C. A. WA1.CKENAEH
ij Corytlium , torrasqiie roqtiirat
Ausonias.
Par terras Ausonias, Virgile entend l'Italie en général, cl par Coiythum, l'Étrurie ou la Toscane en particulier. Corjlhe cloit un ancien roi d'Ktrurie. Ce passage de Virgile, et un autre du liv. X, mal interprété, ont l'ait supposer à Servius une ville et une montagne portant le nom de Corythe, qu'aucun ancien ne connoit, et qui paroisscnt n'avoir jamais existé. Par une figure hardie, Virgile met le nom du roi pour celui de la contrée qui lui étoit consacrée, et, comme l'observe Cluvcrius, Corythum est pour ici sedem Corythi, sepulcrurn sive monumentum nul incmoriam ejus; de même Silius Italiens, en parlant du passage de l'armée de Flaminius dans la Toscane, dit, lib. IV, v. 718 :
Krgo ngttur rnptis praeceps oxercitus arinis Lydorum in populos, sedrniqiie ab origine priscl Sat'rataiii Corythi.
De là les Étruricns furent appelés Coryllies, ou peuples de Corythe; et pour désigner l'Élrurie, on dit les champs de Corytite , Arva Corythi. Voyez, à ce sujet, la savante description de Cluvérius, Italia antiqua , tome 1, page Sçja ; et Dempster, De Etruria regali , lib. II, cap. 10, tome 1 ,
page l3l. c. A. WAI.CKF.NAER.
18 Scrvatiim ex undis Strophaduin me litora prlmuni Adcipiunt : Sliopliadis Graio stant nomine dictœ , Insulse lonio in magno.
Virgile, toujours exact jusque dans les plus petits détails, a soin de nous dire que les iles habitées par les Harpies ont été surnommées Strophades par les Grecs, ce qui fait entendre qu'elles avoicnt un autre nom; Apollonius de Rhodes et Pline nous apprennent qu'en effet elles se nomnioienl Plotic. Virgile dit encore irisulœ in lonio magna, pour indiquer leur situation ; et l'épithètc de magnus convient ù la fncr Ionienne , comparativement à la mer Egée et à l'Adriatique qui l'avoisinent, et qui sont beaucoup plus resserrées. L'ignorance des premiers navigateurs, qui ne savoient pas retrouver les îles déjà découvertes, et qui leur faisoit croire qu'elles avoient changé de place, avoit, chez les anciens, semé les mers d'iles flottantes. Les Strophades sont les deux iles Strivali, à vingt milles au nord-ouest du cap Konello dans la Morée. P'Ues ont été visitées par Spon : elles sont fort basses; la plus grande, qui n'a pas plus de quatre milles de circuit, est fertile, bien habitée, et abondante en sources.