Triâtes \, V, 6 y sqq
Corinthe, il s'est embarqué sur un vaisseau plus confortable et plus rapide. Et ce navire porte à la proue, comme un heureux présage, l'image de la blonde Minerve, au casque peint ; Ovide a retrouvé la protectrice qui, dès sa naissance, a dirigé ses pas et, confiant en cette sainte sauvegarde, il se laisse porter à travers les Cyclades ; il fait escale à Imbros, puis, poussé par un souffle léger, il mouille près de Samothrace *. De là il gagne facilement le port de Tempyre, sur la côte thrace, et là, fatigué sans doute de la longue traversée, tandis que son navire s'engage dans THellespont, touche à Lampsaque, à Cyzique, à Byzance, et va l'attendre dans quelque port de la côte qui doit être bientôt colonisée par les vétérans de Trajan et devenir plus tard la Roumanie, Ovide décide de gagner par terre la rive du Pont-Euxin, à travers le pays des Bistoniens. Une excellente occasion se présente à lui, c'est la présence en ces lieux de Sextus Pompée, dont la sympathie ne devait point l'abandonner*. Commandant militaire de la région. Pompée met à sa disposition une escorte et même lui ouvre sa bourse. Tout proscrit qu'il soit, Ovide n'en est pas moins un citoyen romain, qu'il