHILIPPE

Au fort ?

ANTOINE

Ne vous effrayez pas... Oui, au fort... 11 fallaitlaisser passer les premiers moments de rage. Il sera plus tranquille au fort que chez lui, et, demain, j’irai vous le chercher ; vous l’embrasserez demain, mon vieux.

M. DUMEURIER.

Antoine, tu t’es comporté en brave garçon, en bon chrétien...

M. CANTOL, d'un ton soltnntl.

Monsieur Dumeurier, c’est pour la dernière fois que je mets les pieds chez vous. . .Mademoiselle Auzet, dites à Claire de prendre mes effets dans la chambre de réserve.

M. DUMEURIER.

Monsieur Canlol, je ne crois pas avoir dit ou fait quelque chose qui puisse vous fâcher.

M. CANTOL.

Vous avez donné dans le vide.

M. GODE AU

Ah! et de quelle force !

M. DUMEURIER.

Je ne vous comprends pas.

M. CANTOL.

Vous êtes une idole d’Égypte, aures habent et non audient.

MADEMOISELLE AUZET.

Ah I sainte Vierge I est-ce que nous aurions fait des péchés?

M. CANTOL.

Irrémissibles ! si vous désespérez de la miséricorde de Dieu.

PHILIPPE

Si c’est pour moi que vous allez vous brouiller ici, je me relire... Venez, Toinelte.

M. COBARD, bas.

Bravo, monsieur Cantol, courage! dites-Ieur encore quelque chose...

ANTOINE

Oui, oui, allez-vous-en, mon vieux, et vous aussi, grand’inère; attendez, je vais vous accompagner... Bien, vous avez une lanterne; je vais l’allumer, nous y verrons mieux. Vous ôtes tranquilles maintenant, pas vrai?

PHILIPPE

Oh! tout à fait... Mais que de peine nous vous donnons !

ANTOINE

Bah ! c’est ma vie, moi ! Laissez-moi faire; dormez bien, et demain , en vous réveillant, je vous apporte sous mon bras M. Anglès; mais dites-lui de se faire royaliste... (On entend su dehors des chants et des cris contas. ) Oh ! oh ! attendez...

M. COBARD.

J’enlends crier : Vive le Roi! (n crie.) Vive le roi ! Venez, venez, allons faire la farandole sur l’aire.

PHILIPPE, à M. Dumeurier.

Nous ne risquons rien ici, chez vous?

M. DUMEURIER.

Eien du tout.

MADAME DUMEURIER.

Ah! il faudrait peut-être faire monter monsieur.

M. DUMEURIER.

C’est inutile.

ANTOINE, ï la fenêtre.

Ils sont là; il fait si noire nuit, que je ne puis pas en reconnaître un seul... Faut-il ouvrir la porte, monsieur Dumeurier?

M. CANTOL.

Je vais leur ouvrir, moi... II faut purifier l’air du salon.

(U sort.)

M. DUMEURIER.

Ne dirait-on pas qu’il est chez lui, ce M. Canlol?

MADAME DUMEURIER.

Ah! Dumeurier! point de mal des prêtres.

M. COBARD, ï M. Godeau.

Laissez entrer les amis, et nous allons faire enrager M. Dumeurier, et ce vieillard de la chaste Suzanne.

M. GODEAU

Oui, oui, je ne pars pas, exprès.

(Entrent des volontaires royaux; au milieu d’eux, l'Étran(tr et M. Cantol. En tête, un enfant qui porte au bout d’u béton l'babit ensanglanté d'Anglès.) .

l’étranger.

Vive le roi !... Monsieur Dumeurier, j’ai tenu parole ; reconnaissez-vous cet habit?

(L’enfant jette l’babit devant Philippe.) PHILIPPE.

L’habit d’Anglès !

ANTOINE

Malédiction! où est Anglès?

L’ÉTRANGER, souriant.

Les chiens de bouchers l’ont déjà mangé, ton Anglès.

fToinette, évenouie, est emportée par deux volontaires hors du salon ; Phi lippe garde un silence d’effroi, les yeux fixés sur la dépouille sanglante d'Anglès. Antoine, les bras croisés, et muet d'indignation, contemple l’Étranger.)

M. DUMEURIER, rurieox.

Sors d'ici, assassin! sors, brigand!

MADAME DUMEURIER, sanglotant.

Ils l’ont assassiné l Oh ! les maudits de Dieu !

MADEMOISELLE AUZET.

Otez-vous, ôtez-vous, vous nous faites peur !

(EU* « laisse tomber sur U sofa, b tôti de madame Dumeurier.) M. CANTOL.

Prenez garde, mesdames...

M. DUMEURIER.

Pas un mot de plus, monsieur Cantol...

Malheureux! vous élevez la voix contre un honnête homme!

l’étranger.

Laissez-les dire, laissez... (a la troupa.) Chantez, vous autres, chantez; ce salon est à vous.

(La troupe entonne le Vite Henvi IV!)

M. DUMEURIER, brisant la table de jeu.

Tenez, voilà votre table de jeu. On ne jouera

MADEMOISELLE AUZET, d'une voix étouffée.

Non, non, plus... Oh! mon Dieu! pardonneznous.

MADAME DUMEURIER, sanglotant.

Us l’ont assassiné ! Antoine, ôtez cet habit de là, ôlez-le !

ANTOINE, froidement, toujours les bris croisés.

Ce n’est pas l’habit qu’il faut ôter, ce n’est pas l’habit.

M. DUMEURIER, au comble de la fureur;

Tas d’assassins, sortez d’ici, sortez !

M. COBARD.

Monsieur Dumeurier, ménagez vos...

Je ne ménage rien; je suis chez moi, sortez ! vous le premier, Cobard, sortez.

ANTOINE

Allons, hut, sortez.

M. COBARD.

Écoutez...

ANTOINE

Sors, carlin.

(M. Cobard et M. Godeau se sauvent.)

l’étranger, froidement.

Et moi, qui me fera sortir?

M. DUMEURIER.

Ah ! par exemple 1 moi, je te ferai sortir, moi ; sors, assassin ! lu as déshonoré le nom de royaliste; tu as trempé tes mains dans le sang de les frères en Jésus- Christ...

Dans le sang des ennemis de Dieu et du roi; il a bien fait!

(Lee deux dames poussent un cri d'horreur et se couvrent les yeux avec les mains.)

M. DUMEURIER.

Il a bien fait? et vous direz votre prière demain, monsieur Canlol? et l’âme ne vous tremblera pas?... Sortez tous, vous dis-je ! allez boire des carafes de sang, allez manger des entrailles de chrétiens:..

L'ÉTRANGER, reconnaissant Philippe assis.

Oh! ohl le voilà! voilà l’autre brigand. — Camarades, saisissez ce vieux et trainez-le dehors. (Les deux femmes se lèvent en poussant de grands cris et embrassent le vieux invalide; M. Dumeurier et Antoine, des chaises h la main, le couvrent de leur corps. Une rixe terrible s’engage. L’invalide est arraché de vive force par les volontaires, et emporté hors du salon. On entend un coup de feu dans le vesti-

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bule. L’Étranjer rentre en trient.) En voilà encore UO ! on va jeter son cadavre dans ton puits, Dumeurier.

(Antoine et M. Dumeurier donnent des soins i madame Dumeurier et k s* belle-sœur, évanouies sur le parquet, et les déposent sur le sofa. M. Canlol est assis, et paraît indifférent b ce qui se passe.)

CLAIRE, entrant.

Ah î bonne mère 1 quel jour de malheur 1 Monsieur Cantol, monsieur Cantol, venez vite à la cuisine, la vieille va mourir.

M. CANTOL, froidement.

J’y vais...

(Il sort avee Claire.)

l’étranger, frappant sur l’épaule d’Antoine.

A noùs deux, à présent, camarade ! tu m’as traité d’assassin; eh bien! regarde... Voilà deux pistolets chargés, je puis t’assassiner, et je ne le fais pas, tu vois que je suis un brave homme.

ANTOINE, d’une voix étouffée.

Brigand !

L’ÉTRANGER

À présent, tu vas sortir avec moi... Tiens, choisis... Ouel pistolet prends-tu? Nous allons nous voir de près, à six pas.

ONE NUIT DU MIDI

ANTOINE, prenant on pistolet.

C’est ce que tu as fait de mieux dans ta vie. Viens.

l’étranger.

C'est un duel à la lampe... (Il s'approche d’un guéridon, prend nne lampe, et fait signe h Antoine de prendre l’autre.) Nous y verrons clair comme ça.

ANTOINE, une lampe d’une main et le pistolet de l'autre.

Viens, brigand!

H. DUMEURIER. Il quitte un instant les deux dames et eri«.

Antoine, Antoine, ils vont t’assassiner !

ANTOINE

Impossible ! ils n’oseraient pas.

(Antoine et l'Étranger sortent : une seule lampe éclaire le salon.)

M. DUMEURIER.

Ah! voilà ma femme qui revient à elle... Marie! Marie !

MADAME DUMEURIER, d'uhe xoix sourde.

Les assassins! les assassins 1 Mon Dieu, pardonnezleur!

M. DUMEURIER.

Oh! jour de malédiction!

(On entend sur la terrasse plusieurs coups de feu.i

MADAME DUMEURIER, se lèvent.

Sainte Marie!

(Le tête pâle d' Antoine parait au niveau de la croisée.) ANTOINE, d’une voix éteinte.

Monsieur IJumeurier, monsieur Dumeurier!

M. DUMEURIER.

Antoine! Antoine!

ANTOINE, avee effort.

Priez pour moi, ils m’ont assassiné!

(La tète disparait.)

M. DUMEURIER.

Miséricorde !... (Il se laisse tomber !i côté de sa femme, en disant -.) 25 juin 1815...

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