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sa jeunesse, d'ailleurs peu amoureuse, nous l'avons vu, ait éprouvé une afleciion sincère pour la lemme distinguée que paraît avoir été la sienne, cela aussi n'est que très naturel. Et cette affection, tout naturellement aussi, grandit avec la séparation; cette figure de femme, qui a été la compagne de sa gloire, s'idéalise dans le lointain ; elle devient pour Texilé l'amie et la protectrice, dont viendra peut-être le salut.
Aussi en quels termes touchants s'adresse-t-il à elle ! Il loue sa force d'âme, sa constance dans le malheur. Après son départ, elle a défendu ses biens contre ceux qui, « souhaitant les épaves de son naufrage », poussaient sans doute l'empereur à une proscription complète qui eût comporté la spoliation, un, surtout, qu'Ovide ne nous nomme pas, et se contente de flétrir d'un « nescio quU », un je ne sais qui, le délateur peut-être qui avait desservi auprès de Livie les amis des légitimes héritiers d'Auguste \
Contre lui, sa femme s'est montrée pleine de courage ; il l'en loue, il lui prodigue les termes de tendresse :
Absente, je te parle et seule je te nomme,
Sans toi nul jour et nulle nuit sans toi ".
Il la trouve la plus douce, la plus chère des épouses, et, toujours hellénisant, il la compare à Pénélope, à Andromaque, à Evadné, à Laodamie, à Alceste \