Ars amons^Wl, ii3 sqq
République romaine, qu'une fausse littérature nous a souvent présentées comme un modèle d'austérité; en tout cas, elles ont été délicates et charmantes, un peu frivoles, avec cependant un grand amour des choses de Tesprit: époque un peu semblable à celle de notre dixseptième siècle à son déclin ou plus encore du dix -huitième siècle. Aussi combien ces époques ont-elles été indulgentes pour Ovide, peintre d'une telle société romaine, c'est là ce que nous expliquerons aisément à la fin de cette étude. A travers les temps, il y a correspondance de sympathies entre ces siècles d'élégance et de raffinement intellectuel. Ovide devait en bénéficier longtemps, comme il en souffre, et pour les mêmes raisons, aujourd'hui.
En tout cas, voici que, des cirques au Forum, des thermes au théâtre, des jardins aux salons, il promène les plus charmants des loisirs, les plus exquises des conversations mondaines et littéraires. Mêlé à cette société, qui lit les poètes, sait le grec, assiste aux lectures publiques, se raconte des histoires d'amour, il veut s'en faire l'interprète, et c'est alors qu'à la suite de Tibulle, de Properce, de Gallus, il veut devenir le grand poète de l'élégie romaine, c'est alors qu'il entreprend d'écrire ses distiques d'amour, et, sans amour lui-même, d'enseigner l'art d'aimer... sans amour également.