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LA FIN DU POKTi:. aaS
Mais déjà, pour ses sens affaiblis, le monde extérieur s'effaçait, de plus en plus lointain. Cette mer, qui va des rives de l'Euxin à celles de l'Italie, elle qui paraissait déjà trop grande devant ses désirs de vivant, maintenant, aux 3'cux du moribond, elle se creusait ainsi qu'un abîme désormais infranchissable, où s'engouffrait avec un bruit de grandes cataractes l'éternité qui allait le séparer de tout ce qu'il aimait, sa femme, sa fille, ses amis, ses chers poètes, la petite Sulmone, grande de 3a gloire, et Rome où les belles fontaines bercent les beaux rêves'. A ses oreilles déjà, c'est un murmure infini comme celui d'une eau qui s'écoule sans trêve, et puis il n'entend même plus ce murmure. Ses yeux restent fixes et vitreux, ces yeux de poète enivrés de la beauté des femmes, de la splendeur du monde, et nulle main de femme ne les ferme, ainsi qu'il l'avait trop prévu. Nul ami ne vient répandre l'amome sur son cœur glacé, en mêlant ses larmes aux parfums funéraires \ Le lendemain, par les soins administratifs sans doute de la garnison romaine, on brûle son corps, et l'on consacre à ses cendres un sépulcre où l'on dépose l'urne funèbre sur lequel on place une inscription % mais ce n'était point, je pense, celle qu'Ovide avait composée et celle que je veux déposer aujourd'hui sur cette tombe, dont les traces se sont effacées depuis longtemps sous le flux