PREMIÈRE PARTIE
Aumoisd'aviiH838, à huil heures du matin, trois individus d'aspect fort dinëreul étaient arrêlés sur une éminence qui se trouve située au nord de la Basse-Terre, dans le caulon qu'on appelle le ^^f Matouba.
A cet endroit, la vue s'étend sur d'immenses chauips de cafiers coupés par de longues îiaies de pois doux ou de pommiers roses , qui semblent de lon£;s rubans d'un vert noir sur une étoffe diaprée des plus riches couleurs. A droite, le paysage va, pourain^i dire , s'éteindre dans l'Océan, tandis qu'à l'horizon vaporeux de gauche il monte de collines en collines jusqu'à ce qu'il s'arrête à une chaîne de montagnes couronnées d'épaisses forêts, dont le soleil fait resplendir
Les veux fixés sur les vestiges de l'ancienne maison du comte de S
l'evistence de cet trente ans, d'une lilé.
le feuillage. Non loin de cet endroit se trouvait autrefois l'hahitation de M. de S..., où, se réfugia, en 1802, te chef des mulâtres Delgrès.
C'est là que, pressé par le général Richepanse , cet intrépide révolté enferma dans les parties supérieures de la maison les lemmes et les enfants de ses compagnons; et, les ayant rassemblés autour de plus de quatie vingts liarils de loudre, y tira un coup de pistolet et se fit sauter plutôt que de se rendre.
Des trois personnages que nous avons dit s'être arrêtés en cet endroit, à l'ombre d'un figuier, le plus jeune contemplait, d'un air pensif, les tiaces non encore effacées de édifice. C'était un jeune homme de vingt-huit à stature qui annonçait à la fois la force et l'agi-
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