XXVI OUVRIËHS DU TEMPS PASSÉ
hreux, et par suite elles ont une base assez solide ; pour Tannée suivante nous n'avons que deux ou trois chiffres : qui nous garantit que ces prix ne sont pas des prix extrêmes, très différents de la moyenne réelle de cette année-là? « 11 serait facile, dit excellemment M. von Inama, de réunir, sur les mêmes objets que M. d'Avenel, 9.000 prix de la France actuelle qui différeraient autant entre eux que les données de M. d'Avenel durant plusieurs siècles. Ce qui veut dire que tous les prix doivent d'abord être surtout jugés dans leur liaison avec le domaine économique, lieux et choses, auquel ils appartiennent ; tous les prix isolés, comme les présente d'Avenel, ont toujours en eux quelque chose de fortuit ; par la multiplication de leur nombre cet inconvénient diminue naturellement, sans pourtant dispararaître. » M. Fagniez avait déjà, dans ses belles Études sur rindustrie parisienne^ montré que cette méthode est un instrument fragile et trompeur.'
C'est pourquoi, dans les pages qui suivent, le lecteur trouvera si rarement des salaires exprimés en francs et centimes. Il m'eût été facile de donner à mon livre, en le semant de quelques chiffres, une apparence faussement rigoureuse, mais c'eût été aux dépens de la vérité.
§ ^*. — Quelques résultats
Et maintenant, quels sont les résultats essentiels auxquels m'a conduit la méthode que je viens d'exposer?
. .^- — ' "^ INTRODUCTION^-*v„^ XXVII
" A. Diversité du régime industriel^^^ En premier ^ — liea^ le régime industriel du xv® et du xvi® siècle a été infiniment plus divers et plus instable que ne le prétendent amis et ennemis de i]an cierinés"c "ommuiiautês> Les socialistes chrétiens qui rêvent de rétablir l'organisation des jurandes, les économistes orthodoxes qui n'en prononcent le nom qu'avec horreur, tous sont d'accord pour voir dans ce régime un bloc qu'il faut admirer ou ]^eter en entier. Mais ce bloc n'a jamais existé. La belle ordonnance des corporations, avec leurs statuts, leur gouvernement intérieur, ont frappé les imaginations au point de faire croire que, dans la France entière, le travail était organisé sur la base corporative et que toutes les communautés étaient régies par des législations à peu près semblables. Or, cela n'est pas. L'une des principales causes de l'illusion que ce livre a la prétention de dissiper, c'est qu'o nétudie trop e xclusivement l'histoire des [j \ corporatio ns par isiennes. Ouvrez nos histoires des corps de métier, sans en excepter la dernière en date, celle de M. Martin Saint-Léon, qu'y trouvezvous? Un exposé assez complet, pour chaque période, de l'organisation des communautés de Paris; puis, à la fin du. chapitre, une revue rapide des institutions similaires de la « province » : comme si cette expression, « la province », avait une valeur autre que négative ; comme si elle n'embrassait pas, en somme, la France entière, Paris seul excepté. On note bien, dans ces annexes au chapitre principal, quelques-unes des différences caractéristiques entre Torganisation de tel métier à Paris et l'organisation