Ponliqties, l, Vlii, v
pays natal. Mais, dans le même temps qu'il adresse au poète Cornélius Severus ces vers destinés évidemment à être lus dans les salons de Rome, il parle avec amour de ces campagnes qu'il dit ne point regretter; il avoue qu'il les a cultivées lui-même de ses mains, qu'il a luimême apporté de l'eau aux plantes de son jardin, qu'il a lui-même planté des arbres, dont il ne recueillera point les fruits, et il voudrait encore se donner l'illusion de cette propriété si tendrement aimée en cultivant un coin de terre, si l'ennemi trop proche ne lui interdisait cette innocente et champêtre distraction.
Ovide n'est donc point ce déraciné qu'on nous a présenté, sacrifiant à la splendeur de Rome le charme de Sulmone ; il n'est point le fils ingrat de son petit pays, qu'on nous a montré, le comparant, avec défaveur, à Catulle, qui chante amoureusement sa presqu'île de Sirmione, à Virgile célébrant avec tendresse la campagne de Mantoue, à Horace vantant son petit champ.
Sulmone est mon pays, qu'arrosent des eaux fraîches^...
dit-il en commençant son élégie biographique, et constamment dans tous les vers où il parlera de sa patrie nous entendrons ce murmure de fontaines et d'eaux vives, qui dégringoleront les marches des distiques. Il les évoquera, dans la rage de la canicule qui fend le sol crevassé, ces eaux fluides errant à travers les campagnes natales, ces gazons toujours arrosés par des ruis-