TrléLes, IV, x
pectueux des maîtres, élève modèle, ce jeune Ovide s'est assimilé de bonne heure Tœuvre et les procédés de ses devanciers, et ceux-ci le regardent d'un œil favorable comme un brillant continuateur de cette œuvre et de ces procédés. Ainsi, dans ces assemblées poétiques, dans ces recUatlonetT, dans ces « salons de poètes », comme l'on dit aujourd'hui, tout jeune encore, alors qu'il commence à peine, dit-il, à se faire raser*, il vient lire lui-même ses premières œuvres.
Enflammé d'une sainte émulation, voici qu'il jure de suivre l'exemple de ses devanciers et d'égaler leur gloire, qui dépasse toutes les gloires humaines :
Ils périront, les vers du sublime Lucrèce,
Le jour où périra le inonde entier; On relira Titjre et les combats d'Enée,
Tant que la terre à Rome obéira ; Tant que l'arc et les feux armeront Cupidon,
Charmant Tibulle, on apprendra tes rythmes. Gallus sera connu du couchant à l'aurore,
Et Lycoris à l'égal de Gallus...
Ainsi, quand le temps mord les rochers et les socs,
Les vers toujours survivent à la mort... Que les rois cèdent donc leur triomphe aux poètes ;
Q^ue devant eux pâlisse l'or du Tage.
Q,ue la foule s'attache aux biens vulgaires; moi.
Je ne veux rien que l'eau de Castalie, Je ne veux sur mon front que le myrte frileux.
Je ne veux être lu que des amants.
L'Envie a beau ronger les vivants; sur les tombes
Elle s'apaise et nous rend nos honneurs.