FaôLes, IV
les considérations ingénieuses qui sont toujours les siennes, aucune d'elles n'expliquera pourquoi cet enfant est poète. Il a un frère plus âgé que lui de douze mois. « Le même astre matinal a présidé à leurs naissances, on célébrait leur même anniversaire en offrant aux dieux un double gâteau*. » Or dès son adolescence son frère, nous dit-il, né pour les luttes du Forum, se destine à l'éloquence — Mais lui... écoutons-le
On connaît assez le vers célèbre par lequel Ovide a exprimé sa vocation d'enfant prodige : « Q^uidquid tentabam dicere versus erat — Tout ce que j'essayais d'écrire était des vers. » Nous pouvons en croire sa parole. L'homme qui a mis en vers, avec la plus subtile ingéniosité, la plus stricte exactitude, le répertoire des métamorphoses et le calendrier de Rome, a joué de bonne heure avec le langage poétique.
De bonne heure au reste il reçoit la plus jolie éducation. A Sulmone quelque maître de grammaire y pourvoit d'abord et peut-être aussi, et surtout, ses parents eux-mêmes. De sa mère il ne nous a rien dit, semblable en cela à tous les auteurs anciens. Nos poètes d'ordinaire regardent tendrement vers leur mère et reportent à leur inspiration une partie de leur poésie, mais pour les anciens la mère de famille est la ménagère diligente qui veille aux travaux de la maison et non point à ceux de l'esprit.
Cependant plus tard, en exil, il se retourne vers la