‹ OvideChapitre 120 sur 154 · L'EXILE DE TOMES · texte numérisé non relu

L'EXILE DE TOMES

Toi, guide et compagnon, qui, bien loin de 1 Istcr-, Sais m'emportcr au cccur de l'Mélicon ;

C'est toi qui m'as donné vivant ce nom illustre Que la mort seule accorde d'ordinaire V ..

La poésie! La gloire! 11 y revient sans cesse: premier et dernier et seul amour de sa vie ; il s'y attache obstinément en son malheur. Ah! s'il est perdu luimême, du moins que Ton sauve ses vers, que ses amis prennent soin de ces orphelins " !

La poésie, c'est d'elle malgré tout qu'il attend sa délivrance ; car par elle il espère encore intéresser assez bien l'opinion de Rome à son sort pour qu'elle fléchisse à son tour la volonté de César. Oui, adoucir le courroux d'Auguste, le supplier et le faire supplier tant et tant qu'il rapporte le fatal arrêt, voilà le seul espoir d'Ovide, et pour le réaliser rien ne lui coûte.

Là-dessus on l'a accusé de platitude ; on a noté avec soin les termes de flatterie, de flagornerie, d'adulation, dont il se sert pour parler d'Auguste, qu'il traite comme un dieu, honore de son encens au sens figuré, mais aussi au sens exact du mot, place aux côtés et parfois presque au-dessus de Jupiter^, et dont il accueille l'image qu'on lui envoie de Rome avec des exclamations de joie et de dévotion vraiment pénibles à lire ^.

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