‹ OvideChapitre 20 sur 154 · Voir Dialogue des orateurs, XXXV · texte numérisé non relu

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à force de déclamer. Pour se reposer des fatigues de l'école, il s'enfonce dans les montagnes, il chasse; il lasse tous ceux qui tentent de l'accompagner ; rentré chez lui, il travaille la nuit, déclame le matin, hurle tout le jour, n'écoute plus ses disciples, parle, parle encore et toujours dans un vertige de déclamation. Ses élèves ne sont plus des disciples, dit-on à Rome, ce sont des auditeurs. N'importe; ils l'admirent éperdument, à ce point qu'ils absorbent, pour imiter sa pâleur, des infusions de cumin ^ Ils applaudissent à tout ce qu'il dit; même parfois, grincheux, pour les éprouver, il déclame à contre-sens, et quand ils applaudissent de confiance, il s'arrête, sarcastique, et les traite d'imbéciles. Enfin, épuisé, ruiné par le travail, la déclamation et le paludisme, il se suicide. Mais il ne se suicide qu'en l'an Savant Jésus-Christ, et, pendant ses années d'école, le jeune Ovide a été parmi ces auditeurs admiratifs qui ne rompaient le silence que pour applaudir leur maître. Sénèque nous dit que plus tard il transporta dans ses poèmes quelques traits pieusement recueillis de la bouche de Latro.

La querelle d'Ulysse et d'Ajax, qui, dans les JHétainorphoses, se disputent les armes d'Achille, c'est du Porcins Latro mis en vers. Le succès d'une telle « controverse » devait se perpétuer à travers les siècles : au xvi^ siècle, à Venise, un Italien la traduit en vers; à Lyon, en 1047, un Français, Jacques Colin, en fait autant, et, pour compléter le tout, le chevalier de

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