DEUXIÈME POINT. — DANGER DE LA PONCTION EXPLORATRICE
Nous venons de voir les services que la ponction peut rendre pour éclairer le diagnostic. Aussi le chirurgien est il souvent tenté d’y recourir. Cependant, l’observation m’a démontré que, dans un certain nombre de cas, non-seulement elle ne peut remplir ce but, mais encore qu’elle est dangereuse, même lorsqu’elle est faite avec le trocart de fin calibre auquel on a donné le nom d’explorateur. Nous verrons, en effet, qu’elle peut déter-
miner le déversement immédiat et spontané dans la cavité péritonéale du liquide kystique, puis donner lieu à tous les symptômes d’une péritonite menaçante, et favoriser par la suite la formation d’adhérences qui plus tard deviennent un obstacle des plus sérieux.
Cette complication me parait d’autant plus importante à signaler qu’elle n’a pas été suffisamment mentionnée jusqu’à ce jour. Et il me semble, d’après ce que j'ai vu, que c’est à ce brusque passage du liquide kystique dans la cavité péritonéale, bien plus souvent qu’à l’inflammation aiguë de la membrane interne du kyste, qu’il faut rattacher les accidents graves et trop souvent mortels qui ont été observés à la suite des ponctions pratiquées dans le but de compléter le diagnostic. Si donc ces ponctions peuvent rendre de grands services , il importe aussi d’en connaître les dangers, afin qu’une détermination utile puisse être prise à temps, au cas où des accidents graves viendraient à éclater.