‹ OvideChapitre 113 sur 154 · P antiques, IV, x · texte numérisé non relu

P antiques, IV, x

Malgré ces ingénieuses explications, dont Ovide ^ sent bien qu'elles servent surtout à lui faire oublier le temps qui passe* si lentement au milieu de son ennui, malgré ces descriptions complaisantes de l'hiver sarmate, il ne parvient point à se réchauflfer. A cette sensation désagréable de froid physique s'ajoute l'affreuse impression de la solitude morale et de l'abandon. C'est contre elle qu'il va lutter pendant des années, tournant obstinément sa pensée vers tout ce qui lui rappelle Rome et ses amis, dont il ne veut pas se laisser oublier. Et, parmi toutes les figures qu'il revoit dans cette Rome bien-aimée, il y a d'abord celle de sa femme. Gaston Boissier^ a souri de cet amour tardif d'Ovide pour cette compagne légitime. Rien ne l'indiquait chez lui, dit-il. Mais quoi? A l'époque de ce troisième mariage, Ovide a cessé d'écrire des vers d'amour : ce n'est ni dans les Aie tainorph oses ni dans les Fastes qu'il peut introduire le nom de sa femme. Dire que ses sentiments d'exilé sont à son égard uniquement intéressés, c'est d'une psychologie un peu rudimentaire. Q^u' Ovide ait escompté l'influence de sa femme auprès de Livie et d'Auguste, rien de plus assuré ni de plus naturel ; c'est pour cela qu'elle est restée à Rome, il nous l'a dit lui-même. Mais en même temps il nous a peint son désespoir au moment de son départ. Qu'une femme ait pu aimer sincèrement ce poète charmant et glorieux, quoi d'étonnant à cela? Q,ue lui-même, après

1, Fontlques, IV, X, vers 66-68.

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