Tridej', V, II
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mais ils sont dangereux. Ce n'est pas en vain qu'au delà de Tomes se trouve la Tauride, dont les habitants, on le sait assez depuis l'aventure d'Iphigénic, ont le goût des sacrifices humains ^ Sans aller jusqu'à ces extrémités, tout de même Sarmates et Gètes sont des voisins incommodes. Toujours il faut redouter leurs incursions. Car, parfois, réussissant à forcer les barrages romains, surtout à la faveur de l'hiver qui leuj' permet de passer le Danube sur la glace, ils se précipitent sur des chevaux rapides; les colons s'enfuient en désordre, et, s'ils ne le peuvent, sont massacrés ou emmenés en captivité '. A Tomes même, on est obhgé de se barricader soigneusement ; la porte de la ville est toujours fermée, des soldats veillent sur le rempart, qui entoure le tiunulus, Téminence où se dresse la petite forteresse, mais par-dessus le rempart volent des flèches empoisonnées, que l'on ramasse au milieu des rues^. Parfois Ovide lui-même est forcé de ceindre répée, de prendre le bouclier et le casque, et de courir au rempart, si les ennemis approchent*.
Les naturels de Tomes ne sont point aussi féroces certes que les assiégeants, mais ceux mêmes avec lesquels on peut causer offrent peu de ressources ; quelques-uns parlent un grec déformé par T accent et le dialecte gétique, aucun ne parle latin. Ovide est obligé de leur parler sarmate ou de s'exprimer par signes.