VIL — LE IIENDEZ-VOIS
Champmortain était sur les éinnes; il implora Léona du regard, mais elle ne daigna pas faire attention à lui et, tout en aJivssan que nues paroles à Montaleu. au colonel et à Montéclain, elle prit le bras de Brias et l'emmena doucement du côte de la maison. .
Nous rapporterons les termes textuels de leur conversation : ils ont une importance extrême. .
— Brias, j'ai besoin de causer avec vous, lui avait dit Leona.
— Quand vous voudrez, je vous écoute.
— Non, demain.
— Soit... ici?
— Non, dans la forêt.
— Dans la forêt 1 et de quel côte ?
— Du côté du bois de Louches.
— Très- volontiers. , ,- •
— Ou plutôt, reprit Léona, dans la grotte des Faisans.
— Encore mieux. . ., , , > m i. i.„
— Décidément je préfère le fourre qui borde le paie de M. de Itu-
— Si'c'est pour un entretien secret, dit Brias avec emprcssemeni, il est bien fréquenté. . , • ■ i .- ,
— .\h ! fit Léona... Ailleurs donc, si vous voulez; au bois de Louches. Quelle est votre heure, Brias?
— La vôtre?
Léona réfléchi t.
— Dix heures du malin.
— Cela me va. . . ,, ,■• .,,
— Non, reprit-elle, je ne pourrais sortir avant le déjeuner sans mille explications...
— Plus tard, si vous voulez.
— A midi?
— Très-bien.
— Ou à deux heures?
— Comme vous voudrez. . ,
— Je ne pense à rien, dit Léona. J'ai affaire toute la matinée avec le notaire do M. Amab... Cinq heures, si cela vous est indifféreni, ajouta-t-elle en l'observant.
JULIE
— V merveille.
— uu hleii, si vous dînez quelque pai'l, entre trois et quatre.
— Vous m'avez proposé cinq heures... et je préférerais... repartit Urias.
— A merveille, ditLéona avec empressement, je préfère aussi cette heure.
— Et je ne puis rien savoir du motif de celte entrevue ?
— Il est plus important que vous ne croyez.
Brias insista, Léona se défendit en riant, et il n'en fut plus question.
Le dîner fut charmant, plein de gaieté, d'entrain, de paradoxes amusants.
Chompmorlain, qui était profondément inquiet, eut les distractions les plus saugrenues, dont .Moniéclain ne laissa pas échapper une seule.
Quant à Brias, il n'avait jamais été si brillant; le colonel eut sa part du succès, et telle fut radres.se de Léona, qu'elle lit à Montaleu des bons mois de ses balourdises.
Amab seul n'eut pas ce grand art de cacher sous le bouillonnement d'une conversation frivole, le ressenliment de l'injure qui le brillait intéiieurement. Il fut triste, maussade, et bientôt exclu des mille plaisanteries qui couraient autour de sa table, bruyanles, légères, folles, et comme si chacun n'eût pas eu une inquiétude dans le cœur.
Durant la soirée qui suivit le dîner, Cliampmorlain essaya vainement de se rapprocher de Léona; il ne put pas lui arracher un regard.
Seulement il fut averti, au moment où chacun se retirait, qu'il n'obliendraii aucun entretien particulier.
En elïet, Léona dit à .Montéclain :
— Comment retournez-vous chez vous]?
— J'ai ma voiture.
— En ce cas, M. de Brias se chargera de ramener M. de Champniortain, et vous reconduirez le colonel.
— J'ai mes chevaux, reprit Champmortaiu.
— Et moi aussi, dit le colonel.
— Très-bien, vous pourrez chevaucher ensemble, fit Léona. Il fallut partir après ce congé irrévocable.
l.e colonel et Champmortain, à cheval, prirent la roule de la ferme II- Lavordan.
iMontaleu tourna d'un autre coié, et Montéclain devança Brias sur la rouie: mais, arrivé à quelque distance, Montéclain fil arrêter sa voilure et se laissa rattraper par Brias.
— Que vous est-il arrivé"? s'écria celui-ci.
— Rien, donnez-moi seulement une place près de vous.
— Très-volontiers.
— Brias, que vous a dit Léona?
— Ceci dépasse toutes les limites de l'indiscrétion.
— Brias, on veut vous faire faire quelque énorme sottise.
— Ah ça, Montéclain, plaisantez-vous ou parlez-vous sérieusement?
Je n'ai aucune envie d'accepter de personne le rôle de raarionnelle que vous prétendez qu'on veut me faire jouer, ou que vous voulez me l'aire jouer voi;s-nicnie.
— La terre tremble, dit Moniéclain d'un ton singulier, le ciel se couvre de nuages, le vent mugit dans la vallée. Gare ù ceux qui se promènent dans les bois par un temps pareil.
— Ah çà. Montéclain, étes-vous revenu illuminé de votre dernier voyage en Allemagne, ou avez-vous des prélenlions au rôle de Mac Aiian depuis votre pèlerinage en Ecosse?
Expliquez-vous plus clairement.
— Je ne le puis, si vous ne me répondez franchement... Que vous a dit Léona?
— Eh bien! puisqu'il faut tout vous dire, elle m'a demande un rendez-vous pour demain.
— Voila tout?
— Voilà tout.
— En ce cas, je m'y perds. Vous irez?
— Certainement.
— Voulez-vous que j'y assiste?
— Ain voici encore qui devient d'une indiscrétion...
— Savez-vous quelle est celte lettre qui a fait pâlir Amab et qui a valu à Champmortain d'être renvoyé avec nous ?
— Non.
— Vous n'en avez pas d'idée ?
— Non. Mais vous qui voyez tant de choses dans les nuages, ne l'avez-vous pas deviné ?
— Parfaitement.
— Ah ! diable I... Qu'est-ce que c'était?
— Ceci restera mon secret tant que vous garderez le vôtre.
— Mais je n'en ai pas, je vous l'affirme.
— Eh bien ! Brias, celle lettre renfermait votre arrêt de mort^... Rrias tressaillit.
— Vous êtes fou, ou vous voulez que je le devienne.
— Voulez-vous me laisser assister à ce rendez-vous ?
— J'irai bien armé...
Moniéclain se mit à rire.
— Est-ce que vous croyez qu'on veut vous assassiner?
— Mais que diable I si c'est mon arrêt de mort... c'est probablement pour demain l'exécution.
— Pas encore ; mais, je vous en prie, que ce soit convenu, je serai là, caché tout près de vous.
— Savez-vous, dit Brias, qui voulait être gai et qui ne le pouvait pas, que cela peut devenir fort gènani ?
— Peste! quel triomphateur! dit Montéclain.
— Avec Léona? lit Brias du ton le plus fat.
— Mon cher, dit Montéclain d'un ton sentencieux, voilà deux ans que Champmortain est en campagne, et je ne parierais pas pour sa victoire.
— Je ne le croyais pas si niais.
— C'est que vous ne connaissez pas Léona. Ils se séparèrent, et chacun rentra chez soi.
Dans celle même journée, M. de Uudesgens, sa femme et sa fille avaient été faire une visite à M. de Montaleu ; ils y étaient restés à dîner.
Au milieu de la soirée, Sylvie avait déclaré qu'elle était fort soufflante.
Sa mère lui avait proposé de se retirer sur-le-champ, mais elle avait assuré que le mouvement de la voiture la rendrait plus malade, et il avait été décidé qu'elle coucherait au château do Montaleu.
La comtesse de Monrion avait donc conduit M""" de Champmortain dans une chambre contiguë à la sienne, puis après s'êlre assurée que rien ne lui manquait, elle était rentrée chez elle, laissant M. de Rudesgens fort occupé à faire un mort contre son épouse et M. de Montaleu.
Lorsque Julie fut seule, la bonne grâce, l'empressement, l'expression bienveillante et heureuse qui animaient ordinairement son visage en présence des étrangers, disparurent tout à coup, pour faire place à une expression de mélancolie et de découragement.
Enveloppée d'un long peignoir blanc, elle erra quelque temps dans la chambre quasi-royale qu'elle occupait, prenant et quittant chacun des objets qu'elle rencontrait sous sa main, cherchant quelque chose sur quoi fixer son attention sans pouvoir y réussir.
Deux ou trois fois elle posa son pied blanc et nu sur la première marche de l'estrade sur laquelle s'élevait le vasle lit à dais de cette chambre, mais à chaque fois elle redescendit tristement. Elle était trop sûre de n'y pas rencontrer le sommeil.
Elle alla alors s'asseoir dans un de ces vastes fauteuils gothiques où les peintres aiment à poser de gracieuses et blanches jeunes tilles sur le fond sombre de quelque riche tapisserie. Heureux ! s'ils avaient vu Julie ainsi placée, sa blonde tête jetée en arrière, ses deux mains réunies sur ses genoux et fixant au ciel de beaux yeux bleus d'où s'échappaient des larmes silencieuses.
Quelles pensées l'agitaient? quel ma'heur planait sur elle pour qu'elle pleurât ainsi?
Peut-être n'eùt-elle pas osé l'avouer, car elle parut avoir quelque honte de l'émotion à laquelle elle se livrait.
En effet, elle se leva brusquement, ouvrit sa fenêtre et s'y accouda pour y respirer à la fois le parfum et le calme de la nuit.
En "face d'elle était le château dont elle portait le nom, habité par celle qui avait voulu la perdre et qui d'un souffle empoisonné avait éteint dans son âme la première fl.innne qui l'avait brûlée. Une lumière isolée luisait dans cette maison.
« C'est peut-être lui qui veille, se dit Jaiie.
» Oh! le malheureux, qu'il doit souffrir s'il a jamais compris à quel )> point je l'aimais'. Oh ! maudite soit la femme qui a flétri ce noble » génie, quoiqu'elle ait rompu une union où, je le sens à présent, je » n'aurais trouvé que le malheur!
» Hélas! celui qu'elle m'a légué est-il moins affreux? Qui suis-je » maintenant?... quel sera mon avenir?...
» A peine protégée par un vieillard presque éteint, vivant dans un » monde qui n'est pas le mien et que j'aime, j'y marche en aveugleavec » un nom qu'on m'a jeté comme une réparation et qui ne m'appartieni » pour ainsi dire que par hasard; car celle autorité d'une vie hono- » rable, acquise sous la protection d'un époux, cette sanction du nom » qu'on porte et qui dit à tous qu'on est digne de le poit •■ , je ne les » ai pas. La mort ou l'absence m'ont enlevé les seules affections in- » dulgentes que Dieu ait données aux hommes. Je suis seule dans ma » vie, qu'en ferai-je ? »
A ce point de ses réflexions, les larmes de Julie recommencèrent, mais cette fois elle s'y abandonna ainsi qu'aux pensées qui les amenaient.
n Hélas ! se dit-elle, faut-il vivre et mourir ainsi l'âme vide, sans » espérance, sans amour?
» 0 mon Dieu! prenez en pitié ce tumulte de mon âme où je m'é- » gare, cette soif d'aimer qui me brûle et que je n'étancherai jamais.
JULIF..
» Qui aimeral-ie m.iinlenaiU?... Qui o^erais-je aimer sans craindre ). de me briser plus que jamais à quelque passion cgoiste, à quelque » hideux calcul ? . , , . i i , ,,
»OliI la trahison, le désespoir, les larmes, loulos les douleuis » d'une passion méprisée, sonl prclérahles à cette solitude du cœur.
» N'pspcrer rien, ne croire ;i rien, n'attendre rien... c est affreux.
» Aller ainsi devant soi dans la vie, sans y voir un asile ou puisse » se reposer le cœur, sans y craindre même un écueil ou il puisse se » briser. C'est la mort.
» Na'-er dans le vide infini où ne luit aucun monde qu on espère » atlein'ilre, ce vide fùt-il éclairé de la plus éblouissante lumière du » ciel, c'est aussi épouvantable que de tomber dans les ténèbres sans hn » de l'enfer. . „ , . i
» 0 mon Dieu ! arrachez-moi à ce vertige. Ne me laissez pas seule » avec moi-même... , ,. , ,.
» J'ai besoin daimer... Mon cœur se meurt de solitude et d ennui... » Qui m'aimera, mon Dieu... iiui aimerai-je? »
Ainsi pensait Julie, si loulet'ois on peut appeier penser ces ardentes aspirations qui se perdaient dans l'espace, ce cri d'un cœur solitaire auquel rien ne répondait.
Un nouveau mouvement lui lit repousser avec terreur ces désirs inféconds, et elle joignit les mains en priant Dieu de la délivrer de ces funestes pensées. ., ,
Julie était ainsi ploneée dans les larmes et dans la prière, lorsqu el e entendit tout à coup, à'côlé d'elle, éclater de plus cruels sanglots, de plus douloureux gémissements...
Elleécuuia... „ „
C'était madame de Champmortain qui gémissait ainsi près d elle.
Julie crut qu'elle se trouvait plus malade: elle sortit rapidement de sa chambre, et entra dans c;'lle où élait Sylvie.
Madame de Monrion s'airéia sur le seuil, aussi surprise qu épouvantée.
Madame de Champmortain, à demi nue, était à genoux sur le tapis, ses cheveux tombaient en desordre sur ses pieds, et 1 iiifurtunee, la tête el le corps renversés en arrière, les mains tendues vers le ciei, s'écriait avec des sanglots convulsits :
— Mou Dieu ! mon Dieu I mon Dieu ! prenez pitié de moi ! Madame de Monrion courut vers madame de Champmortain. Celle-ci la regarda, et laissa de nouveau éclater ses larmes, en lui
disant : ., ■...,•,
— Oh ! si c'est vous qu'il envoie à mon aide, ayez pilie de moi !... Pitié! pitié! . ,, „ .
— Calmez-vous, lui dit Julie en s'asseyanl près d elle et en essayant de la relever. , , '
— Non, lui dit Sylvie, je suis bien la a genoux devant vous, qui êtes pure el heureuse, moi qui suis si coupable et si inrorliniée :
Coupahle!...vous, madame, dit Julie.. .Non. ..non. ..vous souffrez... Je vous consolerai si je le puis.
Sylvie cacha son front dans les genoux de Julie et les inonda de larmes, puis elle releva tout à couii la tète en disant :
— Oh ! tenez, il faut que je vous dise tout, il faut que mon cœur éclate, dussiez-vous me mépriser, dussiez-vous me trahir, il faut que ie dise à quelqu'un ce que je souffre !
Julie, émue de cette douleur cruelle, ne savait cependant comment l'aborder; elle avait été si stupéfaite en entendant M"" de Cliampmorlain s'accuser d'être coupable, qu'elle tremblait de lui faire la moindre question.
Cependant el'.e se hasarda à lui dire :
— Fst-cedonc M. de Champmortain qui vous fait tous ces chagiii's?
— (Hi 1 lui dit Sylvie, ils me viennent moins de lui que de mm • même, quoiqu'il en soit la première cause.
— La légèreté de sa conduite, peut-être? Sylvie secoua doucement la léte.
— Mais qu'est-ce donc?
— Ce que c'est, dit Sylvie l'œil epridu, c'est un amour insensé, jaloux, furieux... Oui, j'aime à en iierdre la raison.
— l'auvre Sylvie! dit Julie toute tremblante de l'expression énerçiruie et ardente dont M"" deilhampmortain avait prononcé ces paroles. " — Kcoulez-moi, reprit Sylvie, je veux tout vous dire, tout...
Voilà deux ans que je me meurs, deux ans que je m'étouffe le cœur pour qu'il se laise... 11 faut que je parle... Mieux vaut que ce soit à vous qu'à lui...
— Qu'à lui, avez-vous dit? il ignore donc...
— Non... il sait... ou plutôt il ne sait rien... Vous-même ne me comprendriez pas... si je ne vous disais celte folie désespérée qui me torlure. Ecoutez donc...
Vous savez qu'il y a environ cinq ans, j'cpousai M. de Champmortain...
Je ne l'aimais pas... je n'aimais rien... Ulevée dans les habitudes
austères d'un couvent, j'aàe|)tai le mariage comme raccomplissement d'un devoir envers ma famille.
J'étais sans amour pour M. de Champmortain comme sans répul-
sion pour lui. Son élégance, sa facilite dans la vie, sn constante bonne humeur, ce savoir-vivre exquis qu'il apportait dans le monde, et surtout les droits du mariage qui livrent toute une femme, moins son cœur, à celui dont elle a accepté la main, le res|)ect que j'avais pour tout ce qui est un devoir me persuadèrent que je l'aimais.
Je pris pour de l'amour celle servilité de mon àme qui me faisait obéir à ses volontés et céder à ses désirs.
J'entendais bien quelquefois parler autour de moi de ces funestes passions qui pressent le cœur, le déchirent et l'enivrent; mais je considérais comme des fous ou des comédiens ceux qui disaient les avoir éprouvées.
D'ailleurs, je dois vous le dire, Julie, la sévérité de ma vie écartait de moi l'apparence même de semblables passions. Je vivais ainsi calme, partagée entre mes devoirs religieux et les soins de ma maison, dans laquelle M. de Champmortain trouvait peut-élre une réserve qui contrariait la liberté de ses mœurs.
Que ce soit ma faute ou la sienne, je ne sais... je n'accuse plus, je plains ceux qui tombent; quoi qu'il en soit, dis-je, il abandonna peu à peu sa maison.
Je ne l'aimais pas , Julie, car son absence ne me laissait aucnu vide, elle blessait seulement la régularité de mes habitudes.
.Mais enfin vint un jour où je souffris cruellement, ce fut celui où j'appris que j'étais délaissée pour une indigne rivale, pour une femme qui flétrit tous ceux qui l'approchent el dont vous savez mieux que moi la funeste puissance, M"" Léona Amib.
— Elle! dit Julie avec un mouvement d'eftroi. Oh! je comprends alors vos terreurs , votre désespoir... Je comprends combien votre cœur dut être blessé...
— Non, reprit M"" de Cbampmorlain d'une voix haletante... Mon cœur ne souffrit pas...
Je le crus alors; maintenant je sais ce que c'est que la douleur du cœur, je ne m'y trompe plus.
Ma vanité fut blessée , mon orgueil se révolta. Dieu m'a punie d'avoir écouté ce sentiment funeste, et qui a précipité du ciel le roi des anges...
Ce que je souffre est le châtiment que Dieu m'a infligé , l'abîme où je me débats, le feu qui me brûle, c'est l'enfer où il m'a jetée...
0 Seigneur! dit Sylvie en joignant les mains avec une sainte ferveur , ai-"je assez souffert? n'éleindrez-vous pas ce foyer où se consument les forces de mon âme et de mon corps?
Oh! mon Dieu, mon Dieu, tuez cet amour dans mon cœur, ou luez-moi avec lui.
— Mais, dit Julie, n'avez-vous pas le droit d'élre irritée de l'abandon de M. de Champmortain?...
— Sans doute; mais je ne devais pas écouter les orgueilleux conseils de cette juste colère. Elle me persuada... oh! Dieu vous garde jamais d'une pareille tentation! elle me persuada de punir mon mari de cet abandon en lui faisant craindre le mien.
Des amies fatales , pour qui la coquetterie est un jeu qu'elles croyaient facile à toutes les natures, me persuadèrent d'éveiller à mon tour la jalousie de mon mari.
— Imprudente ! dit Julie.