Tristes, IV, x, et II
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toires, — - telle, elle a été à Rome, cette classe moyenne, telle nous la voyons aujourd'hui peiner et lutter pour maintenir sii situation de jour en jour diminuée entre la haute bourgeoisie trop souvent corrompue par la spéculation ou le luxe et le peuple préoccupé tout d'abord de jouissances matérielles. Mais au temps d'Auguste elle vivait encore honorablement, sinon à Rome, au moins en province, et les poètes y naissaient.
Ils y naissaient tout naturellement sous ce beau ciel italien, qui semblait les mûrir ainsi que des fruits spontanés, en cette charmante contrée, où était posée cette petite ville de Sulmone, qu'Ovide a célébrée avec une prédilection toute filiale.
Parfois on lui a reproché sa froideur à l'égard de son pays natal *. Cette opinion entre au nombre des reproches dont la critique moderne, même la plus sympathique, accable le malheureux poète. Si elle était exacte, je ne verrais point après tout de grief à lui en faire : on n'est point forcé d'aimer un pays où le sort vous a jeté sans vous consulter. Mais en fait Ovide a parlé de Sulmone de façon fréquente et toujours en termes charmants. Rencontre-t-il dans les Alétaniorphases ou les Fastes quelque allusion possible à son pays, il l'introduit aussitôt avec un empressement qui nous touche. Il est vrai cependant que dans une de ses élégies de l'exiP il aurait déclaré qu'il ne regrettait que les agréments de Rome et non les campagnes de son