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XXXI. — LA CHASSE

Bricord, en quittant le château de Montéclain, s'était rendu ininiédiatcment à la ferme.

Jusqu'à ce jour, nul soupçon n'était entré dans l'esprit du fermier. Plongé dans les ténèbres d'une confiance sans bornes, il avait toujours vécu sans autre préocupation que le bonheur de sa femme.

Bon, parce qu'il était fort; confiant, parce qu'il élait incapable de tromper; modeste, parce qu'il n'avait que la grandeur du coeur, jamais il n'avait traduit contre Léda ni ses caprices, ni ses refus, ni ses tristesses ; jamais il n'avait expliqué contre elle, ni ses absences réitérées, ni l'accueil tantôt trop bienveillant, tantôt trop froid qu'elle faisait à Hector, pour être naturel...

Bricord avait une excuse toute prête pour les torts de Léda : c'est qu'il n'était |)as digne d'elle, c'est qu'il ne lui avait pas procuré tout le bonheur qu'il lui avait promis.

Ce fut au milieu de cette profonde sécurité sur l'honneur de Léda, que se glissa tout à coup le soupçon qu'il élait lipnipé.

Bricord n'avait point deviné la machiavélique calomnie qui avait jeté sur M"" de Monrion la honte du crime de Léda, mais il avait vu sa terreur : après celte épouvante était venue la colère désespérée que Léda avait montrée à l'aïuionce que qu(;h|u'un avait demande la main de M""^ de Monrion, et cette colère, Bricord l'avait vue se refléter sur le visage bouleversé d'Hectpj'd.e Monlalej,!.

Alors quelque chose de flamboyant et de douloureux à la fois, comme un fer rouge, avait traversé la nuit où il vivait tranquille, et il lui semblait avoir entrevu autour de lui des fantômes moqueurs qui lui montraient, en ricanant, Léda et Hector.

C'était alors que Montéclain était arrivé.

Durant la nuit que Bricord passa au château, ce soupçon qui, pareil à une lumière lointaine, avait d'abord éclairé le passé d'une lueur douteuse, attisé par le souffle patient et acharné de la jalousie, avait lini par resplendir et éclairer d'un jour sinistre ce passé traversé dans l'ombre.

Tout ce qui avait été excusé par la bonne foi du mari confiant, devenait une accusation dans l'esprit du mari jaloux.

La singulière coïncidence qui faisait que Léda avait été appelée près de M""" de Monrion, le même jour où celle-ci était frappée d'une impuiation déshonorante, avait d'abord tourné 'les sou|)çons de Bricord d'un autre côlé.

Il s'était dit un moment que Léda étaii peut-être la confîdenie de Julie: mais alors Bricord s'était rappelé mieux encore les paroles de Léda; il s'était souvenu qu'elle avait dit que Julie était viciinie de sa générosité.

Bricord n'avait pas pu percer jusqu'au fond de cet abime de perfi-

1 partie, -ibahle que je 3 chasse que

die, mais .son regard s'y était attaché, et il voulait y voir loin à fait clair.

Aussi entier dans sa résolution de connaître la vérité qu'il l'avait été dans sa confiance, il était sorti du château de Montéclain pour aller interroge!' Léda.

En arrivant à la ferme, il rencontra le colonel et Aly-Muley qui en sortaient pour gagner le rendez-vous de chasse.

Thomas l'arrêta pour lui demander s'il n'était pas de

— fout à l'heure, colonel, re|iartil Bricoi'd, il est p vous rejoindi'ai, et vous aurez peut-êirc une plus bel vous ne pensez.

Il entra â la ferme.

— Où est Léda ? dit le colonel à Aly.

— On est venu la chercher de la part de M""» de Monrion, et elle est partie depuis longtemps.

— Probablement la comtesse a tout préparé pour la fuite de cette malheureuse, dit le colonel ù Aly.

Marchons doucement, pour voir ne. que va f lire Bi'icord.

Le fermier était monté tout droit à la pdiie chambre qu'occupait Léda.

Ne l'ayant pas trouvée, il redrscendit, parcourut rapidement les communs, sans adresser une parole aux sncvanles ou aux valets qui travaillaient dans les cours. Sa recherche fut encore inutile.

Alois il r'garda autour de lui de l'air d'un homme qui sent sa raison pi'êle à lui échapper.

Il appela l'une des servantes, mais d'une voix si rauque, si aliéiêe, qu'elle se retourna en riani et en disant :

— Qui doue m'appelle de cette voix de l'autre monde?

— Moi ! répondit Dricord.

La pauvre servante resta muette et confondue en voyant la pâîeur de Bricord et le sinistre regard qu'il attacha sur elle.

— Où est ma femme ? lui dit le fermier.

— Dame, monsieur, M""» la comtessi» de Monrion l'a envoyé cIim'cher, il y a à peu près une heure, et votre femme est partie lo ii suite apiès.

— Bien ! fit Bricord en sortant de la cour. A l'instant même, un valet ,'i cheval y entrait au ça'op : — - Hé! cria-t-il ; M. Bricord, la servanle, où est M""^ Bricord'

— Eh bien! répoiulii la fibe de basse-cour, elle est chez vo;:s.

— Mais non, repartit le valet, je suis déjà venu ce malin M"'" Bricord m'a dit qu'elle allait venir tout de suite, et on ne l'a vue.

Je ne sais pas ce que lui veut M"' la comtesse, mais je ne " " vue d'une inipafieppp Mreille.

— C'est drôle, rifpflMa servante ; et M. Brias aussi est venu la demander.

Bricord s'était arrêté, il dévorait le valet de ses yeux flaniboyanls.

— Ah ! lui dit-il, ma femme n'est pas chez vous...

— Non, puisque je viens la chercher... Tâchez donc de me dire où elle est, on m'a recommandé de courir après

Bricord s'appuya coiil.re un poteau qui élait i)rès de lui.

— Vous ne sayc^ ,(Jpnc pas où elle est, vous autres? demanda le valet....

— Je le sais^ moi, jdjt pric.grd...

— En ce pas, repi-jt ).e yatet, envoyez-nous -la tout de suite, i! \i :r,u't que ça presse.

Bricord le laissa passer sans le voir et resta un moment anéauii. . Ses lèvres tremblantes murmuraient des mots sans suite.

— Elle est... elle est avec lui... disait-il... où ça... où... Oii... clirz lui... Oui... Bien...

Il rentra dans sa maison, prit son fusil, et il allait quitter la ferme, lorsque tout à coup le son des trompes retentit pour lui connue ii avait retenti pour Montaleu.

— Oh ! s'écria Bricord, s'il est avec elle, il n'aura pas le teinps d'être au rencjez-vous de chasse.

Aussitôt il court à une écurie, selle et bride un des intrépides coureurs qu'il élevait, et, armé de son fusil et de son couteau de chasse, il s'élaure à toute bride dans la direction que venaient de prendre le colonel et Aly-Muley.

Il les eut bientôt atteints.

— Où coars-tu donc ainsi? lui cria le colonel en lançant son cheval à côlé du sien...

— Au rendez-vous de chasse, lui réi>oadit Bricord... et s'il n'y est pas, j'irai jusque chez lui.

— De qui veux-lu parler? dit le colonel...

de

ai jamais

.ÎULIF..

— Laissez-moi, colonel, fit Bricord, on faisant prendre à son cheval une allure effrayanic.

Mais le colonel était monté de manière à tenir tête avec aisance an double poney de Bricord.

— Bricord I lui cria-t-il, Bricord ! réponds-moi : à qui en as-tu?... que veux-tu?... — Vous le verrez...

Ils arrivaient en ce moment à un carrefour où se divisaient les différentes routes qui perçaient la forêt, lorsqu'ils aperçurent tout à coup Hector de Montaleu chevauchant tranquillement à côte de Léona, pendant que M°" de Champmortain les précédait d'une centaine de pas avec son mari M. Amab.

L'air tranquille d'Hector arrêta un moment la fureur de Bricord, qui lui dit cependant d'une voix altérée :

— Comment , monsieur le vicomte , vous n'êtes pas encore au rendez -vous de chasse?....

— C'est ma faute , repartit Léona; M. de Montaleu a bien voulu perdre son temps avec moi... Voilà plus d'une heure que je le retiens...

Bricord baissa la tête; son esprit s'était attache à l'idée qu'Hector était dans sa propre maison, avec Léda, et il le trouvait en compagnie d'une autre femme , avec laquelle il était depuis plus d'une heure.

Cette dernière circonstance dérangeait tous ses, soupçons. Mais que pouvait être devenue Léda, puisqu'elle n'était pas chez M"" de Monrion?

Le malheureux Bricord se débattait dans ses incertitudes, connue un fou dans les liens qui ne lui laissaient que la faculté de faire quelques |)as dans un cercle resserré , piqua droit devant lui , puis .s'arrêta tout à coup, revint sur ses pas, alla à droite, puisa gauche, et enfin, ne sachant ou prendre voie, il allaii retourner chez lui, lorsque parurent tout à coup Montéclain e!

Brias.

L'aspect de celui-ci rappela à Bricord ce qu'avait dit la servante.

En effet, Brias avait été demander Léda à la ferme. Cette iléniarche significative n'excita cependant dans l'esprit du fermier aucun soupçon personnel contre Brias.

Seulement, le sentiment qui l'avait empêché de se confier ù Montéclain, l'idée que les nobles et les riches se soutenaient et se cachaient entre eux pour le déshonneur d'un homme de rien, lui fit croire un moment que Brias pouvait être le confident de Montaleu.

Bricord allait donc lui demander la raison pour laquelle il avait été à la ferme, lorsque Montéclain s'avança rapidement vers lui.

— A la bonne heure, Bricord, lui dit-il gaiement, tu ne m'abandonnes pas.

En ce îas, plus de rancune, car je dois te le déclarer, j'avais été si blessé de la façon dont tu m'as voulu quitter, que j'avais envoyé chercher Léda pour m'cnlendre avec elle pour régler nos affaires de'façon à n'avoir plus aucun rapport ensemble.

Heureusement, Brias ne l'a pas trouvée, et puisque te voilà, qu'il re soit plus question de cette mésintelligence.

Qui est là? répondez, ou je lire... — Page 4

Et maintenant, Bricord, tout à la chasse, et coupons l'herbe sous le pied à Montaleu; je te conlie mon honneur.

lîricùrd, éperdu et ne sachant que devenir, répondit au hasard, et promit de faire de son mieux.

La compagnie se trouvant réunie, on prit la route du hallier où l'on devait attaquer l'animal.

— Tirons-nous la bête au sortir de l'enceinte ? dit Hector.

— Allons donc! lui répondit .Montéclain, j'entends que nous ayons un hallali, il n'y a pas de belle chasse sans cela.

— Il faudrait, reprit Hector, que nous fussions sûrs de détourner la bêle, car il est fort |)Ossible qu'elle ait délogé en entendant sonner les tronq)es. Vous savez que les sangliers n'aiment pas ces

bruits-là.

— Les vôtres, repartit Montéclain avec une assurance imperturbable; mais les miens sont capables de tenir à la bauge pendant plus d'une heure.

— Auquel cas, dit Hector, il sera prudent de fusiller.

— Non , de par tous les diables, répliqua Moniéclain, dùi-il charger à fond chiens et chevaux , j'enlends le tuer de ma propre main.

— Avec cette aiguille que vous avez au côté?

dit Hector en riant.

— Ne vous en alarmez pas, .Montaleu, rcr prit Montéclain avec un sourire dédaigneux, les aiguilles que je manie font des trous que nulle autre aiguille ne pourrait raccommoder.

Bienlôt la conversalion devint générale, et l'on n'eulendit plus que discussions sur les quartans, les pigaches, et les signes auxquels on reconnaît un sanglier , son âge , son sexe, sa trace, tout cela entremêlé des mots particuliers à la vénerie.

Ci-pendant on entra en chasse; les limiers furent lancés, Montéclain s'exposant comme le dernier des piqueurs, les appuyait en criant d'une voix animée et retentissante :

— Hou I hou I valets ; hou ! hou I làdedans.

Contre sa prévision, ou plutôt contre l'opinion qu'il avait émise, le sanglier prit son parii et piqua une pointe qui devait entraîner toute la chasse bien loin de son point de départ.

Montéclain s'élança sur la voie avec tant d'ardeur, d'enthousiasme, de cris et de bravades, qu'Hector se laissa prendre à cette fausse démonstration, se précipita sur ses traces avec rapidité; la haine jalouse qu'il avait pour Montéclain, sa vanité de chasseur, son désir de vaincre dans une lutte quelconque un homme dont la supériorité dédaigneuse le blessait en toute occasion, tirent taire dans l'esprit de Montaleu le souvenir de la scène qui venait de se passer à la Charbonnière. De son côté, Bricord perdu dans ses soupçons,ne sachant plus comment les éclairer, s'attacha instinctivement à la trace d'Hector.

Brias, le colonel, Champmortain, Amab, tirent compagnie à Léona et à M"' de Champmortain, et toute la compagnie fut bientôt entraînée dans la même direction et comme animée d'une ardeur enthousiaste, quoique assurément il n'y eût pas une seule de ces personnes qui fût réellement préoccupée de la chasse.

l'.iii!;. — Tyi». (le VUomtry Diipré,rue Sl-Louis,HiJ, a» Ujrai?.

JULIR.

Bi'ias voulait parler :^ Sylvie, qui voulait lui parler.

tliampmorlain voulait rester seul avec Léona, qui voulait rester seule avec le colonel.

Il n'y avait dans tout ce monde qu'Amab, qui, satisfait de trouver une occasion de se fuir lui-même, n'avait cependant nul désir de s'approcher de personne. Il ne prenait pas même à la chasse ce vulgaire iutérêt qui s'excite à l'aspect de la passion des autres...

Amab était un pauvre homme perdu, isolé, rongé au plus profond de son âme par un désespoir latent, dont il oubliait quelquefois les angoisses dans l'inspiration de son pinceau, et qui cherchait en ce moment à les étourdir dans le mouvement et le bruit où il s'était jeté.

Cependant la cavalcade, commandée par les désirs secrets de chacun, évoluait dans sa rapidité avec une adresse et une lenteur imperceptibles.

Peu à peu Léona , :'"■ f ''''""""'"»■ ,1, ':■•""■

s'était dégagée de la ligne horizontale qu'on avait d'abord suivie, et avait pris la tète côte à côte avec le colonel.

Champmortain , qui prétendait à la faveur d'un entretien, suivait de près; Amab serrait Champmoriain , tandis que Sylvie et Brias , dont les chevaux moins solides avaient besoin d'être ménagés, se laissaient abandonnerseuls en arrière.

— Eh bien ! Thomas , dit Léona au colonel, vous savez les nouvelles ?

— Lesquelles? répondit le colonel, que M"" de Monrion est innocente du crime qu'on lui impute.

— Bah I fit Léona, vous croyez ? J'avoue que, pour ma part, il m'en faudra des preuves bien convaincantes, après l'histoire du village de Saint-Faron.

— Vous savez mieux que moi qu'elle est innocente, dit le colonel sévèrement.

— D'où voulez-vous que je le sache...

Tout ce que je sais, c'est que Montaleu, qui épouserait une chiffonnière, si sa hotte était chargée de bank-notes, épousera la comtesse et prendra le poupon pardessus le marché.

— Je crois qu'il le peut mieux que personne.

— Oui, il est de carrure à porter tout le

ridicule possible; il est vrai que la dot est magnifique.

— Ce n'est pas ainsi que je l'entends... vous feigliez de ne pas me comprendre, Léona! Hector épouse parce qu'il sait à qui auDarlient cet enfant... ■ ir

— Ah! il est dans les confidences de M"" de Monrion?

— Léona, dit le colonel, parlons-nous sérieusement, ou croyez-vous pouvoir me traiter comme M. Amab ou comme un Champmortain?

— Rassurez-vous, colonel, repartit Léona avec un indicible sourire de dédain, c'est un honneur que je n'ai pas envie de vous faire.

Le colonel contint la colère que cette impertinence excita en lui et 11 reprit après un moment de silence :

— Comprenez-moi bien, madame, je n'entends pas, je ne veux pas être mêlé dans une affaire où vous prétendez compromettre la réputation d'une femme innocente.

— Monsieur le colonel Thomas Rien, mais qui vous y mêle, si ce nest vous qui venez me prêcher l'innocence de M""' de Monrion?,..

Eli! mon Dieu, monsieur, prouvez la, mettez-la en lumière; je ne veux, pas, je n'entends pas vous en empêcher.

Faites mieux, épousez la belle protégée du marquis. A voire aise monsieur, faites.

Le colonel, dont la nature enlièreet impétueuse s'élonnaitet s'irritait à la fois de ce langage dédaigneux, repartit avec un dépit violent :

— Léona, un mol : vous avez juré à ma mère de me servir dans mes projets...

— Et je suis encore prête à le faire.

— Vous savez quel est le but de ma vie?

— Oui, la réhabilitation de l'honneur de votre mère.

— Vous la tenez dans vos mains, vous? — C'est vrai.

— Quel prix y mettez-vous ?

— La ruine et le dés- ■i!'^ri::>, ,; honneur de madame de

Monrion, dit Léona en lui jetant ces paroles d'une voix moqueuse.

— Jamais ! répondit celui-ci avec indignalion.

Léona arrêta soudainement son cheval, et se laissant gagner par Champmortain et Amab, elle leur dit joyeusement :

— Allons donc, messieurs, allons donc; faut-il que ce soit moi qui vous donne l'exemple ?

Une course à fond de train, Victor, et vous aussi , monsieur de Champmortain, et montrons au colonel que les coursiers d'Afrique qui piaffent si superbement sous un magnifique uniforme , ' ne peuvent nous tenir tète dans ce pays hérissé de diflicultés.

Tous les trois partirent au galop, laissant le colonel sombre et mécontent. Il chercha quelqu'un à qui se jdindre ; mais au niomeni où il allait s'approcher de Ri'ias et de Sylvie, il les vit tourner avec rapidité d'un autre côté comme s'il eussent voulu couper la chasse.

Thomas ainsi abandonné allait peut-être se décider à gagner la ferme, lorsqu'il aperçut Montéclain qui venait de sou côté à toute course.

Thomas le laissa s'approcher, et il allait lui demander pourquoi il paraissait ainsi abandonner la chasse, lor^-

■ Un cenlimèlre depuis l'année dernière, dit Mont.'clain en boutonnant son liablt. — Page 43

que Montéclain, l'arrêtant soudainement, lui dit .

— Colonel, voulez-vous sauver la vie à une femme!

— En doutez-vous?

— V.h bien! ne quittez pas cette allée, c'est la seule qui conduise de cette partie de la forêt àLavordan. Bricord veut y retourner il vient de le dire à Aly. Retenez-le un quart d'heure, dix minutes.

— Qu est-il donc arrivé?

— Vous le saurez, colonel ; mais, par grâce, retenez Bricord...

Je vais a Lavordan... je cacherai Léda qui peut-être y est rentrée... mais le voici... adieu...

Montéclain disparut à toute course et le colonel alla au devant de Bricord.

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