‹ OvideChapitre 126 sur 154 · Tacite, Annales, J, lxyi · texte numérisé non relu

Tacite, Annales, J, lxyi

LA FIN DU POFTK. aiT)

son renom de poète'; il s'adresse à eux en vers, il compose en langue gétique un poème sur la mort d'Auguste. Et les Gètes sont sensibles à la poésie; ils secouent la tête en signe d'approbation et, sur leurs dos, leurs carquois sonores font un bruit d'applaudissements. L'un d'eux dit même : « Puisque tu parles ainsi de César, César devrait te rendre à ta patrie'! »

Oui, miiis ce César, désormais ce n'est plus Auguste, c'est Tibère, et Ovide a eu beau célébrer son triomphe sur la Germanie et sur l'Illyric révoltées ', ses vertus et son courage*, célébrer son avènement et nommer Livie « la Vesta des chastes matrones » ', il sait bien que, désormais, tout espoir de rentrer jamais à Rome est perdu pour lui et que c'est tout au plus s'il peut espérer un adoucissement de son exil, une terre plus favorable à sa santé physique et morale. Car, en même temps qu'Auguste, il vient de perdre Fabius Maximus, son ami le plus sûr, son protecteur le plus influent. Travaillé secrètement par lui, Auguste, dit Ovide, commençait à pardonner'^; il revenait, nous le savons, vers l'héritier naturel de son trône, il était allé voir à Planasie Agrippa Postume ; Tibère évincé peut-être, c'était tout un autre parti politique qui triomphait, celui des amis d'Ovide, et l'exilé rentrait à Rome glorieux. Beau rêve

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