LES MANKGKS DE L\ LIONNE
Huit jours environ après sa première rencontre avec Léona, huit jours après s'être promis de devenir amoureux de Julie et avoir tout fait pour y réussir, "Victor partit à dix heures du soir de chez M. Thoré, et gagna le bois de Boulogne de toute la vitesse de son cheval ; il le laissa à son domestique aux environs du parc Saint- James, longea un mur défendu par un taillis épais, puis enfin s'arrêta en face d'une haute perche plantée dans l'intérieur de la propriété, laquelle portait un large écriteau sur lequel étaient écrits ces mots :
Pièges à loups.
C'est une manière si connue de dire aux voleurs : « C'est par ici qu'on peut entrer, »
qu'il arrive quelquefois que les drôles s'en méfient. Cette fois ,
Sëàlion^TavaU rien de mensonger; il n'y avait pas le moindre
'"^Amab se glissa prudemment entre les branches, et se trouva en faceTunlbrèche qui devait être bien vieille, car déjà le l.erre et la niousse en avaient habillé de voit les anhacluosites.
C'élaiUout au plus s'il fallait lever le pied à la hauteur d'une mar- ,<hn iiniip entrer de nlain-iiied dans le parc. . ,
' A ce moilîe'a Victor chercha à se rappeler les instructions qui lui
"'f OuaS tus'serez là, lui avait-on dit, vous trouverez une allée, ,, -o^s s^ircel^e-là ou toute autre... dans un parc eU. dix arpents ., nn ii-iive touiours à la maison qni est posée au centie.
,?a te mai 1 a un perron ; sur ce perron, une porte ouvran dans
» ,u vest le il y a de la lumière toute la iniit : vous verre/. 1 esca-
"r en ace' n on ez au premier, avisez, un large couloir tendu de
l 0 ev"rtpon,.ie" oiseaux fantastiques, poussez jt.squ à une porte
,, de velours à larges clous dorés, tournez le bouton ouvrez une se- > ronde [orte, traversez une petite antichambre i y a aussi de la « lumière; traversez encore un salon, puis une bibliothèque, vous se-
" Victor n'était pas accoutumé à ces rendez-vous espagtiols quoiqu'il les eut rêvés, comme tous ceux qui ont assez de supériorité dans esprit, ou qui sont assez.neufs pour lire les romans comme une chose
'"Vingî fois il avait rêvé les aventures couleur de muraille et dans ces ciilonstances il se donnait volontiers une allure P'-u'l^nlf. «' ""fia fois, marchant en avant, la barbe sur l'epaue, 7ni"ied Sully. et nue main sur sa dague ; n,ais quand ,1 fut en^Jcc eh. b. n^rU^ no-
empêché.
Il arriva immédiatement à une belle allée qui le mena à une trèsbelle pelouse, en face de laquelle il trouva tout de suite la maison qu'il cherchait. 11 faisait un terrible clair de lune; de façon qu'on était en vue de toutes les fenêtres de l'habitation, soit qu'on voulût traverser la pelouse , soit tpi'on voulût suivre l'allée circulaire qui l'enveloppait de ses deux longs bras lleiiris, et qui n'avait ni la moindre ombre ni le plus petit mystère.
Au clair de la lune, notre héros Victor crut remarquer que cette allée perfidement découverte, était en outre d'un ratissage vierge, « et qu'elle transmettrait sans mélange l'cmin'einte de son pied, à ro'il jaloux ou médisant qui viendrait la consulter. Ceci lui parut autrement dange- reux que les pièges à loups promis nu sommet de la perche.
Victor hésita; mais le courage, oulavanité, ou l'amour l'emporta, sans toutefois lui ùter la prudence. 11 fiaïuiiit l'allée, tomba au beau milieu de la plateliande, où il écrasa la première bouture d'un Genéral-de-Caux sorti de ehezTripet, puis il traversa la pelouse, et, en trois sauts, il fut sur le perron , ravi d'avoir si bien dissimulé ses traces.
Là, un nouveau tremblement le saisit; la porte était ouverte, une
,„„. de nuit veilbnt daiis un ^^';Z:S^:S^^^tnÙ^' '' '^TJIie'lm le"' {S" t" nlulrSt'l^dr de s'ennuyer là toute seule^mruni::quaisàn,oitieend,unnqu.at,en^^n^
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"' Fnfin'ie couloir désigné, la porte de velours se montrèrent à lui, il avança, ouvrit, et entra dans l'antichambre. , ^. ^
— Mais entrez donc, reprit Léona. — Page 33.
rai'is, — Iraiiiinicrio W'itDB», rue Bonaparte, 14.