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L-Sl-LoiMs,4li, jii llj

LE CONSEILLER D'ÉTAT

— En vérité, monsieur, voilà une francliise de malade qu'une malade seule peut excuser.

Elle n'était pas à la porte du salon qu'elle eut horreur d'elle-même.

— .Ah ! je suis sans pitié... se dit-elle. Oh I je vais retourner lui demander pardon... lui tout dire aussi...

Elle s'arrêta... La pensée de sa position lui revint au cœur. Elle avait trop de droits à être coupable pour oser faire une faute... Elle s'éloigna tout à fait du salon ; Maurice était trop près. Elle alla se joindre à la foule, elle prit le bras de Camizard; elle l'écouta, elle lui parla... elle rit... Malheureuse !

Quand ils rentrèrent dans le salon, Maurice y était encore assis à la place où était Camille. Sa tète pendait sur son épaule appuyée à l'angle de la croisée ; il voulut se lever, il ne put pas. Le général le vit. Maurice était si pâle, qu'il courut vers lui.

— Eh bien ! qu'astu, toi aussi?...

— Rien, la fatigue, la chaleur.

— C'est une malédiction ! Mesdames, un Uacon, des selsl

— Je dois avoir le vùtre, général , dit Camille en cherchant dans son sac.

— Oui, dit le général, celui de Maurice.

— Celui de M. Maurice, reprit Camille en serrant le flacon dans sa maio.

Une de ces pensées qui durent un éclair, et sur lesquelles les femmes jouent leur vie, lui passa dans le cœur; elle rejeta le flacon dans son sac, et ajouta :

— Je ne l'ai pas. Maurice défaillait ;

Camille, éperdue, oubliant qu'un regard pouvait la deviner, s'approcha de lui, et lui dit tout bas :

— Je le garde.

Aveu arraché à l'àme,

el qui eût réveillé l'àme de Maurice, s'il I entendu.

Il n'entendit pas était tout à fait é noui. Cet accident ( persa la fête.

SUITE d'une Fête.

Quel fut le plus désespéré des deux durant les heures qui suivirent? Maurice peutêtre? Non. Revenu à lui, on l'emporta dans

sa chambre, et on lui laissa le silence et l'obscurité; mais Camille eut à endurer une heure encore la conversation de madame de Brémont et de Camizard ; conversation qui courait au hasard sur tous les détails de cette journée, et qui passait à chaque instant sur le cœur de Camille.

C'est un supplice que j'ai vu souffrir une fois : c'était un proscrit couché sous la planche mobile d'un parquet, dans une grange immense cil jouaient une foule d'enfants; ils allaient, sautaient, bondissaient, faisant ployer la planche sous leurs pas, l'appuyaut sur la poitrine, sur le visage du malheureux.

Mais ces enfants ne savaient pas le mal qu'ils faisaient ; Camizard devina bientôt celui qu'il faisait souffrir.

Madame de Lubois, pressée au fond de cette voiture entre madame de Brémont et le conseiller, avait plusieurs fois tressailli au nom de Jlaurice. Camizard l'avait senti, et plusieurs fois il renouvela l'expérience. Trompé toute la journée par l'aisance de Maurice et le calme de madame de Lubois, son attention avait été réveillée par la tardive

Camille alors se levait pour échappera cette fantastiqus interrogation. — l'a30 4l.

venue de Camille au feu d'artiflce, par sa gaieté forcée; il l'avait observée, et, lors de l'évanouissement de Maurice, il avait vn son geste quand elle avsit rejeté le flacon au fond du sac, il avait entendu sa parole ; il savait tout; il voulait une preuve; madame de Lubois sentit la main de Camizard se glisser sur son genou.

— Que faites-vous? dit vivement Camille.

— Pardon, nous sommes si pressés, c'est quelquechose qui me blesse. Il tenait le coin du sac.

— Pardieu! c'est un flacon.

— C'est celui de M. Lambert, j'en suis sûre, dit madame de Brémont ; c'est bien maladroit à toi de ne pas l'avoir trouvé. Donne-lemoi, je le lui renverrai demain matin.

Le rendre, ô misère I Camille s'en était fait un si précieux trésor I

Et que leur avait fait cette pauvre femme, uour lui arracher ainsi le cœur?

— Le voici, ma marraine , dit cependant Camille.

Mais madame de Brémont avait entamé une histoire snr la famille M.nrquoy , et elle ne tendit pas la main pour l'ieiidre le flacon. Camille le garda. Elle craignit d'abord de le remettre où Camizard l'avait surpris ; et , comme un enfant (pii dérobe, elle le glissa dans son sein.

Quelques gouttes du vinaigre qu'il renfermait s'en échappèrent et brûlèrent la peau délicate de Camille, inie se plut à cette douleur. C'était comme une expiation. — Maurice, disait-elle en ellemême, Maurice, je souffre... je souffre; moi , je souD're pour avoir quelque chose de toi.

On arriva au château de madame de Brémont.

Lorsque Camille se relira dans son appartement, elle entendit à peine sa femme de chambre qui lui remit des cartons et des lettres qui étaient arrivés pour elle dans la journée. Elle se fit déshabiller avec rapidité; puis , une fois seule, elle respira.

Elle recommença sa journée, la reprit minute à minute. Ce fut d'abord avec joie. La conversation de Camizard et de madame Brémont lavait tellement séparée de Maurice, qu'elle se trouva heureuse de le revoir. Chaque inflexion de sa voix, chaque geste, chaque parole, elle remit tout en scène devant elle, et, pour la première fois, dans sa solitude, elle laissa cette image de Maurice s'asseoir à côté d'elle; elle lui parla., elle le regarda avec amour, lui répondit avec passion, lui dit tout bas : — Oui, Maurice, je t'aime, je l'aime, je t'aime !

Elle tenait dans ses mains le flacon de Maurice, elle le serrait, l'étreignait sur sou cœur, le couvrait de baisers... elle était folle... folle d'amour...

Mais tout ce délire tomba à celte réflexion : Et lui?... lui, il est seul aussi ; mais avec quelle pensée, quel souvenir ! Que j'ai été froide, cruelle, impitoyable 1... Et elle prit Maurice en pitié, pleura sur lui, imagina qu'il devinerait aussi qu'elle n'avait joué qu'un rôle... Elle espéra qu'il sentirait aussi battre sous sa froideur l'amour qui la brûlait, comme elle avait senti pleurer le sien sous sa gaieté : et puis encore une autre pensée suivit celle-là : Oh ! qu'il ne le sache pas.

LE CONSEILLER D'ÉTAT

SO

iiioii Dieu, qu'il ne le sache jamais... J'ai été ce que je devais être, IVoiile, iiiiiMSillilo... il en a soutTcit... j'en souffre bien aussi, moi... J'ai bien dantres douleurs... que lui !...J'ai l'ait une bute en gardant ce flacon, demain je le rendrai à ma marraine... Camizard le demanderait, il'a les yeux ouverts sur moi... Etde quel droit? pourquoi ?... Pourquoi ? parce que je suis malheureuse. De quel droit? du droit que je suis une fennne faible... Voilà comme sont les hommes... Oh! il n'eût osé s'enquérir ainsi de ma conduite quand mon mari était encore mon protecteur ; eussé-je été coupable, il ne l'eût pas osé. Et mon mari, oh! comme je l'ai oublié aujourd'hui. Cependant j'espérais en lui... et peut-être pendant que moi, je le sépare de mon avenir, il y revient à ce moment... Il me doit quelque reconnaissance maintenant... Ne l'ùt-ce que ce sentiment, il en est caimble, il le sent pour madame de Bréniont, il ne me le refusera pas. 0 mon Dieu I faites qu'il en soit ainsi... Oui 1 c'est là que doit être mon espérance, c'est là qu'est mon salut. C'est de ce côté que je dois chercher mon avenir, triste isolé peut-être, mais innocent... de ce côté que je dois tourner toulfs mes pensées... Il me faut ce courage... je l'aurai... Allons... il m'est venu des lettres de Paris aujourd'hui... je ne les ai pas même regardées... il y en a peut-être de lui... il faut le voir... il faut les

Elle défit le paquet de lettres qu'on lui avait remis ; mais il n'y en avait aucune de l'écriture de son mari, quelque.s-unes étaient des billets d'invitation ; deux seulement étaient cachetées avec un soin particulier : une qui paraissait un billet de quelques lignes, l'autre lui semblait une missive fort longue. La première d'une main inconnue à Camille, l'autre de l'écriture de madame Drancy. Une sorte d'effroi fit que Camille repoussa la lettre d'Adèle, elle ne voulut pas la lire... Sans s'expliquer les raisons précises de cet effroi, elle gardait cette impression vague, que toujours cette femme avait ete un messager de mauvaises nouvelles. Camille prit donc seulement le bdlet qu'elle' ne reconnaissait pas, et en rompit l'enveloppe. Comme elle l'avait prévu, il ne renfermait que quelques lignes. Elle les lut:

« Madame , » Un «mi qui voudrait vous faire échapper aux pièges dont vous êtes entourée a été instruit, par hasard, de l'emprunt que cherchait à faire M. de Lubois, et de l'engagement qu'il veut vous faire contracter. Pour votre repos, pour votre honneur peut-être, ne prenez aucune décision sans avoir consulté madame de Brémont. »

La lettre n'était pas signée.

Camille, à cette lecture, demeura d'abord étonnée; elle ne comprit pas tout de suite ce que cela pouvait vouloir dire. Elle la lut encore, la relut une troisième fois, une quatrième fois, et, à chacune, l'un des mots de celte lettre venait Télonner, la frapper d'un nouveau coup. Elle lisait ainsi :

Un ami qui voudrait vous faire échapper aux pièges dont vous êtes entourée...

Des pièges! quels pièges?... La présence de Maurice au château de •son oncle? serait-ce un jeu joué?... Camizard en serait-il complice?... veut-on me compromettre pour avoir le droit de tout faire ensuite sans que je puisse me plaindre?... Lisons...

J été instruit, par hasard, de l'emprunt que veut faire M. de lubois... „ , .

Un emprunt!... l'emprunt de Launay, sans doute... Il ne s agit pas de moi, de ce que je puis éprouver : c'est d'affaires qu'il s'agit. Elle coniinua:

De l'engagement qu'on veut vous faire contracter. C'est cela.

Pour votre repos, pour votre honneur peut-être... Mon repos! J'ai donc engagé mon repos? Mon honneur! J'ai donc engagé mon honneur? Serait-ce par un acte qui manque à la probité? Ne prenez aucune décision sans avoir consulté madame de Brémont.

Il est trop tard.

Que voulait dire cette lettre?

Vainement Camille lui cherchait un sens; son inexpérience des affaires ne lui munirait aucun danger précis et les lui faisait craindre tous. Celte coupe de douleur qu'il lui fallait boire allaii-elle se mêler d'une nouvelle amcrlume, d'un plus cruel poisnii 1 N'est-ce plus seulemeiii l'épouse abandonnée, la femme qui brûle d'une passion qu'elle renferme en soi, qui aura à souffrir? L'hoiineui', la probité, ces vertus d'homme si délicates chez les fenunes, seraient-ils aussi compromis? Par un mouvement instinctif et emporte, madame de Lubois prit la lettre d'Adèle : il lui sembla que ce devait être le commentaire du

billet; elle l'ouvrit et la lut tout d'un trait, sans en détacher les yeux ni pour s'écrier ni pour pleurer.

Elle voulait tout savoir.

Voici ce qu'elle lut :

« Ma chère amie, » C'est très-drôle, très-spirituel, très-amusant, ce que tu viens de faire; mais on ne choisit pas ses amis pour de pareils traits. Antoni m'a tout conté; il est niaisement sacrifié, le pauvre garçon ! il a eu Césarine, il t'en a donne la preuve; et puis, quand il avait droit de demander le prix des mauvais traits que tu veux jouer à ton mari, lu fais la malade et tu pars pour la camiiagne, pour y rejoindre ton héros de Juillet, M. Maurice Lambert. Cesl bien un peu la faute de ce pauvre Antoni : il fait du roman en paroles, .Maurice le fait eu actions ■ c'est, du reste, une rencontre tout à fait dramatique que celle du café Launay, et Maurice est autrement adroit que mon pauvre Irere. Je rirais de tout cela et je l'en féliciterais, si ce pauvre Antoni n'en était vraiment au désespoir; il veut l'écrire pour te redemander la lettrede Césarine. N'a-l-il pas voulu aller chercher querelle à Maurice, quand il a su qu'il était à la campagne avec toi? Je l'en ai empêche a -Trand'peine: Antoni est brave ; mais Maurice est un ferrailleur qui a niibiiu.le des duels, et qui ne se fût point fait scrupule de donner un coup d'épée pour toi à Antoni , comme il a fait autrefois a ton cousin Launay pour les beaux yeux de Césarine. Qu'est-ce donc que ce cousin Launay? per.sonne ne te le connaissait. Du reste, c'est lui qui a donné tous les détails de ta rencontre avec Maurice; il a raconte tout cela à Césarine qu'il veut absolument épouser. Sais-tu (lue ce serait fort plaisant de le voir la cousine de mademoiselle Catherine Tochon? Cependant je crois peu au succès AMCousin; ton mari règne plus que jamais, c'est un amour furieux. La calèche et les chevaux qu'il vient de donner à Césarine sont d'une élégance et d'une richesse inouïes. Elle écrase tout le monde au bois. On en est fort scandahse. On se demande où ton mari prend tout cet argent. Je le conte tout ceci parce que je crois que lu ne te soucies plus guère de ce qu il fait, et qu'après tout ce serait une excuse, si tu en avais besoin, au parti que tu t'es décidée à prendre. Où en es-tu avec Maurice? Prends garde, c'est un homme fort dangereux. J'ai appris sur son compte des choses très-graves- il parait qu'il a fait untourinfàmeà Alicia.Je n'ai pu savoir précisément ce que c'est, parce qu'il ne se vante guère deces sortes de choses et qu'Alicia est la prude la plus consommée de la terre. A 1 entendre, elle sort du berceau. Pauvre petite! Du reste, je t'approuve fonde ce que tu as fait l'aire à ton mari : on dit qu'il vient de placer deux cent cinquante mille francs sur ta tête ; c'est une bonne précaution par le temps qui court et avec la conduite qu'il mené. Ce n est pas une fortune; mais si un malheur arrivait, c'est une ressource; tu aurais de quoi vivre. Voilà huit jours que je veuxt'ecrire et qu'Antoni me tourmente pour voir ma lettre ; je lui en montrerai l'adresse et lui dirai que j'y ai mis tout ce qu'il me débite d'extravagances. Reponds-moi un mol pour lui, que je puisse lui faire bre Un peu de nitié pour ce pauvre garçon ; il ne faut pas tout donner à M. Maurice. 1 -avenir est douteux, et M. Lambert n'est pas renomme pour la durée de ses passions. Toutefois, reviens vile, l'hiver promet d'elre charmant, et maintenant que tu as enfin compris que le desespoir est la plus triste des vengeances, tu auras un succès immense. Jespère que ceci est d'une amie. Mais je ne suis point jalouse ; tu es plus belle que moi, je suis trop /lOJiïicte fetmne pour t'en vouloir. A propos, comment madame de Brémont s'arrange-t-elle de M. Lamberl? ses visites' doivent un peu la désorienter ; mais il est homme à lui faire croire qu'elles sont pour elle... et toi aussi, sournoise'.... Mais la campagne a tant de libertés; les longues promenades excusent si bien les longues absences! Je m'en fais une idée ravissante. C'est un senliment que je n'ai jamais éprouvé. L'amour aux champs, dans de grands bois, dis rendez-vous près d'une fontaine, un grand parc par où on peut rentrer par-dessus les murs, un vieux château avec de longs corridors où on attend, où on écoute; sais-lu que c'est délicieux! Nous autres pauvres femmes de Paris, nous en sommes réduites à l'émotion de la porte fermée .-c'est bien trivial. Mais lu as du bonheur en toul. Adieu, bonne chère Camille; je suis heureuse de te savoir heureuse, je l'aime d'oser l'être ; je ne plains que ce pauvre Antoni. Mais l'avenir est long, et peut-être un jour; qui sait?... Allons, je suis une folle. Je lui ferai entendre raison.— Adieu encore; je l'embrasse...

.\dèi.e Drancï. »

« P. S. Ménage Camizard. »

Qu'est-ce que la foudre qui éclate à vos pieds ? votre père qui tombe

LE CONSEILLER DETAT.

mort à cùlé de vous ? un spadassin qui vous crache au visage ? un ami | qui vous dénonce ? un fils qui lève la main sur vous? Tout cela, c'est une douleur, un effroi, inaltendus, poignants, atroces. Mais cette lettre ! celle lettre! mon Dieu ! c'était partout qu'elle frappait à la fois, partout qu'elle enfonçait ses lignes fi'ivoles comme autant de poignards. Caniilli! l'avait lue .sans s'arrêter ; une seule des horreurs qu'elle y décou\nl aurait suffi à la rendre folle; leur multiplicité la sauva.

Elle ne sut à quni s'en prendre, sur quoi pleurer, de quoi s'indigner ; une confusion horrible d'idées, de douleurs, de colères, la tint imluoliile.

C'était comme un danseur que mille mains appellent dans une ronde tournoyante, et qui reste à sa place, n'en pouvant saisir aucune, tant elles passent vite.

Oh I quel denoùmenl à celle journée I quel Maurice on offrait à Camille, après le Maurice qu'elle avait cru voir ; après la conduite qu'elle avait tenue vis-à-vis de lui, quelle conduite on lui supposait! après l'espoir qu'elle avait reporté sur son mari, quel affreux retour il lui offrait; après le service qu'elle croyait lui avoir rendu, quelle précaution on en faisait pour elle!

On dit qiiela roinancerie moderne est sanglante, qu'elle n'aime que les poignards ou les poisons. Oh! laissez-lui les poignards! laissezlui les poisons, arnjes bienfaisantes et rapides qui tuent d'un coup, poussées par les passions féroces du moyen âge : les horreurs, les voilà ; voilà celles de nos mœurs, celles de notre siècle ; car cette lettre, celte lettre a été écrite et lue.

Et Camille! que pourrons-nous vous dire de Camille? comment saisir tou( ce choc de cris de désespoir qui lui broyèrent l'âme durant deux heures qu'elle demeura immobile à sa place? immobile, usant, dans ces deux heures, plus de forces de sa jeunesse, plus de jours de sa vie, que dans une longue suite d'années ! car à chaque malheur il faut son jour : c'est sa pàlure; il le dévore, il l'arrache à l'existence, il la décharné, la boit, l'absorbe, et l'on se demande après pourquoi meurent ces têtes blondes et ces visages roses qui n'ont que vingt ans; on cherche le vampire qui les emporte dans la tombe : ce vampire, c'est le monde.

.Après ces deux heures d'alonie douloureuse, Camille se leva, luil une plume, écrivit quelques lignes pour madame de Brémont, buiiit doucement de sa chambre, alla réveiller le cocher, fil atteler sa voiture, et, à une heure, elle courait, avec une rapidité effrayante, sur la roule de Paris, poussant les postillons de son or qu'elle semait aveuglément... — Paris! Paris! disait-elle, il faut que je sois ce matin à Paris 1

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