‹ OvideChapitre 101 sur 154 · TrlMes, II · texte numérisé non relu

TrlMes, II

LA MKTAMORPHOSb: DOVIDi:. 186

d'aimer, les histoires mythologiques... Virgile, Horace vous ont obéi dès que vous leur demandiez de travailler

selon vjûs ordres S'il prétend maintenant faire comme

eux, soyez assuré qu'il n'en fera rien. N'a-t-il pas dit que les poètes étaient au-dessus des rois, que les poètes étaient des dieux? »

Oui, quel que soit le prétexte invoqué pour bannir Ovide, la raison précise, impossible à deviner, sur laquelle il est vain de discuter, la faute véritable d'Ovide est plus claire : c'est d'avoir été poète et de n'avoir voulu être que cela, et de l'avoir dit avec fierté.

« Vous chantez, c'est là votre crime. Linguae crimen habetis* », avait-il dit dans les Fa<iles en s'adressant aux oiseaux immolés en sacrifice... Le malheureux! Il s'accuse avec obstination d'avoir eu des yeux, d'avoir vu le crime d'un autre %• il se reproche son erreur, sa sottise, sa naïveté!^. Qu'auraient importé ses yeux, s'il avait été muet, si l'on n'avait pas, à la cour d'Auguste, connu son esprit, son influence, sa valeur de poète, s'il n'avait été parmi les plus glorieux de ceux qui, avec Fabius Maximus, se groupaient autour des héritiers naturels d'Auguste? Et comme on n'osait frapper ceuxlà, grands personnages, hommes politiques, sans motif précis, on voulut faire un exemple, sans doute, sur ce petit chevalier parvenu, qui n'était, après tout, qu'un poète, qui s'était vanté de ne pas vouloir d'autre gloire

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