TrlôteSj IV, X
UN ENFANI PRODIGE. i3
tombe, où elle est venue reposer peu après son époux, mort à quatre-vingt-dix ans, et il s'écrie douloureusement :
Heureux tous deux d'avoir reçu la sépulture
Avant le jour où je lus exilé.
Heureux aussi, dans mon malheur, que ma disgrâce
N'ait pas été pour eux une douleur \
Cette tendresse du poète, exilé et vieilli, qui évoque le souvenir des morts chéris, sans doute elle fut très vive dès l'enfance. Elle s'augmentait de là reconnaissance que tout homme cultivé garde à ceux qui lui ont procuré les biens de l'intelligence, le charme et la gloire de sa vie.
Dès ses premières années son père a pris soin de son éducation. Sans doute lui a-t-il fait, voyant s'éveiller sa vocation, les observations prudentes que tout bon père de famille croit devoir adresser à l'enfant qui rêve d'une carrière poétique :
Enfant, j'aimais déjà les mystères sacrés,
La Muse m'attirait vers son ouvrage.
Souvent mon père me disait : « TâcKe inutile î
Homère même est mort dans l'indigence. » Ebranlé, je laissais de côté l'Hélicon
Et j'essayais d'écrire de la prose ; De lui-même le chant emplissait la mesure ;
Tout ce que je disais était des vers^î
Ce débat pourtant entre Ovide et son père ne sem-