‹ OvideChapitre 134 sur 154 · Fcntiques, IV, ix ; VIII, xiv-xv · texte numérisé non relu

Fcntiques, IV, ix ; VIII, xiv-xv

LA FIN D{} POETE. j-jZ

En tout cas, soit sentiment de sa faiblesse physique, soit triste pressentiment de la menace qui plane sur lui, il semble, à certains moments, se résigner sombrement à sa destinée ; il a trop compté sur ses amis et sur sa femme : « Je suis venu dans ce pays, j'y mourrai donc », s'écrie-t-il enfin'. Dès son arrivée à Tomes, par ce juste pressentiment, qu'ont les poètes, de l'avenir, la ville ne lui était-elle pas apparue, dans un frisson, comme le lieu où il devait mourir? Ne s'était-il pas vu, en rcve, couché sur son lit de mort, n'ayant personne auprès de lui pour fermer ses yeux, pour le pleurer après sa mort ^ ?

La mort! Il n'y avait guère pensé durant sa vie élégante à Romel Ce n'avait pas été un Baudelaire voyant s'avancer vers lui, côte à côte, « ces deux enfants jumeaux, le Désir et la Mort » ! On n'y avait pu voir en son œuvre nulle allusion, même au cœur de la volupté, dont cependant un Lucrèce avait su dégager, au milieu des fleurs, l'amertume. C'est à peine si, une fois, pour s'amuser, il avait souhaité de mourir d'amour, au sein du plaisir même, de façon à trouver la mort qui convînt à sa vie\ Mais elle était bien loin, la mort fleurie qu'il avait rêvée entre les bras d'une femme ; triste et solitaire, elle se glissait maintenant dans cette chambre froide, au pays des Gètes.

Au pays des Gètes, en cette petite ville militaire.

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