SI OUVRIERS DU TEMPS PASSÉ
métiers aient fait reviser leurs statuts ou se soient organisés en jurandes dans les années qui suivirent Tordonnance d'Orléans. Ce qui est plus caractéristique^ c'est que la communauté des pâtissiers-oubliers de Paris*, lorsqu'elle veut, en 1S66, faire « voir et visiter en langage intelligible les susdites ordonnances tant anciennes que modernes », en appelle à l'autorité de l'ordonnance d'Orléans.
D'ailleurs, malgré la promesse faite en 1560 de reviser les anciennes ordonnances simplement au point de vue linguistique, « sans rien muer », nous voyons que les ordonnances des pâtissiers sont « corrigées et augmentées » en 1566. On devine dans quel sens s'opère cette correction et augmentation : Six ans d'apprentissage. Au bout de la troisième année, on pourra faire travailler l'apprenti à la journée, au prix fixé par les jurés. Les forains ne pourront travailler à Paris plus de huit jours. Enfin la communauté s'empare du monopole du placement :
« Est fait défense auxd. maîtres pâtissiers et oubliers de ne prendre aucun serviteur sinon par les mains du clerc dud. métier, et défendre à toutes autres personnes d'en bailler aucun, si ce n'est par le consentement et marché dud. clerc, parce qu'il est chargé de ce faire pour éviter aux inconvénients qui en pourraient advenir... »
Ouvrons-nous les statuts des tonneliers parisiens^, qui sont de cette même année 1566, du mois de mai? Nous y retrouverons la même formule : « Iceux suppliants auraient puis naguères, suivant nos ordonnances faites aux États généraux tenus en notice ville d'Orléans, art. 98... »
La clause relative au chef-d'œuvre a été parfois considérée comme établissant en France — pour la première fois, peuton dire — l'obligation universelle du chef-d'œuvre. Elle est loin d'avoir cette portée : elle se borne à soumettre à certaines conditions l'octroi des lettres de maîtrise de création
(1) «Iceulx supUans auroieot puys naguerds, suyvant nos ordonnances faites aux Estats généraux tenus en nostre ville d'Orléans, fait voir et visiter... »^Et à la fin : « Et ce suivant les ordonnances faites par led. seigneur aux Estats généraux tenus à Orléans et lettres de déclarations obtenues à cette fin pour les communautés, artisans et gens de métiers de lad. ville. »