‹ OvideChapitre 117 sur 154 · Triâtes, III, IV · texte numérisé non relu

Triâtes, III, IV

oo4 OVIDE.

de Germanicus, et son cher Pompeius Macer auquel il rappelle les souvenirs de leur jeunesse voyageuse.

Oui, les poètes, — c'est encore vers cette famille spirituelle qu'il se tourne avec le plus de complaisance et d'émotion peut-être, car il est des liens sacrés qui unissent les poètes ^ Il évoque le jour où, pour fêter Bacchus et sous son invocation, les poètes se réunissent, la coupe en main ! Il les appelle, il les supplie de ne pas oublier son souvenir :

Q^ue l'un de vous, si l'on dit le nom de Nason, Repose avec des pleurs sa coupe triste,

Et qu'à mon souvenir dénombrant l'assistance.

Il dise : « Où est Nason, qui fut des nôtres? » '

N'a-t-il pas mérité de tels regrets? N'a-t-il pas été le meilleur, le plus charitable des confrères, ne blessant personne d'une critique, honorant les poèmes des anciens, sans rabaisser ceux des contemporains? Ah I du moins qu'il ne soit pas oublié des poètes qu'il aimel Ces poètes qui ont toujours été la meilleure partie de lui-même ^I

Il a besoin de se sentir soutenu par une telle sympathie, si lointaine qu'elle soit. Mais sa plus grande douleur est de sentir diminuer en lui le don merveilleux de poésie qui l'a enivré dès l'enfance. Sans doute retouche-t-il encore ses JHétamorphoses'' y sans doute essaye-t-il d'orner de ses vers les Fastes^"" de toute

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