‹ Ouvrés illustréesChapitre 22 sur 157 · XXXIV. — EMDICIIE · texte numérisé non relu

XXXIV. — EMDICIIE

Que s'était-il passé

cependant chez M. et

M"" Tlioré depuis que

.Monrion en était sorti

et y avait laissé Aniab?

Celui-ci, comme

nous l'avons dit, avait

jugé qu'un aveu complet de tout ce qui

s'était passé entre lui,

Charles et M"» Cam-

bure, pouvait seul faire

compi'endre ù M. et

M""' Thoré le danger

qui menaçait leur lîls.

Il avait donc commencé le récit de celte

longue et incroyable

liisioire, interrompue à

chaque instant par les

élonnements de ces

honnêtes gens.

Jamais Amab ne parlait assez bas, et il leur semblait que les murs de leur maison allaient crouler au bruit de ces scandaleuses révélations.

Plusieurs fois madame Tlioré avait entr'ouvert la porte du salon pour voir si sa fille , poussée par une curiosité très -naturelle, n'était pas aux aguets de ce qui se disait dans le salon.

La première et la seconde fois, madame

îe btr'' '" '' "'" ''^''' **'"' "" P«'" '^""doir de l'autre côté

série n L' 7T''' ^''' '''''^''' ''" ^P'^'^''''"^''' ' "" '^^^^" "'^ tapis-

l'e T • '^''"'"'<^f« 'o'S' "e boudoir était vide et la lampe éteinte.

Thore demanda sa fille ; la femme de chambre répondit •

^„Z i .'n"''!f '"''' '''=»''Sée de dire à madame qu'elle était fatiguée, et qu elle allait se reposer.

«rî!!'»^''"'"' f""'"' '''' '' "^'"^^ "^^ ^•^"' ^"^ «l'e écouter ou suren Pn ,1 f "■'""' ^™fidences, rentra dans le salon pour les

ChS Vl"*^"'" ''°"'' '^ ''''""^'" ^'''' Amab les moyens d'arracher Chai les à la vengeance de M-"' de Cambure.

l'esVbp'iï^r'"". ^"' '°"8"^' ^«'1"* "'^s' P«s étonnant; mais ce qui . dansn',r''T •f"''^>^=>^"^'"' q"e c'était d'elle qu'on s'occu-

t'en regard conmie uncluiiiù au froiil pâle do, Monrion l'occompagiia jus>iu'à l'autel.— Pa

L'amour des jeunes filles les tient d'ordinaire plus éveillées; aussi Julie ne dormait-elle pas, et si elle avait pris ce prétexte, c'est qu'elle avait quelque chose de très-important à cacher.

En etfet, pendant que sa mère et son père écoulaient M. Amab une vieille dame était venue sonner doucement à la porte de leur apliartement.

A la voir si modeste, si grave, si pudiquement embéguinée, et bientôt ù l'entendre parler d'une voix si douce et si libre, on ne se fût guère douté que ce fût là la très-belle suivante d'une très-belle dame la sourde et muette devant laquelle Monrion se laissait aller à tout

dire.

Elle avait demandé mademoiselleJulieThoré , et celle-ci , peu accoutumée à recevoir des messages personnels, avait voulu faire appeler sa mère; mais cette femme l'avait arrêtée tout court en lui disant à voix basse :

— Si vous voulez sauver votre frère, renvoyez cette fille et ne dites pas un mot.

La femme de chambre s'était retirée sur un signe de Julie, et la vieille avait continué, en disant :

— Voici une lettre de monsieur Amab.

Il est ici, n'est-ce pas ?

— Sans doute.

— Il occupe monsieur votre père et madame votre mère?

— Il leur parle du moins, reprit Julie.

— C'est bien. Ils ne consentiraient pas à vousiaisservenirseule, et ce n'est qu'à la condition que vous serez seule que votre frère pourra être rendu à la liberté.

Lisez.

Julie ouvrit et lut la lettre d'Amab, elle en reconnut parfaitement l'écriture, car elle avait lu et relu cent fois le billet par lequel il avait refusé le prix de ses portraits, et quoique cette lettre lui répétât exactement ce que la vieille venait de lui dire, Julie hésita.

— Decidez-vous, reprit la vieille ; dans une heure il sera peut-être trop tard. La vie de votre frère est en danger; s'il meurt, c'est vous seule que vous devrez en accuser.

La plus simple prudence devait ordonnera Julie d'appeler son père, sa mère, de faire arrêter sur-le-champ cette femme, et de lui arracher alors le secret de la retraite de Charles. Dorolhée s'alarma de l'hésitation de Julie, et ajouta tout aussitôt : Il y a aussi une chose que je dois vous dire et que M. Amab n a pas ose vous avouer, c'est que si M. Charles n'est pas délivré ce soir, c est que si votre père ou votre mère sont avertis, lui-même sera frappé demain. Décidez-vous.

Beaucoup d'hommes d'un âge plus avancé que Julie, d'un caractère delerniine, n'ont pas toujours eu en face de pareilles révélations, la

présence d'esprit qui doit les faire écliapper à un piège si grossier; faut-il donc s'étonner si Julie y fut prise ; faut-il s'étonner que lorsqu'on s'adressait à la fois à son amitié pour son frère et à son amour pour Amab, elle cédât au désir de les sauver tous deux?

— Oue faut-il faire pour cela? dit-elle alors.

— 11 faut venir avec moi rue Joubcrt; mais il ne faut pas, ajoula vivement Dorothée eu voyant Julie prête à la suivre, il ne faut pas que l'on sache que vous êtes sortie; c'est l'atfaire d'une demi-heure tout au plus. Je pars, et je vous attendrai à deux pas do yolrc porte.

Dorothée sortit, et ce fut quelques instants après que Julie dit a la femme de chambre d'avertir sa mère qu'elle s'était retirée pour se reposer.

Tout aussilôt elle gagna l'escalier particulier qui conduisait aux magasins et qui lui permettait de sortir de l'appartement sans ètie vue.

11 élait alors dix heures à peu près.

Cependant l'entretien avait continué dans le salon de monsieur et madame Thoré, et la conclusion de la conversation avait ele celle-ci de la part de la famille :

Portez à celte dame notre parole d'honneur que demain Charles quittera Paris pour longtemps.

Dites-lui qu'avant départir il engagera aussi sa parole d'honnête homme de ne jamais dire un mot de la lâcheuse aventure qui lui est arrivée avec cette dame.

Dites-lui que vous-même le renieriez pour voire frère, si jamais il manquait à celte parole.

Donnez à cette dame toutes les ^surances possibles que son seciet sera bien gardé.

Mais avertissez-la en même temps que si Charles ne nous est pas rendu cette nuit même, demain les magistrats seront avertis.

Nous ne sommes que de simples bourgeois, mais nous trouverons des prolecteurs puissants, ne fat-ce que M. de Montaleu qui, nous en sommes sûrs, prendra cette affaire à cœur.

Elle aura en lui un ennemi qui sera trop heureux de Irouver l'occasion de se venger du mal qu'elle lui a lait dans la personne du jeune comte de Monrion.

Puis, quand vous nous aurez rendu Charles, nous penserons ù votre bonheur et à celui de Julie, car nous ne devons pas vous cacher, M. Amab , que si votre recherche nous llaite, nous croyons pouvoir vous assurer que Julie n'y est pas non plus inditTérente.

Et après ces paroles, Amab, lié par ses confidences, lié par ses propositions, fort des obligations qu'il venait de s'imposer et qui ne lui permettaient plus de céder aux séductions de Léona, Amab partit pour la rue Joubert, afin de porter à M""' de Cambuie l'ultimatum de la famille Thoré.

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