‹ OvideChapitre 29 sur 154 · LA JEUNESSE D'UN POÈTE · texte numérisé non relu

LA JEUNESSE D'UN POÈTE

éteint de nos jours, k plus forte raison était-il solidement établi à l'époque oili les Romains, encore près de l'époque républicaine, n'avaient pas pris leur parti de l'oisiveté.

Il était notamment d'usage, et même de règle, que les jeunes chevaliers accomplissent leur service militaire. Ovide trouve le mo^^en de s'y soustraire. De sa race pélignienne il n'a rien gardé de belliqueux; il a horreur de la guerre et de ceux qui la font; amoureux, il voit dans les officiers des rivaux dangereux, quand Corinne un instant lui préfère un chevalier « repu de sang * » ; il méprise les récompenses poudreuses du service militaire *.

Il se vante plus tard d'en avoir évité les âpres luttes^, et quand il devra faire des descriptions de combats, il multipliera les détails horribles et répugnants*, qui produisent en nous le dégoût des luttes sanglantes, tels certains de nos romanciers de la guerre.

Au rebours de ce qu'on pourrait croire, tous ces poètes romains ont été des antimilitaristes décidés. Entraînés aux armées par leurs protecteurs, Catulle, Tibulle, ne cessent de gémir; Virgile n'a point assez de mots de haine et de mépris pour les vétérans qui sont venus occuper les champs deMantoue; Horace se vante d'avoir lâché son bouclier et tourné les talons sur le

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