Politiques, IV, Vî
2i6 OVIDE.
écroulé ! Fabius Maximus mort d'une façon si suspecte qu'Ovide croit devoir s'accuser de sa mort, Auguste disparu, désormais Ovide ne voit plus qu'un espoir à l'horizon, Germanicus... Germanicus, neveu de Tibère, détesté et redouté de lui, et qui pourrait peut-être accéder un jour ou l'autre à l'empire.
Alors il écrit à tous les amis de Germanicus, qui sont aussi les siens, à Salanus, un camarade d'enfance du prince, poète lui-même, à Carus, le précepteur de ses enfants, à Suillius, qui a épousé la belle-fille d'Ovide et qui sert dans l' état-major de Germanicus. Il fait plus ; il s'adresse à Germanicus lui-même qu'il appelle « le modèle des jeunes romains dans la paix et dans la guerre »* ; il remanie son poème inachevé des FasLeà, il en efface la dédicace à Auguste, et c'est à Germanicus qu'il offre l'ouvrage, en lui rappelant que, lui aussi, jadis, a fait des vers, et que, poète, il doit diriger un poète ^. Ainsi le malheureux court vers toutes les issues où luit un rayon d'espoir !
Avec un sentiment plus particulièrement poignant il se retourne vers sa femme; les années passent, ne peut-elle rien faire pour lui? Une fois encore, pour l'émouvoir, il lui fait le tableau de ce triste pays, sans soleil et sans printemps, sans arbres et sans eaux, plaine lugubre qui vient se fondre dans la mer, où frissonne au vent la triste absinthe, amère moisson, bien
1. Voir les élégies adressées à ces divers amis, Ponliques, II, V; IV, XIII ; III, VIII ; II, I.