TriséM, IV, m; V, v et V, xiv
Il célèbre avec soin Tanniversaire de sa naissance, et, sur un autel de gazon, il jette aux flammes le vin et l'encens, dont la fumée lui semble emportée par le vent vers l'Italie \ Q^uand elle lui écrit qu'un misérable l'a appelée « femme d'exilé », il l'encourage à supporter les injures ; il l'engage à la constance, difficile sans doute, mais d'autant plus méritoire ^ et dont la récompense sera la gloire partagée avec le poète qui l'aura célébrée :
Ta gloire sera lue autant qu'on me lira; Tu ne périras point sur le bûcher.
Plus d'une femme même enviera son malheur, qui est un bonheur supérieur à toute fortune, car l'ombre du riche n'emporte rien chez les m.ânes^. Mais cette gloire ne sera méritée que si elle a la fermeté d'âme nécessaire et si elle s'emploie activement en faveur de son époux.
A mesure que les années passent, le ton devient plus suppliant, un doute semble s'infiltrer dans l'esprit du malheureux; il évoque sa femme lassée et vieillie comme lui-même*; mais, en ces débuts de son exil, qui correspondent à la rédaction des Tristes, Ovide, encore confiant, espère beaucoup de l'influence de sa femme auprès de Livie.
Il espère aussi dans celle de ses amis. Ils sont moins