LA JEUNESSK D'UN POETE
redressant plus fièrement devant ses ennemis, (jui l'accusent de passer sa vie à ne rien faire, si ce n'est des vers, c'est-à-dire moins que rien aux yeux de tous les gens sérieux de tous les temps, il se vante de négliger l'étude du verbiage légal et de ne pas prostituer sa voix sur le Forum :
Œuvre vaine! Je veux une gloire immortelle; Je veux être chanté sur tout le globe,
s'écrie-t-il dans un beau transport lyrique, oii il affirme l'immortalité des poètes depuis Homère jusqu'à Virgile et Gallus, ces poètes au nombre desquels il veut être inscrit à jamais ^
C'est là le sentiment qui va l'occuper désormais et puis le consumer tout entier. Nulle autre gloire ne le tentera ; nulle autre affection dans sa vie ne prendra une place décisive.
Il s'était marié à la vérité pour faire comme tout le monde, une première fois, quand il était, dit-il, presque un enfant. On lui avait donné une épouse indigne de lui, s'il faut Ten croire, et qui « ne lui était bonne à rien^ ». Mariage de courte durée ; un second ne devait pas être plus solide ; il n'avait cependant, de son propre aveu, rien à reprocher à sa seconde femme; peut-être ne pouvait-elle en dire autant. En tout cas, il ne nous le confie pas et nul ne nous a rien dit à ce sujet. Elle était originaire de Paieries, ville d'Etrurie, alors que sa pre-