LIVRE IV
3il
H la remplit de fleurs, il la garnit de cire, El conserve en dépôt, pour ces sages emplois. Un suc plus onctueux ^ quo la gomme des bois.
Souvent même on les voit s'établir sous la terre, Habiter de vieux troncs , se loger dans la pierre. Joins ton art à leurs soins; que leurs toils entr'ouveris Soient cimentés d'argile , et de i'euilles couverts.
De tout ce qui leur miit garantis leur hospice : Loin de là sur le feu 4 fais rougir l'écrevisse ; Défends à l'if impur ^ d'omijrager leur maison ; Crains les profondes eaux , crains l'odeur du limon , Et la roche sonore, où l'Echo qui sommeille Répond, en l'imitant, à la voix qui l'éveille.
Mais le printemps renaît ; de l'empire de l'air Le soleil triomphant précipite l'hiver.
Et le voile est levé qui couvroit la nature : Aussitôt , s'échap[wnt de sa demeure obscure , L'abeille prend l'essor, parcourt les arbrisseaux; Elle suce les fleurs, rase, en volant, les eaux. C'est de ces doux tributs de la terre et de l'onde Qu'elle revient nourrir sa famille féconde , Qu'elle forme une cire aussi pure que l'or, Et pétrit de son miel le liquide trésor.
Bientôt abandonnant 6 les ruches malernelles , Ce peuple , au gré des vents qui secondent ses ailes , Fend les vagues de l'air, et sous un ciel d'azur S'avance lentement, tel qu'un nuage obscur: Suis sa roule ; il ira sur le prochain rivage Chercher une onde pure et des toits de feuiJlage ; Fais broyer 7 en ces lieux la mélisse ou le thym; De Cybèle à l'entour fais retentir l'airain : Le bruit qui l'épouvante, et l'odeur qui l'appelle,
i" Expiant, collectumque hœc ipsa ad luunera gluten Et visco et Phrygiae servant picc lentius Ux.
Sœpe etiam etl'ossis, si vera est fania, latebris Sub terra fovcre larcin, peuitusquc repertœ Puraicibusque cavis, cxesaïquc arboris autre. Tu tamen e levi riinosa cubilia liino Unge fovens circura, et raras super iujice frondes.
Neu propius tectis taxura sine, neve rubentes lire foco caucros; altœ ncu credo pabidi, Aut ubi odor cœni gravis, aut ubi eoncava pulsu
5" Saxa sonant, vocisque offensa résultat imago.
Quod superest, ubi pulsani hiemcm sol aureus cgit Sub terras, cœlumque œstiva luce reclusit, lliae coatinuo saltus silvasque perugraiit, Purpurcosque metunt flores, et fiumina libaiit Summa loves. liinc nescio qua dulcedinc l;ct;e Progeniem nidosque fovent; bine arte rcecnlcs Excudunt ccras, et mella tenacia fingunt.
nine, ubi jam emissum caveis ad sidéra cœli Nare per sestatem liquidam suspexeris agmcn,
^^ Obscuramque trahi vento roirabere nubera , CoDtemplator; aquas dulccs et fiondca semper Tecta pctunt ; hue tu jussos adsperge saporcs, Trila inelisphylla , et cerinthœ ignobile granieo; Tinnitusque cie, et Matris quate cymbala circum. Ipsae consident raedicatis scdibus; ipsae Intima more sno sese in cunabula condent.
Sin autem ad pugnam exicrint (nam s;rpc duobns Uegibus inccssit magne discordia motu),
L'avertissent d'entrer dans sa maison nouvelle.
Mais lorsque entre deux rois 8 l'ardente ambition Allume les flambeaux de la division, Sans peine l'on prévoit leurs discordes naissantes : Un bruit guerrier s'élève, el leurs voix menaçantes Imitent du clairon les sons entrecoupés. Les eomballants épars déjà sont attroupés, Déjà brûlent de vaincre, ou de mourir fidèles; Ils aiguisent leurs dards , ils agitent leurs ailes , Et , rangés près du roi , défiant son rival , Par des cris belliqueux demandent le signal. Dans un beau jour d'été soudain la charge sonne : Ils s'élancent du camp, et le combat se donne : L'air au loin retentit du choc des bataillons; Le globe ailé s'agite, et roule en tourbillons; Précipité des cieux , plus d'un héros succombe : Ainsi pleuvent les glands, ainsi la grêle lomlje. A leur riche parure, à leurs brillants exploits, Au fort de la mêlée on distingue les rois; Ils pressent le soldat, ils échauffent sa rage. Et dans un foible corps s'allume un grand courage 9 : Mais tout ce fier courroux, tout ce grand mouvement, Qu'on jette un peu de sable, il cesse en un moment.
Quand les rois ont quitté les plaines de Bellone, Donne au vaincu la mort , an vainqueur la couronne. Aisément on connoît le plus vaillant des deux : De sa tunique d'or l'un éblouit les yeux; L'autre, à regret montrant sa figure hideuse, Traîne d'un ventre épais la masse paresseuse.
Il faut , comme les rois '" , distinguer les sujets • Les uns n'offrent aux yeu.x que d'informes objets; Leur couleur est pareille à la poussière humide
Conlinuoque animos vulgi et trepidantia bello 7° Corda licet longe prœscisccre : namque nioranles Martins ille a;ris rauci canor incrcpat, et vox Auditur fraclos sonltus imitata tubarum.
Tum trepidœ inter se cocunt, pennisque cornscant, Spiculaque exacuunt roslris , aptantque laccrtos , Et circa regcm atqtie ipsa ad praetoria densae Miscentur, magnisque vocant clamoribus hoslcm. Ergo, ubi ver nacta; sudum camposque patentes, Eruropunt portis ; concurritur; sethere in alto Fit sonitus, magnum raixtœ glomerantur in orbem, 8P Prœcipitesque cadunt. Non densior acre grando , Nec de concussa tantum pluit ilice glandis. Ipsi per médias acies, insiguibus alis.
Ingénies animos angusto in pectore versant, Usque adeo obnixi non ccdere, dum gravis aut hos Aut bos versa fuga victor dare terga subegit. Hi motus animorum, ntque hsec certamina tanta Pulveris exigui jactu compressa quiescent.
Verum ubi ductores acle rcvocaveris ambo, Deterior qui visus, eura , ne prodigus obsit, 9® Dede neci : melior vacua sine regnet in aula. Alter erit maculis atiro squalentibus ardens; Nam duo sunt genera; hic melior, insignis et ore. Et rutilis clarus sqnamis : ille horridus alter Desidia, lataraque tiahcns inglorius alvnm.
Ct bina; rcgura l'acics, ita corpora plcbis : Namque aliae turpcs horrent, ecu pulvcre ab alto Quum venit, et sicco tcrrara spuit ore viator
LES GÉORGIQUES
Que chasse uii voyageur de sou gosier aride : Les autres sont polis, et luisants, et dores, El d'un brillant émail richement colorés. Préfère cette race : elle seule, en automne, T'enrichiia du suc des fleurs qu'elle moissonne; Elle seule, au printemps, te distille un miel pur, Qui domple l'àprelé " d'un vin fougueux et dur.
Cependant si ce peuple, en sou liumeur volage, Quitloil ses ateliers, suspeudoit sou ouvrage, Sans peine on le rappelle à ses premiers emplois. Arrache ' ^ seulement les ailes de ses rois ; Quels sujets oseront, quand leur chef est tranquille, Abandonner leur posie et déserter la ville?
Toi-même, pour fixer leurs folâtres humeurs. Parfume les jardins des plus douces odeurs; Ombrage de pins verts les dômes qu'ils habitent; Que les vapeurs du thym au travail les invitent; Que Priape '3, en ces lieux, écarte avec sa faux Et la main des voleurs et le bec des oiseaux; l'"ais-y naître des fi'uils, fais-y croître des plantes, Et verse aux tendres fleurs des eaux rafraichissanics.
Si mon vaisseau '4, long-temps égaré loin du bord. Ne se hàloit enfin de regagner le port, Peut-être je peiudrois les lieux chéris de Flore; Le narcisse '^ en mes vers s'empresseroit d'éclore; Les roses '6 m'ouvriroient leurs calices brillants; Le tortueux concombre arrondiroit ses flancs; Du persil toujours vert, des pâles chicorées, Ma muse abreuveroit les tiges altérées; Je courberois '7 le lierre et l'acanthe en berceaux; Et le myrte amoureux ombrageroit les eaux.
Aux lieux où le Galèse "", en des plaines fécondes, Parmi les blonds épis roule ses noires ondes. J'ai vu, je m'en souviens, ini vieillard fortuné,
Aridus; cluccnt aliœ, et fulgore c&niscant Ardentes auro, et paiibus lita corpora gutlis. «oo Ha>c potior sobolcs : hinc cœli tempore certo
Dulcia mella prcraes, nec tantum duicia, quantum Et liquida, et durum Bacclii doraitura sapoi-em.
At quum incerta volant, cœloque examina ludunt, Contemnuntquc favos , et frigida tecta relinquunt, Instabiles auiinos ludo probibebis inani. ISec magnus prohibere labor. Tu regibus atas Eripe : non illis quisquam cunctantibus altum Ire iter, aut castris audebit vellerc signa. Invitent croceis halantes floribus borti, '10 Et eustos furum atque avium cura falce saligna Hellespontiaci scrvct tutela Priapi.
Ipse thyraum pinosque ferens de monlibus altis Tecta serat late circum, cui talia cura;; Ipse labore manura duro terat; ipse fcraees Figat humo plantas, et amicos irrigct irabres.
Atque equidem, extremo ni jara sub fine laborum Vela traliara, et terris festinem advcrtere proram, Forsilan et plngues hortos qux cura colendi Ornaret, canerem, bifcrique rosaria Picsli; «=o Quoque modo polis gauderent intyba rivis. Et virides apio ripa; , tortusque per herbam Cresceret in ventrera eucumis; nec sera comantem Narcissum, aut flexi tacuissem viraeu acautbi, Pallentesque hederas, et amantes litora myrtos.
Possesseur d'un terrain long-lemps abandonné. C'étoit un sol ingrat, rebelle à la culture, Qui n'offroit aux troupeaux qu'une aride verdure, Ennemi des raisins , et funeste aux moissons : Toutefois, en ces lieux hérissés de buissons, Un parterre de fleurs, quelques plantes heureuses Qu'élevoient avec soin ses mains laborieuses. Un jardin, un verger, dociles à ses lois, Lui donnoient le bonheur, qui s'enfuit loin des rois. Le soir, des simples mets que ce lieu voyoit naître. Ses mains chargeoient, sans frais, une table champêtre; Il cueilloit le premier les roses du printemps. Le premier, de l'automne amassoit les présents; Et lorsque autour de lui, déchaîné sur la terre, L'hiver impétueux brisoil encor la pierre. D'un frein de glace encore encbaînoit les ruisseaux. Lui déjà de l'acanthe '9 émondoit les. rameaux; Et, du printemps tardif accusant la paresse, Prévenoit les zéphyrs, et hâloil sa richesse. Chez lui le vert tilleul lempéroit les chaleurs; Le sapin *" pour l'abeille y distilloil ses pleurs : Aussi, dès le printemps, toujours prêts à renaître, D'innombrables essaims enrichissoient leur maître; Il pressoit le premier ses rayons toujours pleins. Et le miel le plus pur écumoit sous ses mains. Jamais Flore chez lui n'osa tromper Pomone : Chacpie fleur du printemps éloit un fruit d'automne. Il savoit aligner ", pour le plaisir des yeux. Des poiriers déjà forts, des ormes déjà vieux, Et des pruniers greffés , et des platanes sombres Qui déjà recevoienl les buveurs sous leurs ombres. Mais d'autres chanteront les trésors des jardins : Le temps fuit; je revole aux travaux des essaims. Jadis parmi les sons des cymbales bruyantes ,
Namque sub OEbalise memini me turribus arcis, Qua niger humectât flaventia culta Galesus, Corvcium vidisse senem , cui pauca relicti Jugera ruris erant : nec fertilis illa juvencis, IS'ec pecori opportuna seges, nec commoda Baccho. i3o Hic rarum tamen in dumis dus, albaque circum Lilia, verbcnasque premens, vescumque papaver, Regum icquabat opes aniniis, seraque revertens Nocte domura dapibus mensas onerabat inemptis. Primus vere rosam atque aucturano carpere poraa; Et quum tristis hicms etiamnum frigore saxa Runiperet, et glacie cursus frœnarct aquarum, lUe comam mollis jam turn tondebat acanthi, jEstatem incrcpitans seram , Zephyrosque morantes. Ergo apibus fetis idem atque examine multo
>4o Primus abundare, et spumantia cogère pressis Mella favis : illi tilite, atque uberrima piniis; Quoique in flore novo porais se fertilis arbos Induerat, totidcra auclumno malura lenebat. nie eliam seras in versnm distulit ulmos, Ediiramquc pyrum, et spinos jam pruna ferentes, Jamque ministranlcm platanum polantibus umbras. Verum ha'c ipse equidem spatiis cxclusus iniquis Praetereo, alque aliis post me memoranda relinquo. Nunc age, naluras apibus quas Jupiter ipse
>5o Addidit, expediam; pro qua mercede, canoros Curelum souitus crepilantiaque sera secuta; ,
fi'abeille , secondant les soins des Corybantes , Nourrit dans son berceau le jeune roi du ciel : Son admirable instinct fut le prix de son miel.
Chez elle, les sujets unissent leurs fortunes; Les enfants sont communs , les richesses communes : Elle bâtit des murs, obéit à des lois, Et prévoit aux temps chauds les besoins des temps froids. L'une 22 s'en va des Heurs dépouiller le calice; L'autre, d'un suc brillant et des pleurs du narcisse Pétrit 23 les fondements de ses murs réjjuliers, Et d'un rempart de cire entoure ses foyers; L'autre ^4 forme un miel pur d'une essence choisie, Et comble ses celliers de sa douce ambroisie ; L'autre 25 élève à l'élat des enfants précieux : Celles-ci tour-à-tour vont observer les cieux; Plusieurs font sentinelle, et veillent à la porte; Plusieurs vont i-ecevoir les fardeaux qu on apporte; D'aulres livrent la guerre au frelon dévorant : Tout s'empresse; par-tout coule un miel odorant.
Tels les fils de Vulcain, dans les flancs de la terre. Se hâtent à l'envi de forger le tonnerre : L'un, tour-à-tour, enferme et déchahie les vents; L'autre plonge l'acier dans les flots frémissants; L'autre du fer rougi tourne la masse ardente : L'Etna tremblant gémit sous l'enclume pesante; Et leurs bras vigoureux lèvent de lourds marteaux, Qui tombent en cadence et domptent les métaux.
Tels, aux petits objets si les grands se comparent, En des corps différents 26 les essaims se séparent. La vieillesse d'abord préside aux bâtiments , Dessine des remparts les longs compartiments,
Dictaeo cœli regem pavere sub antro.
Solae commuues uatos, consortia tecta Urbis habent, magnisque agitant sub legibus xvum, Et patriam solac et certos novcrc pénates; Venturseque hieinis njciuores a;state laborem Experiunlur, et in medium quccsita reponunt. IS'amque ali» victu invigilant, et fœdcre pacto Exercentur agris : pars intra septa doinorum
iCo Narcissi lacrimam, et lentum de coitite gluten. Prima favis ponuut fundamina; deinde tenaces Suspendunt ceras : aliêe, spem geniis, adultos Educunt fetus : aliae purissima mella Stipant, et liquido distendunt nectarc cellas. Sunt, quibus ad portas cecidit custodia sorti; Inque vicem speculantur aquas et nubila cœli ; Aut onera accipiunt venientura , aut agmine facto Iguavum fucos pecus a pracsepibus arceut. Fervet opus, redolentque th\nio fragrantia mella.
'7° Ac veluti lentis Cyclopes fulmina massis Quum properant, alii taurinis follibus auras Accipiunt redduntque; alii stiidcntia tingunt jEra lacu; gémit impositis incudibus jEtna. Uli inter sese magna vi biacliia tollunt 1q numcrum, versaotque tenaci foicipe ferrum. Non aliter, si parva licet componere magnis , Cecropias innatus apes amor urgct babendi , Munere quamque suo. Grandœvis oppida curne. Et munire favos, et Daedula lingere tecta :
•''•' At lesss multa referunt se nocte minores.
Crura thymo plenae; pascuntur et arbuta passim,
La jeunesse , des murs abandonnant l'enceinte , Sur le safran vermeil 27 , sur la sondjre hyacinthe, Sur les tilleuls fleuris enlève sou bulin, Moissonne la lavande et dépouille le thym.
On les voit s'occuper 28^ se délasser ensemble. L'aurore luit, tout pari; la nuit vient, lout s'assemble; L'espoir d'un doux repos les invite au retour; On s'empresse à la porte, on bourdonne à l'enlour; Dans sou alcôve enfin chacune se cantonne : ~ Plus de bruit ; tout ce peuple au sommeil s'abandonne.
L'air est-il orageux et le vent incertain ? Il ne hasarde point de voyage lointain : A l'abri des remparts de sa cité tranquille. Il va puiser une onde à ses travaux utile; El souvent dans son vol, tel qu'un nocher prudent, Lesté d'un grain de sable 29, il aflroule le vent.
Ses enfants sont nombreux ; cependant , ô merveille . L'hymen ^° est inconnu de la pudique abeille ; Ignorant ses plaisirs ainsi que ses douleurs. Elle adopte des vers éclos du sein des ileurs , De jeunes citoyens repeuple son empire, El place un roi nouveau dans ses palais de cire ; Aussi , quoique le sort , avare de ses jours , Au seplième printemps en termine le cours, Sa race esl immortelle ; et , sous de nouveaux maîtres , D'innombrables enfants remplacent leurs ancêtres.
Plus d'une fois aussi , sur des cailloux tranchanis Elle brise son aile en parcourant les chamjis , El meurt sous son fardeau, volonlaire victime : Tant du miel et des fleurs le noble amour l'anime*
Quel peuple de l'Asie 3i honore autant son roi 'f
Et glaucas salices, casiamque, crocumque rubentcm, Et pinguem tiliam, et ferrugineos hyacinthos.
Omnibus una quics opcrum, labor omnibus unus. Mane ruunt portis, uusqiiam mora; rursus easdem Vesper ubi e pastu tandem decedere campis Admonuit, tum tecta petunt, tum corpora curant. Fit sonitus, mussantquc oras et limina ciicum. Post, ubi jam thalamis se composucre, siletur *9° In Doctem , l'essosque sopor suus occupât artus.
Nec vero a stabulis pluvia impendente recedunl Lougius, aut credunt cœlo, adventantibus Euris : Sed circura tutœ sub mœuibus urbis aquantur, Excursusque breves tentant, et saepe lapillos, Lit cymba; instabiles iluctu jactante saburram, Tollunt; bis sese per inaiiia nubila librant.
lUum adeo placuisse apibus mirabere morem , Quod nec concubitu indulgent, nec corpora segues In Venerem solvunt, aut fetus nixibus cdunt; 200 Verum ipsae c l'oliis natos et suavibus berbis Ore leguut; ipsae rcgcm parvosque Quirites Sulficiuut, aulasque et ccrea régna refingunt. Ergo ipsas quamvis angusti terminus aevi Excipiat, neque enim plus septima ducilur aestas; At genus immortale manct, multosque per annos Stat lortuna dumus, et avi numerantur avorutn.
Ssepe etiam duris errando in colibus alas Attrivere , ullroque animam sub fasce dcdcre. Tantus amor florum , et gcnerandi gloria mellis .' 2'o Prseterea regem non sic .-Egyplus , et ingens
Lydia, nec populi Partborura, aut Medus Hydaspes
:Wi
Tandis qu'il est vivant, tout suit la même loi : Est-il mort ? ce n'est plus que discorde civile ; . On pille les trésors, on démolit la ville : C'est l'ame des sujets, l'objet de leur amour ; Ils entourent son trône, et composent sa cour, L'escortent au combat, le porlent sur leurs ailes. Et meurent noblement pour venger ses querelles.
Frappés de ces grands trails , des sages ont pensé Qu'un céleste rayon dans leur sein fut versé. Dieu remplit, disent-ils, le ciel, la terre, et l'onde; Dieu circule par-tout, et sou ame féconde A tous les animaux prèle un souffle léger : Aucun ne doit périr, mais tous doivent changer; Et, retournant aux cieux en globe de lumière, Vont rejoindre leur èlre à la masse première.
Enfin 3a vcux-lu ravir leur nectar écumant ? Devant leur magasin porte un tison fumant , Et qu'une onde échauffée en roulant dans la bouche Pleuve, pour l'écarter, sur l'inscrle farouche. L'abeille est implacable en sou inimitié , Attaque sans frayeur, se venge sans pilic, Sur l'ennemi blessé s'acharne avec furie. Et laisse dans la plaie 33 et son dard et sa vie.
Deux fois d'un miel doré ses rayons sont remplis, Deux fois ces dons heureux tous les ans sont cueillis , Et lorsque abandonnant l'humide sein de l'onde Taygète 34 monte aux cieux pour éclairer le monde , Et lorsque cette nymphe 35 ^ au retour des hivers. Redescend tristement dans le gouffre des mers.
Toutefois, si l'hiver 36, alarmant ta prudence, Te fait de tes essaims craindre la décadence.
Observant. Rege incolumi mens omnibus uua est : Ainlsso rupere tidciii, constructaque mella Diripuerc ipsae, et crates solvere favorura. 111e operum custos; illuiu admirantur, et omncs Circumstant fremitu deiiso , stipantque frequeutes ; Et saepe atlollunt huraeris, et corpora bello Objectant, pulchraraque petirat per vulnera mortem. His quidam signis, atque hœc excmpla secuti, '»o Esse apibus partem divinae mentis et haustus jEtherios dixere : deum namque ire per omnes Terrasque, tractusque maris, cœlumque profundum; Hinc pecudes, armenta, viros, genus omne ferarum, Quemque sibi tenues nascentcm areesscre vitas. Scilicet hue reddi deinde ac resoluta referri Omnia; nec morti esse locum, sed viva volare Sideris in nuraerum, atque alto succedere cœlo. Si quando sedem angustara servataque melia Thesauris relines, prius baustus sparsus aquarum 23o Ore fove, fumosque manu praetende seqnaces. lllis ira modum supra est, laîsœque veuenum Morsibus inspirant, et spicula coeca relinquunt Affixae venis, animasque in vulnere ponunt.
Bis gravidos cogunt fetus, duo tempora raessis; Tav"ete simul os terris ostendit bonestum Plias, et Oceani spretos pede reppulit amnes; Aut eadem sidus fugiens ubi Piscis aqnosi Tristior bibernas cœlo descendit in undas.
Sin duram metaes biemem, parcesque future, aw Contusosque animos et res miserabere fractas; At suflire thymo, cerasque recidere ioanes,
LES GÊORGIQUES.
Épargne leurs trésors dans ces temps malheureux ,
Et n'en exige point un tribut rigoureux ; Mais parfume leurs toits, et prends les rayons vides Dont viennent se nourrir leurs ennemis avides. La chenille 3; en rampant gagne leur pavillon; Le louj-d frelon 38 se rit de leur foible aiguillon; Le lézard de leur miel se nourrit en silence; Leur travail de la guêpe engraisse l'indolence ; Des cloportes sans nombre assiègent leurs palais ; Et l'impure araignée y suspend ses filets. Mais plus on les épuise, et plus leur diligence De l'élal appauvri répare l'indigence.
Comme nous cependant 39 ces foibles animaux Éprouvent la doideur et connoissent les maux ; Des symptômes certains toujours en avertissent : Leur corps est décharné , leurs couleurs se flétrissent ; Ou les voit dans leurs murs languir emprisonnés , Ou bien suspendre au seuil leurs essaims enchaînés ; Tantôt leur troupe en deuil autour de ses murailles Accompague des niorls les tristes funérailles ; Tantôt le bruit plaintif de ce peuple aux abois Imite l'aquilon murmurant dans les bois, Et le reflux bruyant des ondes turbulentes, Et le feu prisonnier dans les forges brûlantes.
Veux-tu rendre à l'abeille une utile vigueur ? Que des sucs odorants raniment sa langueur ; Et, dans des joncs remplis du doux nectar qn'elle aime, A prendre son repas invite-la toi-même.
Joins-y du raisin sec, du vin cuit dans l'airain, Ou la pomme du chêne, ou les vapeurs du thym, Et la rose flétrie, et l'herbe du centaure 4".
Quis dubitet? Nam sa-pc favos ignotus adedit Stellio, et lucifugis congesta cubilia hlattis, Immunisque scdens aliéna ad pabula fucus, Aut asper crabro imparibus se immiscuit armis, Aut dirum tineœ genus, aut invisa Minervae In foribus laxos suspendit aranea casses. Quo magis exhaustse fueriot, hoc acrius omnes Incumbent generis lapsi sarcire ruinas, 250 Compicbuntque foros, et floribus horrea texent. Si vero, quoniam casus apibus quoque nostros Vita tulit, tristi languebunt corpora morbo, Quod jam non dubiis poteris cognoscere signis : Continuo est angris alius color; borrida vultum Déformât macies; turn corpora luce carentum Exportant tectis, et tristia funera ducunt. Aut illae pedibus conncxa: ad limina pendent, Aut intus clausis cunctantur in sdibus omnes» Ignavœquc fame et contractu frigore pigras. ïGo Turn sonus audltur gravior, tractiraque susurrant, Frigidus ut quondam silvis immurmurat Auster, Ct mare sollicitura stridet refluentibus undis ; ;Estuat ut clausis rapidus fornacibus ignis.
Hic jam galbaneos suadebo incendere odores, McUaque arundineis infère canalibus, ultro Hortantera, et fessas ad pabula nota vocantem. Proderit et tunsum gallae admiscere saporem, Arentesque rosas , aut igni pinguia multo Defruta, vel psithia passos de vite racemos, 370 Cecropiumque thymum, et graveolentia centaurea. Est etiam flos in pratis, cui nomen amello