‹ OvideChapitre 129 sur 154 · Pontiqaes, I^ IV · texte numérisé non relu

Pontiqaes, I^ IV

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croit fidèle, il la sait timide et peu entreprenante, et il conclut mélancoliquement qu'il est perdu, sans ressources \

Au milieu de ces alternatives d'abattement et d'espérance, parfois des blessures nouvelles viennent s'ajouter à sa tristesse. On lui écrit de Rome que l'envie ne désarme point, qu'un tel ou un tel a dit du mal de lui^, que tel autre a peur d'être nommé en ses vers% que d'autres dénigrent ses poèmes, comme si ce n'étaient point, Ovide se tenant déjà pour mort, des « poèmes d'outre-tombe' ».

Alors, après s'être plaint à plusieurs reprises de façon mélancolique, en rappelant que la Fortune est inconstante et que nul ne peut être assuré d'échapper à ses coups, qu'il eût été bien étonné si jadis on lui avait prédit, à lui, Ovide, sa destinée, — un jour, excédé de ces piqûres, lointaines sans doute, mais d'autant plus irritantes qu'il se sent désarmé contre elles, il saisit son stylet d'une main à laquelle il voudrait communiquer toute sa colère, et, pendant six cents vers, il assène sur la tète d'un ennemi, qu'il ne nomme point, un poème où il entasse à plaisir tous les souvenirs des supplices mythologiques. A l'imitation de Callimaque, il donne à cet ennemi le nom d'Ibis, cet oiseau passant alors dans l'opinion pour un être assez répugnant, qui, de son long bec, emmanché d'un cou flexible, se servant trop habile-

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