XVII. — cmco.NSTANCEs agghav.vmes
Ouelques minutes après, monsieur de Montaleu, le vieux de Rudes- ".■iis Brias et Champmortain étaient en voiture pour se reu'lrc au m1h^e de Sainl-Faron, on plulol jusqu'à un carrelour ou la luule, s enfonçant à travers les rochers, cessait d'être carrossable.
M. de Rudesgens était monté dans le coupe de M. de .Montaleu; brias et Champmorlain les suivaient en pbaéion.
— Un mol Rudesgens, fit M. de Montaleu des qu ils furent seuls, et que ce mot soit le dernier sur une affaire dont il m'est odieux d eu-
"^'^^'leCmprends que la conduite de M""^ de .Monrion vous affecte
^'^^'ï"ne"s'a"il point de M°"= de Monrion, mais de cette sotte affaire de Colcne nue vous êles venu si maladroitement me jeter à la lace. --Pal'don mon cher marquis, dit M. de Rudesgens; mais, sur mon âme, si je vous ai rappelé le passé, c'est que je vous croyais ■ °uleur du méfait d'aujourd'hui. Vous avez ete sage. Mon a eu : vous avez fiii le mariage, vous pouvez papillonner comme autrefois, comme
^"- Rude's-eï'vous savez quelle a été mon irrévocable delerminalion vis-à-vfs de cette femme indigne. Par grâce, n en parlons plus.
— Soit gardez votre opinion, je garde la mienne; je suis sur .lue Sophie était innocente... Ceci vous fâche, n'en parlons plus... \h ça, Miip nensez-vous de M""-' de Monrion? , ,. '!-^e dis ïïe c'est imi^ossible, que cela ne se peut pas. Julie est libre elle ueut épouser qui elle voudra....
Non', ce n'est pas vrai ; il y a là un complot infâme ou une erreur
déplorable. . . ■ i i;..:„„
— Tâchez d'y voir plus clair que nous, je le désire.
— Mais, quel serait le malheureux?.-.
I e malheureux I dit M. de Rudesgens en caressant amoureusement ses rares .•heveux, l'épiihèle est injuste... Ce n est pas celle que ie vous appliquais... quand je pensais que...
(■.■eùi ete la dernière des inlamies. ^, ii,„i,.<:„pn^
— ri le plus charmant des iriomiihes, reprit M. de Hudesgens. Ah ! e'esi bien la [dus adorable personne...
I e UKUMuis haussa les épaules. , -, ■ , i,
— El dire, continua M. de Rudesgens, que c'est peut-être la seule
jniJF..
IVinmo à laquelle je n'ai jamais adressé un mot iraniour... ie la regardais comme une sainle...
A!) ! mon cher, le respect pour les femmes est toujours une iluperie ; on ne ni y reprendra plus.
Pendant que le vénérable zéphyr continuait à débiter ses gothiques Pituites a M. de Montaleu, qui ne l'écoutait plus. Cliamimiortain et Knas voyageaient l'un près de l'autre dans le plus profond silence. Ils étaient également tristes et préoccupés.
Champmortain voyait avec épouvante le trouble que la seule apparition de Leona avait apporté dans sa maison, et il en était d'autant plus nieconient qu'il ne pouvait accuser que lui de ce malheur.
Bnas réfléchissait à la terrible position où il se trouvait ainsi aue Sylvie. '
En effet, Léona était la confidente de leurs amours; elle pouvait donc les perdre tous deux le jour où ce crime serait nécessaire à sa vengeance.
Sans que rien lui en donnât la certitude, Brias avait la conviction «tel innocence de Julie, ei cependant il n'avait pas ose, il n'osait pas la détendre, car il devait craindre que Mp= de Champmortain n'eût à soutlrirdu moindre eflort qu'il ferait pour justifier la comtesse.
Champmorlam fut le premier A rompre le silence :
— C est là une sotte affaire, Brias, lui dit-il.
— Bien triste, repartit Brias.
— Savez-vous qui a donné ces détails à ma femme?
— Ne vous l'a-t-elle point dit?
— Elle s'y est absolument refusée; mais vous, je suis sûr que vous savez quelque chose. Vous n'êtes pour rien dans tout ceci, et cependant vous en êtes plus affligé qu'aucun de nous.
— Tenez, dit Brias avec impatience, je voudrais être à mille lieues de ce pays.
Tout en causant ainsi, ils arrivaient à la partie du bois où il leur lailait quitter leurs voilures. Ils s'engagèrent alors dans d'étroits sentiers et continuèrent leur roule à pied.
Erappé par la terrible révélation qui venait de lui être faite, M. de Montaleu avait d abord plié la tête sous cette cruelle accumulation Ile circonstances ; mais peu à peu il s'était remis de cette première alarme, et il était convaincu que les renseignements qu'il allait trou- ^er a baint-I'aron expliqueraient toute cette calomnie
Ils n étaient plus qu'a quelques pas de la demeure de Jeanne Droa1Î'7', »P''"? ''' '?i'"''l"'s s'arrêta tout à coup en reconnaissant -i^! de Alonnon qui franchissait le seuil de la chaumière, et nui s'éloigna rapidement. '
lii'ias et Champmortain furent obligés de le soutenir.
-7 Oh ! la malheureuse! murmura 'M. de Montaleu.
Et une larme qui vint mouiller sa paupière montra combien était smcere et profonde la tendresse qu'il avait pour Julie
— A qui croire, maintenant? ajouta-t-il d'une voix étouffée. Il y avait lanl de desespoir dans ce noble vieillard que Brias en
qni le remords de ce qui se passait parlait plus haut que dans le cœur (le ses compagnons, oublia la prudence qu'il s'était imposée et dit à m. de Montaleu : —Entrez, monsieur, entrez; peut-être découvrirezvuus que tout ceci est une calomnie ou une erreur fatale.
— Non, dit Al. de Montaleu avec un accent désespéré, non Vous avez vn celte femme, et elle vous a dit que M™= de Monrion
— Devait être la mère de cet enfant qu'elle seule venait voir. Mais
— Non, reprit encore le marquis.
J'ai trop oublié que je n'ai aucun droit sur M""^ de Monrion Ce
11 est plus |)our moi qu'une étrangère, et dès lors tout ee nue je ferais pour apprendre son secret ne serait plus qu'un vil espionnage
Je n ai plus rien à faire ici...
Comme M. de Montaleu prononçait ces paroles, un 1 ire acre et sardoniqne se fit entendre à quelques pas de lui, dans un bouquet d'arbres, lous se retournèrent et restèrent fort surpris de voir Montéclain en costume de chev.al et qui s'avança vers eux en continuant à rire' Il salua aniicalement Brias. Champmortain et M. de Rudesgens, et fit .1 iM. de Monialeu une inclination de têle, qui était plutôt une imper- Unenee qu une salutation. ^
— Ou ■ faisiez-vous là? lui dit Brias.
deTi''!io'M'î',li'','''''°"'-'' '*'o""'c'aincn l'iant, j'admirais la logique de M de Montaleu, qui ne peut pas aller interroger cette paysanne
ïria Sidamn'™t' ^ '' '"'''' " ^^'^^^'P^^ les révélations
ouiiiieïrsil Se"'"'"' "' "■ '' *^°"'^"^" ='^- '^-'^"■•' --
— A mon plus mortel ennemi, je ne l'oublie pas, à celui qui a nris a tache de me peindre comme un misérable débauché dans une nubli-
d ine'faï;^'''/i'"^'''f '''• " ''''! ''"' ''''' ^^'' "" P»'"' «^ ''— r (le me faire échouer dans loules les routes où peut me pousser mon ambition ; non, monsieur de Montaleu, je n'oublie pas à qui e pm-le iè m en souviens trop bien, au contraire, pour ne pas |>ro iter de loû e
— Et ne pouvant vous attaquer à moi, repartit M. de Montaleu furieux, vous voulez frapper une pauvre femme.
Rien ne peut peindre l'iiidinhle méfiris avec lequel iMonléclain regarda M. de Montaleu...
Il îriussa les épaules et lui tourna le dos en se dirigeant vers la chaumière que venait de quitler M°>'= de Monrion.
— Ou allez-vous? s'écria M. de Montaleu.
— Chez cette femme, j'y ai affaire, moi, repartit Montéclain dédaigneusement.
Aussitôt il s'éloigna rapidement.
Messieurs de Rudesgens, Brias, Champmortain se regardèrent d'un an siupetait, et M. de Montaleu murmura d'une voix sourde :
— Non, je n'entrerai pas là... mais il faut que je voie Julie. 11 s éloigna à son tour, et ses amis le suivirent.