‹ Ouvres complètes de J. DelilleChapitre 232 sur 391 · LIVRÉ III · texte numérisé non relu

LIVRÉ III

Ta nature éclipsée en sera plus divine.

Exilé loin de moi, dans ce lerreslre lieu,

Tu souffriras en homme, el tu vaincras en Dieu;

Le monde bénira ton anic magnanime;

Je connoîlrai mon fils à la bonté sublime;

Ton obscurité même accroîtra la splendeur,

El Ion abaissement prouvera la grandeur.

Remonté sur ton trône, entouré de tes anges,

Ta nature incarnée entendra leurs louanges;

'l'n reprendras ton sceptre , et ton hiunanité

Brillera réunie à la divinité.

Homme-Dieu, fils de l'hoinme et de Dieu loulensemlile.

Je veux que devant toi tout iléclusse et tout Iremble,

Trônes , principautés , rois , dominations.

C'est toi que j'ai nommé juge des nations :

Terrible, tu viendras; au bruit de ton tonnerre.

Tes anges voleront aux deux bouts de la terre.

Un jour, un jour viendra que , dans la majesté ,

Parmi tes chérubins en triomphe porté.

Tu jugeras le monde. A la voix solennelle.

Tes anges partiront de la voûte éternelle ;

Soudain, des quatre coins du monde épouvanté,

Tes élus accourront s'asseoir à ton côté :

Cités devant ton trône entouré de nuages,

Les vivants et les morts, tousles rangs, tous les âges,

Comparoîtront ensemble à ce grand tribunal ;

Les tombeaux entendront le terrible signal;

La mort rendra sa proie ; en un morne silence

Tous du juge suprême attendront la sentence ;

La foule des méchants rassasiera l'enfer :

Alors se fermeront ses cent portes de fer.

Les flammes, à ta voix, embraseront le monde;

Mais bientôt renaîtront, de sa cendre féconde.

Des astres plus brillants , des mondes plus parfaits;

By merit more than l)ii-tliright, Son of God :

'»" Found worthiest to be so by being good , Far more than great or liigli, because in tliee Love hath al)onndcd more than glory' abounds. Therefore thy humiliation shall exalt With tliec thy manhood also to tliis throne; Here shall thou sit incarnate, liere shall reign Both God and Man , Son both of God and Man , Aiointed universal King; all power I give ihcc; reign for over, and assume Thy merits; under thee, as bead supreme,

'*" Thrones, Princedoms, Powers, Dominions I reduce ; All knees to thee shall bow, of them that bide In heaven, or earth, or under earth in hell. When ihou, attended gloriouslv from heaven, Shalt in the sky appear, and from thee send The summoning Archangels to proclaim Thy dread tribunal : forlhwilh from all winds. The living, and forlhwilh the cited dead Of all past ages , to the general doom Shall hasten; such a peal shall rouse their sleep.

31o Then , all thy saints assembled, thou shall judge Bad men and Angels ; they, arraign'd , shall sink Beneath thy sentence : Hell, her numbers full. Thenceforth shall be for ever shut. Meanwhile The world shall burn , and from her ashes spring New heaven and earth, wherein the just shall dwell ,

Là tes élus, unis sous mes yeux satisfaits,

Tranquilles dans le port, sous un ciel sans nuages

D'une vie inquiète oublieront les orages;

El , de leurs saints travaux retrouvant le trésor.

Dans les jardins du ciel cueilleronl des fruits d'or,

L'alégiessc , la paix, et la vérité sainte;

Ton bras sera sans foudre, et tes élus sans crainte;

Dieu sera tout en tous. Vous donc, esprits divins,

Tombez aux pieds du Dieu qui meurt pour les humains;

El, dans l'éternité de son règne prospère.

Que le fils en honneur marche égal à son père. »

Il dit; et, pénétré de saints ravissements, L'Olympe entier éclate en applaudissements Bruyants comme les flots des mers tumultueuses , Et doux comme un concert de voix mélodieuses : De cris, d'accents joyeux, d'Hosariria solennels, Retentissent au loin les palais éternels; Tout tressaille d'amour, tout frémit d'alégresse; Tous saisis de respect, pleins d'une sainte ivresse, Devant le double trône et du père el du fils. Humblement inclinés, courbent leur front soumis. Déposent à leurs pieds leur couronne brillante, Où s'enlace avec l'or l'immortelle amarante. O divine amarante ! ô délices d'Éden ! Près de l'arbre de vie , en son riant jardin , Eve cueilloit tes fleurs , quand elle étoit fidèle ! L'innocence s'enfuit , tu partis avec elle. Le ciel , qui la vit naître , a repris ce trésor ; Près des sources de vie elle se plaît encor. Là , de ses frais boutons , immortelles prémices , Elle aime à couronner le fleuve de délices, Pare les immortels, ceint leurs fronts radieux, Court en riant tapis sur le parvis des cieux; Et , cachant celle mer d'or, de jaspe et d'opale ,

And, after all their tribulations long.

See golden days , fruitful of golden deeds , With joy and love triumphing, and fair truth. Then thou thv regal sceptre shall lay by,

340 fo,- regal sceptre then no more shall need, God shall be all in all. But, all ye Gods, Adore him, who to compass all this dies; Adore the Son, and honour him as Me. ><

No sooner had the' Almighty ceas'd, but all The multitude of Angels, with a shout Loud as from numbers without number, sweet As from blest voices, uttering joy, heaven rung With jubilee, and loud Hosannas fill'd The' eternal regions : lowly reverent

*'■"> Towards cither throne they bow, and to the ground With solemn adoration down they cast Theii crowns inwove with amaranth and gold; Immortal amaranth I a flower which once In paradise, fast by the tree of life. Began to bloom ; but soon for man's offence To heaven remov'd, where first it grew, there grows. And flowers aloft shading the fount of life. And where the river of bliss through midst of heaven Rolls o'er Elysian flowers her amber stream :

Mo With these that never fade the Spirits elect

Bind their resplendent locks inwrcath'd with beams ; Now in loose garlands thick thrown off, th« bright

PARADIS PERDU

Présente aux pieds divins sa pourpre virginale.

Ces Irilnils acquillés , les bri'ilaiits séraphins Onl couronné leur front, repris ces luths divins, Ces harpes en carquois à leurs cotés pendantes ; Bientôt leurs mains, glissant sur les cordes tremblantes, Préludent en cadence aux cantiques sacrés, Qui ravissent les cieux d'alégicssc enivrés. Tous chantent : chaque voix à la lyre est unie; Au séjour de la paix habite l'harmonie; Tous chaulent, et par toi commcncenl leurs concerts :

« O toi, père d'un Dieu, père de l'univers! Être indéfinissable, impérissable, immense, Qui ne commenças point, et par qui tout commence ! Terrible, et t'entouranl de nuages épais, Tes feux percent la nuit où s'enferme ton dais ; Mais, sur ton trône d'or, ta gloire inaccessible Prodigue la lumière et demeure invisible ; Ton voile, impénétrable à force de clartés. Accable de splendeur les yeux épouvantés; Et l'ange, qui n'en peut soutenir la hunicre, De son aile tremblante a voilé sa paupière : Salut, Dieu tout-puissant! » s'écrioient-ils en chœurs. De son fds, à son tour, ils chantent les grandeurs ; Ce fils, son éternelle et douce ressemblance, Dans qui seul nos regards soutiennent sa présence; Lumière tempérée où lui-même est empreint. Dans qui l'homme fragile ose aimer ce qu'il craint : « C'est par toi qu'il créa ce ciel qui l'environne ; C'est par loi que, vengeant l'affront de sa couronne. Il renversa des cieux ce peuple révolté. Dont l'orgueil aspiroil à la divinité.

Dans ce terrible jour, ministre de colère ,

Pavement, tliat like a sea of jasper shone, Impiirpled with celestial roses sinil'd.

Tlicn crown'd again , their golden harps llicy look , Harps ever tun'd, that glittering hy their side Like quivers hung , and witli preamble sweet Of charming symphony they introduce Their sacred song, and waken raptures high;

'7» No voice exempt, no voice hut well could join Melodious part : such concord is in heaven.

c< Thee, Father, first they sung, Omnipotent! Immutable, Immortal, Infinite, Eternal King; thee. Author of all being, Fountain of light, thyself invisible Amidst the glorious brightness where thou sit'st Thron'd inaccessible; but when thou shad'st The full blaze of thy beams, and, through a cloud Drawn round about thee like a radiant shrine,

•60 Dark with excessive bright thy skirts a|)|)car. Yet dazzle heaven, that brightest Seraphim Ap'^-oach not, but with both wings veil their eyes. Thee next they sung of all creation first, Begotten Son, divine Similitude, In whose conspicuous countenance, without cloud Made visible, the' Almighty Father shines. Whom else no creature can behold; on tliec Impress'd the' effulgence of his glory' abides, 'I'ransfus'd on thee his ample Spirit rests. 39" lie heaven of heavens and all the Powers therein By thee created; and by thee threw down

Ton bras n'épargna point les foudres de Ion pore , Ni son glaive divin, ni ses flèches de feux : Sous son char foudroyant tu fis trembler les cieux : Tout fuit , tout disparut; et ta roue enflammée Devant elle chassa leur insolente armée.

« 0 fils de l'Éternel, sa gloire , son amour. Quel triomphe éclatant célébra ton retour ! Par loi l'ange rebelle éprouva sa vengeance; Mais l'homme connoitra ta divine indulgence : Toi-même, ô Tout-Puissant! pardonnas son erreur; Tu signalas ta grace, et non ton bras vengeur : Poin- l'homme , qu'égara l'infernale malice , Ton fils, ton digne fils attendrit ta justice; Entre elle et la pitié ton pouvoir hésita ; Ton fils parla pour lui, la pitié l'emporta. Oui, ta grandeur vouloit une grande victime; Mais qui peut égaler son dévouement sublime? Un Dieu rachète l'homme , et son cœur généreux A consolé la lene et satisfait aux cieux. O bouté (|ue le ciel avec respect contemple ! Bonté , dont un Dieu seul a pu donner l'exemple ! Salut , enfant de Dieu , sauveur du genre humain ! Pour toi nos harpes d'or chantent l'hymne sans fin. Tant que j'habiterai ton divin sanctuaire, Je chanterai le fils, je bénirai le père; Les cieux me répondront , et vos noms adorés Jamais dans mes concerts ne seront séparés. »

C'est ainsi qu'au sommet des brillantes demeures Dans le ravissement couloient leurs douces heures. Sous leurs pieds, de ce monde en voûtes arrondi, Le contour spacieux , par son cintre hardi , Séparoit le chaos des sphères éclatantes ,

The' aspiring Dominations : thou that day Thy Father's dreadful thunder didst not spare, Nor stop thy flaming chariot-wheels; that shook Heaven's everlasting frame, while o'er the necks Thou drov'st of warring Angels disarray'd.

« Back from pursuit, thy Powers with loud acclaim Thee only extoll'd. Son of thy Father's might, To execute fierce vengeance on his foes, 400 Not so on Man : Ilim, through their malice fall'n. Father of mercy and grace, thou didst not doom So strictly, but much more to pity' incline : No sooner did thy dear and only Son Perceive thee purpos'd not to doom frail Man So strictly, but much more to pity' inclin'd. He to appease thy wrath , and end the strife Of mercy and justice in thy face discern'd. Regardless of the bliss wherein he sat Second to thee, offer'd himself to die 410 For Man's offence. O unexampled love!

Love no where to be found less than divine! Hail, Son of God! Saviour of men! Thy name Shall be the copious matter of my song Henceforth , and never shall my harp thy praise Forget, nor from thy Father's praise disjoin. »

Thus they in Heaven, above the starry sphere. Their liappy hours in joy and hymning spent. Meanwhile, upon the firm opacous globe Of this round world , whose first convex divides 4' The luminous iuleiior orbs, cnclos'd

LIVKE III.

Sous le vasle empyrée incessanimeul errantes. Sa(an touche ses boi'ds; comme un poiul globuleux, De loin un monde obscur se monlroit à ses yeux : Maintenant il décourre un conlinent immense, Sombre, inculte, et plongé dans un vaste silence, Que menacent de près et la profonde nuit, Et du triste chaos répouvaulai)le bruit ; Tandis qu'à l'autre bord règne une clané pure , Dont un léger reflet descend dans l'ombre obscure. De ces vastes déserts, frontières du chaos. Où les combats des vents , de la flamme et des flots , L'environnent encor de leur bruyant orage , L'archange parcouroil l'aridité sauvage.

Tel un de ces vautours , avides nourrissons Des rochers d'Iinaiis , qui de ses vieux glaçons Oppose la barrière aux courses du Tartare , Loin d'un sol indigent, et de butin avare, Part , vole aux prés fleuris , aux superbes troupeaux Que l'Hydaspe ou le Gange abreuvent de leurs eaux ; Mais, souvent fatigué du pénible voyage, Il descend, il s'abat sur quelque aride plage, Aux chan)ps de Séricane , en ces sables mouvants Où le Chinois, habile à maîtriser les vents. Fait douter, sur son char que la voile seconde , S'il roule sur la terre , ou s'il vogue sur l'onde : Ainsi l'archange, errant dans ce vaste séjour, Va, vient, monte, descend, redescend tour-à-tour; Son avide regard cherche par-tout sa proie : Par-tout un vide immense à ses yeux se déploie ; Pas un être vivant , un être inanimé.

Mais un monde nouveau dans ces lieux s'est formé : Depuis qu'un fol orgueil eut égaré les hommes. Là, dans l'air exhalé du séjour où nous sommes.

From Chaos, and tho in rnad of Darkness old, Satan aliglitcd walks : a globe far off It secm'd, now seems a boundless continent Dark, waste, and wild, under the frown of INight Starless expos'd, and ever-threatening storms Of Chaos l)lusie.-ing round, inclemenl skv; Save on thai side which from the wall of fieaven, Though distant (ar, some small redcction gains Of glimmering air, less vex'd with tempest loud :

♦3o Here walk'd the Fiend at large in spacious field. As when a vulture on luiaus bred, Whose snowv ridge the roving Tartar bounds, Dislodging from a region scarce of prey, To gorge the flesh of lambs or vcanling kids. On hills where (locks arc fed, flits toward the springs Of Ganges or Hydaspes, Indian streams; But in his way lights on the barren plains Of Scricana, where Chinoses drive With sails and wind their cany waggons light:

**" So, on this windy sea of land, the Fiend

Walk'd up and down alone, bent on his prey : Alone, for other creature in this place. Living or lifeless, to be found was none.

None yet; but store hereafter from the earth Up hiltier like aerial vapours flew Of all things transitory' and vain, when sin With vanity had fill'd the works of men; fioth »U things vain, and all who in vain things

Les chimériques vœux el les rêves trompeurs

Montent iucessannnent en subtiles vapeurs;

Tout ce que la nature, alors qu'elle s'égare.

Produit de monstrueux, d'imparfait, de bizarre,

Assemblage fragile , ouvrages passagers ,

Arrivent dans ces lieux en nuages légers :

Là, ceux qui, dans ce monde, ou pour une autre vie,

D'un bonheur fantastique ont rêvé la folie ,

Qui, brûlant d'un faux zèle, épris d'un nom fameux,

De tous ces riens brillants et passagers comme eux,

Que desire l'orgueil, que le hasard dispense,

Tains, eurent ici-bas leur vaine récompense.

Retrouvent en ces lieux leurs frivoles plaisirs ,

Leurs projets insensés, leurs stériles désirs.

Vous-même en ce séjour vous avez votre place,

O vous qui dans Sennar construisîtes la masse

De cette folle lour qui menaçoit les cieux ,

D'un impuissant orgueil ouvrage audacieux !

Si quelque être réel ici pouvoit éclore,

Ces vains fabricateurs le tenteroient encore.

Là sont ces insensés, dupes d'un fol espoir,

Les jouets de l'orgueil , les martyrs du savoir ;

Ce fou , qui de l'Etna , dont il fui la victime ,

Courut, en s'y plongeant, interroger 1 abîme ;

El loi , qui de Platon allas chercher les cieux ,

El payas de tes jours ce désir curieux.

Plus loin sont ces mortels dont la lêle féconde

Chaque jour en idée enfante un meilleur monde.

Le fantastique ouvrage à peine est commencé,

Le vent souffle, il abat l'édifice insensé;

Dans l'air s'évanouit le monde imaginaire.

Mais bientôt, de Platon poursuivant la chimère.

L'infatigable orgueil redouble ses travaux ,

Built their fond hopes of glory' or lasting fame, 4^0 Or happiness in this or the' olhcr life;

All who have ihc'r reward on earth, the fruits

Of painful superstition and blind zeal,

ISoughl seeking, but the praise of men, here find

Fit rciribution, empty as their deeds;

All the' unacconiplish'd works of Nature's hand.

Abortive, monstrous, or unkindly mix'd,

Dissolv'd on earth, ileet hilher, and in vain.

Till final dissolution, wander here;

Not in the neighbouring moon, as some have drcam'd; i^ Those argent (ields more likely habitants.

Translated Saints, or middle SpiriUs hold

Betwi\t the' angelical and human kind.

Hither of ill-join'd sons and daughters born

First from the ancient world those giants came

With many a vain exploit, though then renown'd ;

The builders next of Babel on the plain

Of Scnnaar, and still with vain design.

New Babels, had they wherewithal, would build:

Others ctme single; he, who to be decm'd *7o A god, leap'd fondly into Jîtna flames,

Empedoeles; and he, who, to enjoy

Plato's Elysium, leap'd into the sea,

Cleombrotus; and many more too long.

Embryos and idiots, eremites and friars

White, black, and gray, with all their trumpery.

Here pilgrims roam , that stray'd so far to seek

PARADIS PERDU

Et sur des plans déliuils bâtit des plans nouveaux : De SCS foibles réseaux ainsi l'insecte agile Reprend les fils rompus et la trame fragile. Vains efforts ! au milieu des clameurs et des ris , Ils vont se débattant à travers des débris : D'un rêve ambitieux trop juste récompense ! Un autre, nourrissant sou avare espérance, Veille près d'un creuset, et, couvant son trésor. Demande qu'un plomb vil se convertisse en or ; Mais bientôt, trahissant son attente affamée. Le perfide métal s'évapore en fumée. D'autres vont étalant un luxe ambitieux, De superbes jardins, des marbres précieux ; Mais autour d'eux ( ainsi le veut la Providence ) Tout est désert : par-tout règne un profond silence ; Sous leurs lambris dorés languit le triste Orgueil ;

L'indifférent Oubli seul en garde le seuil ;

El la nymphe aux cent voix, pour eux seuls plus discrète ,

Passe, les yeux fermés, et baissant sa Irompcttc.

Bientôt dans leur palais l'ennui vient les saisir ;

Et , comme sans témoins , leur luxe est sans plaisir.

Enfin, tous de leurs noms veulent laisser la trace :

Le sable les reçoit, et le vent les efface. Dans ce vaste séjour erroil l'ange infernal ,

Lorsqu'à travers la nuit , du rayon malinal

La timide lueur à ses yeux se pn'jsentc.

Il dirige ses pas vers la clarté naissante :

Tout-à-coup à ses yeux, par l'aurore éclairés,

Se découvrent de loin d'innombrables degrés,

Des célestes palais escalier magnifique.

Au-dessus s'élevoit un superbe portique

Qui défie en grandeur tout le luxe des rois :

lu Golgotha liim dead, who lives in Heaven; And ihey, who to be sure of Paradise, Dying, put on the weeds of Doininick, 480 Or in Franciscan think to pass disgiiis'd;

They pass the planets seven, and pass the fix'd. And that crystalline sphere whose balance weighs The irepidation talk'd, and that first mov'd; And now Saint Peter at Heaven's wicket seems To wait them with his keys, and now at foot Of Heaven's ascent they hft their feet, when io ! A violent cross wind from either coast Blows them transverse , ten thousand leagues awry Into the devious air; then might ye see 490 Cowls, hoods, and habits, with tlieir wearers, tost And fintter'd into rags; then reliques, beads, Indulgences, dispenses, pardons, hulls, The sport of winds : all these, upwhirl'd aloft. Fly o'er the back side of the world far off. Into a Limbo large and broad , since call'd The Paradise of Fools; to few unknown Long after, now unpeojiled and untrod.

All this dark globe the Fiend found as he pass'd,

And long he wander'd , till at last a gleam soo Of dawning light turn'd thither-ward in haste

His travell'd steps : far distant he descries

Ascending by degrees magnificent

lip to the wall of Heaven a structure high ;

At lo|) whereof, but far more ricii , appear'd

'I'hc work as of a kingly palace-gate ,

L'or et le diamant y brillent à-la-fois ;

De cailloux précieux le portail étincelle ;

Nul pinceau ne sauroit en tracer le modèle :

Moins brillante autrefois vous nionliez vers les deux ,

Échelle de Jacob, degrés mystérieux,

Où son œil croyoit voir, des demeures des anges,

Descendre et remonter les célestes phalanges,

Quand, frappe tout-à-coup de ce rêve étonnant,

Les regards éblouis et le front rayonnant.

Il s'écria : « Je vois les portes éternelles ! »

Quelquefois, rappelée aux voûtes immortelles.

L'échelle disparoit : une mer de clarté.

Et de nacre liquide, et d'albâtre argenté,

Roule au-dessous des flots d'une onde éblouissante.

Sur cette vaste mer, au loin resplendissante.

Les élus sont portés , de ce terrestre lieu ,

Entre les bras d'un ange, ou sur un char de feu.

Alors, dans tout l'éclat de sa magnificence, Descendoit suspendu cet escalier immense, Soit pour braver Satan, soit afin que son cœur Sentit plus vivement la perte du bonheur : A ce riche portail de la céleste voûte Répondoit une longue cl spacieuse roule Qui, des hauteurs du ciel, touche au riant Éden, De nos premiers parents délicieux jardin, El de ce beau séjour mène au reste du monde. De ce vaste chemin l'ouverture profonde Surpassoit en largeur ce passage sacré, Qui, des mains de Dieu même aux anges préparé, Dcscendoil de son trône à la montagne sainte Par qui ce Dieu, du haut de la divine enceinte, Envoyoit à Juda les messages des cieux ;

With frontispiece of diamond and gold Embcllish'd; thick with sparkling orient gems The portal shone, inimitable on earth P,v model, or by shading pencil, drawn.

5io The stairs were such, as whereon Jacob saw Angels ascending and descending, bands 01 guardians bright, when he from Esau fled To Padan-Aram , in the field of Luz, Dreaming by night under the open sky.

And waking cried : This is the gate of Heaven ! Each stair mysteriously was meant, nor stood There always, but drawn up to Heaven sometimes Viewless; and underneath a bright sea flow'd. Of jasper, or of liquid pearl, whereon

520 Who after came from earth, sailing arriv'd. Wafted by Angels , or flew o'er the lake Rapt in a chariot drawn by fiery steeds.

The stairs were then let down, whether to dan; The Fiend by easy' ascent, or aggravate His sad exclusion from the doors of bliss : Direct against which open'd from beneath , Just o'er the blissful scat of Paradise, A passage down to the' Earth , a passage wide , Wider by far than that of after-times

53o Over mount Sion, and, though that were large. Over the Promis'd Land, to God so dear; By which, to visit oft those happy tribes, On high behests his Angels to and fro Pass'd frequent, and his eye with choice regard

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