I/ORGANISATION DU TRAVAIL
du soir tant seulement ». A Toulouse, le travail de nuit est interdit aux ceinturiers entre le carême et la Saint- Michel ; les cordiers, en toute saison, ne peuvent travailler avant 4 heures du matin. A Paris, défense est* faite aux ceinturiers de se servir de lime ou marteau entre 8 heures du soir et 8 heures du matin. Les infractions à ces règles ont pour sanction des amendes : 10 sols parisis au gaînier qui aura ouvré entre 9 heures du soir et 4 heures du matin ; 45 sols au cartier qui travaillera entre 10 heures et 5 heures.
Quels sont les motifs de ces interdictions ? Les statuts s'inspiraient-ils, comme nos lois modernes, de Tintérêt de l'ouvrier et des principes de Thygiène ? Pas le moins du monde. Le travail de nuit avait des inconvénients d'un autre genre h une époque où l'éclairage était très imparfait : torches résineuses ou chandelles graisseuses, donnant une lumière insuffisante, ne permettaient pas aux ouvriers de soigner leur travail et de se conformer exactement aux règlements de fabrication ; d'autre part, dans les misérables échoppes en bois des savetiers, même dans les boutiques voûtées qui servaient d'atelier aux maîtres des métiers plus relevés, boutiques mal fermées, mal protégées contre les courants d'air, où les marchandises, draps, toiles, papiers s'entassaient jusqu'au plalond, les dangers d'incendie étaient immenses ; que la flamme d'une chandelle allât par malheur lécher une pile d'étoffes, tout l'ouvroir flambait et il était impossible de rien sauver de ce qu'il renfermait.
Bonne exécution du travail, précautions à prendre contre l'incendie, telles sont les deux considérations qui ont fait interdire le travail de nuit aux cordiers toulousains : « i)Our les périls du feu et la malfaçon et Iraude qui se pourrait commettre de nuit dans ledit ouvrage ». Chez les