TrlôLes, IV, X
mière femme était peut-être une jeune fille de Sulmone, à laquelle, selon Tusage, on avait dû fiancer, tout jeune, le petit Ovide.
C'étaient là des essais de jeunesse, si Ton peut dire, auxquels il ne faut pas attacher l'importance qu'ils auraient de nos jours. On se mariait jeune à Rome, on divorçait aisément. Une telle histoire pour l'époque n'avait rien que de normal. C'est Ovide, lui-même, qui nous la conte ; il était bien loin de songer à la dissimuler. Au reste, un troisième mariage devait fixer sa vie vers la trentième ou la trente-cinquième année, nous verrons de quelle façon qui semblait devoir être avantageuse pour Ovide et qui lui fut étrangement funeste.
Tel, insoucieux de toute ambition politique, échappé au service militaire et aux liens du mariage, dédaigneux de tous les honneurs qui ne sont pas ceux de la gloire littéraire, Ovide se jette avec ivresse dans la poésie et dans les cercles mondains où cette poésie est cultivée. Tourné vers les poètes, il s'écrierait volontiers, comme plus tard Banville : « Venez, je vous le dis, ma famille, c'est vous !»
Les poètes alors abondaient plus que jamais à Rome.
Ils étaient si nombreux, ces poètes, qu'ils pouvaient former une véritable association * . — association qui datait de loin à vrai dire, puisque déjà, au temps des
1. V. La Ville de IAirmout, Études sur rancUnne pocdie latine, page 81.