‹ OvideChapitre 112 sur 154 · P on tiques, I, X · texte numérisé non relu

P on tiques, I, X

L'EXILI-: I)K TOMKS. i(,9

servent le goût des marais dont le pays est couvert, aucune habit^ition commode, aucun aliment convenable k un estomac délicat, aucun médecin, nécessaire cependant au malade qu'il est en train de devenir'. Brûlant Tété, le climat est si rigoureux l'hiver qu'aux bouches du Danube l'eau glacée laisse passer sur elle les chariots traînés par des bœufs, la neige tombe et durcit sur le sol, le vin se solidifie dans les vases et l'on est obligé de le distribuer en morceaux. La mer elle-même se prend. Léandre n'aurait pas besoin, pour aller voir Héro, de se mettre à la nage. Les navires sont bloqués dans les ports, les poissons enfermés vivants dans la glace '. A Rome, on peut avoir peine à le croire, c'est pourtant ainsi et, pour conter à ses amis toutes ces horribles merveilles, Ovide déploie toute son ingéniosité et même tout son esprit.

Il n'en déploie pas moins pour les expliquer : ce pays n'est-il pas tout près de l'Ourse qui siège au pôle Nord? N'est-ce pas aussi le domaine de Borée, le vent du Nord? Et le Notus partant du pôle Sud n'y apporte que rarement sa douce injQiuence. Enfin le Pont-Euxin est à peine une mer, tant s'y déversent de fleuves divers, qu'Ovide énumère avec une complaisance de poète didactique ; ainsi ce Pont n'a plus qu'une couleur de marais et ne participe point à la tiédeur ordinaire des eaux marines ^.

Page 1