‹ OvideChapitre 39 sur 154 · Lafaye, op. cit., p · texte numérisé non relu

Lafaye, op. cit., p

disant qu'à Rome nul par sa faute ne pouvait douter d'être le père légitime de ses enfants* et qu'aucune anecdote fâcheuse ne circula jamais sur son compte ^ Q,ue nulle histoire scandaleuse n'ait couru les salons de Rome, cela veut dire sans doute qu'Ovide a choisi ses relations dans une classe de créatures sur lesquelles il n'était point amusant de médire, les bavardages ne pouvant nuire à leur réputation, — bien au contraire.

A plus forte raison, ne faut-il point croire que cette Corinne serait Julie, la fille d'Auguste, ou sa petite- . fille, qui s'appelait aussi Julie, comme on l'a prétendu parfois, en expliquant de la sorte l'exil mystérieux du^ poète. A l'époque 011 il commence à publier ses élégies, Ovide est fort loin de fréquenter la famille impériale, dont seul son troisième mariage le rapprochera, et son exil s'explique, nous le verrons, par des raisons bien différentes.

Corinne au reste paraît mieux gardée que ne le fut jamais la fille de l'empereur. A croire Ovide, il était difficile de parvenir jusqu'à elle et celui qu'il appelle « vir suus » était pour elle sinon un mari, du moins un protecteur jaloux. Se vanter d'une conquête facile, c'eût été d'ailleurs fatuité, et, si cela n'était peut-être pas pour gêner Ovide, c'était, en tout cas, supprimer bien des péripéties utiles à l'élégie amoureuse, et mieux valait, selon les procédés habituels de ses devanciers, montrer la beauté difficilement accessible, dont il faut acheter le portier et la servante.

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